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Frithjof Schuon

 
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ALM
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MessagePosté le: Mer 19 Nov - 19:23 (2008)    Sujet du message: Frithjof Schuon Répondre en citant

ALM a écrit :

"La question du rattachement à F. Schuon a soulevée bien des problématiques, aussi en reprendrons-nous quelques unes ici (nous tâcherons d'être plus exhaustif dans un fil spécial).

D'une, il semble que Schuon ait été autorisé à représenter la 'Alawiyya par 'Adda Ben Tounès, et non par le Shaykh Ben 'Aliwa (ou Al 'Alawî) lui-même. Le problème ici "serait" donc double : premièrement, ce dernier, et même s'il était bien le légataire du Shaykh Al 'Alawî, n'était aucunement autorisé à lui succéder, les seuls successeurs connus et reconnus du Shaykh Al 'Alawî étant le tunisien Al Madanî et le "syrien" Al Hashimî (tous les autres n'étant que les "simples" moqqadem du vivant du Shaykh et par là nullement autorisé à lui survivre de manière isolée ; je préciserai encore que ces informations peuvent être connues de tous ceux qui ont la possibilité d'interroger les disciples des Shaykhs Al Hashimî et Al Madanî, ou de se rendre à Mostaganem à la zawiya soeur et voisine la "Buzaydiyya", ou encore de lire des documents aussi divers que le livre de Michon sur Al Hashimî ou le site http://al.alawi.1934.free.fr/modules.php?name=Content&pa=showpage&p… et http://al.alawi.1934.free.fr/modules.php?name=Content&pa=showpage&p…. Qui plus est, rien n'indique a-priori que l'autorisation de Schuon lui permettait de désigner des moqqadem à son tour, cette prérogative n'étant pas concomitante à celle de pouvoir rattacher légitimement.

D'autre part, nous savons, avec R. Guénon par exemple, que l'altération - illégitime - des formes rituelles (et initiatiques ici) occasionne nécessairement un retrait de l'influence spirituelle, retrait ne laissant, par ailleurs, qu'une "trace" psychique particulièrement dangereuse derrière lui. Cette remarque sera pourtant illustrée par "l'éminent collaborateur" Schuon qui, successivement et avec une assurance personnelle exacerbée par quelques rêves proprement "shaytanî" (cf. typologie des rêves, chez Ibn Sirîn notamment, et remarques de Guénon sur l'imagination dans Initiation et Réalisation Spirituelle), changea le nom de la zawiya, modifia la méthode d'un des rites individuels les plus importants (l'invocation du Nom d'Allah ; observons ici que l'autorisation de transmettre le "Nom de Majesté "est l'une des marques de la maîtrise spirituelle, maîtrise que Schuon revendiqua précisément suite aux rêves en question), institua ses propres rites (cf. lettre de Vâlsan), ou encore pratiqua le syncrétisme de manière tout à fait franche (au sein même de la confrérie, ou, plus tard, en se mettant littéralement "à nu" avec des indiens d'Amérique, avec l'étiquette de "rite primordiale" pour caution...). On voit donc tout ce qu'un rattachement à une telle personne ou une autorisation qui s'en réclame peut avoir de douteux."


as.samarkandi a écrit :

"Pour ce qui est du message de ALM je dirai qu’il expose correctement, dans les questions de transmission initiatique, les règles les plus connues et les plus sûres, celles qui, habituellement, permettent de garantir aux chaînes initiatiques une régularité au moins formelle. Ces mêmes règles sont souvent mises en avant par ceux qui dirigent les confréries actuelles pour éviter des débordements nuisibles, mais parfois aussi pour maintenir un « pouvoir » (je ne dis pas « autorité »), qui risque de leur échapper. Elles se résument souvent à la question du « idhn » (permission) et de l’« ijâzah », la licence, qui peut s’appliquer à différents domaines : transmission de la science, transmission du pacte et éventuellement des moyens initiatiques, éducation ou direction spirituelle de disciples. Dans toutes ces catégories peuvent apparaître des distinctions plus fines et donc des licences adéquates. Je répète, pour être bien compris, que le respect de ces règles est la garantie formelle, que les transmissions quelles qu’elles soient, sont bien valides.
Maintenant, vous avez tous les autres cas qui, sur l’une ou l’autre de ces conditions, n’entrent pas dans les cadres habituels.
Si vous voulez, par exemple, faire du « Idhn », la permission donné par un maître à un futur successeur, un point incontournable de la régularité de la transmission vous allez être confronté à des difficultés insurmontables. Un certain nombre de maîtres, en effet, à l’imitation du Prophète, ne nomment pas de successeur. Il y aurait même, selon eux, une véritable excellence à ne pas le faire !
Autre exemple : tout le monde ici reconnaît l’autorité incontestable du Scheikh al- ‘Alâwî de Mostaganem. Beaucoup d’entre nous le reconnaissent même comme le Pôle de son époque. Pourtant, il n’a été désigné qu’à la suite de visions de certains disciples du Scheikh Bûzîdî, ce qui a permis à certains Moqaddems de ce dernier, de ne pas se rallier à lui et de continuer à diriger des branches de la tarîqah de manière indépendante. Ils ont considéré qu’il n’avait pas de « idhn » régulier. La question du « idhn », telle que vous la posez, fait du Scheikh al- ‘Alâwî et même des anciens Moqaddems du Scheikh Bûzîdî des maîtres irréguliers.
Vous avez aussi tous les cas « incontrôlables », selon des critères objectifs, des maîtres qui inaugurent une chaîne initiatique à partir d’une intervention exceptionnelle comme celle de Khâdir, alors qu’ils étaient affiliés avant à une organisation régulière. Le cas comme celui de Schuon où un moqaddem prendrait son indépendance à partir de visions personnelles est, vous avez raison, encore plus délicat, mais pas impossible selon des critères purement spirituels cette fois. Il est certain que c’est alors, en partie, le ralliement des disciples autour de lui qui constitue, de fait, une branche indépendante, mais avec tous les risques que cela peut comporter. J’insiste sur le « en partie » car, pour le cas de Schuon, tout le monde sait que R.Guénon a reconnu la validité de son rattachement et celles de sa moqaddimah. De plus, c’est sur son conseil que Schuon a pris définitivement son indépendance vis-à-vis de la confrérie de Mostaganem. Je vous engage, à lire ou relire, bien que je ne me sente pas spécialement « schuonien », l’article de J.B Aymard sur Schuon dans le n° spécial de « Connaissance des religions » (pp. 1-80) ou un certain nombre de renseignements de première main sont utilisés. La lecture d’ailleurs, soit dit en passant, d’un autre article du même auteur dans le N° spécial consacré à R. Guénon (pp.17-35), aurait évité à Lutfî de critiquer Muhammad Vâlsan en lui donnant la paternité de l’idée de transmettre le Nom (« Allâh ») à des Maçons non musulmans, puisque cette idée a été confirmée à F.Schuon par R.Guénon lui-même (p. 26 et reproduction de la lettre manuscrite p.35).
En ce qui concerne cette fois le rattachement initiatique uniquement, R.Guénon a évidemment insisté sur les critères de régularité de la transmission et c’est même par lui que ces critères ont étés le mieux établis. S’il parle d’un côté de rite qui doit être fait au nom de l’organisation à laquelle appartient le transmetteur, ce qui peut se comprendre comme un « idhn » (mais pas nécessairement), il précise que « c’est plutôt au nom du principe que cette organisation représente visiblement » que la transmission doit être effectuée » (« Aperçus sur l’Initiation », ch.8). On a ici les deux transmissions, l’une horizontale, l’autre verticale dont il parle par ailleurs. Dans le même chapitre que je viens de citer il précise qu’ « en principe tout au moins » l’individu qui a reçu l’initiation « pourra la transmettre à son tour ».
Je sais sûrement que dans d’autres documents il envisage le cas où un « simple » initié peut valablement transmettre le rattachement, dans certaines circonstances, si le rite est accompli correctement. Je ne nie pas que cela puisse comporter des risques, tant pour celui qui transmet que pour celui qui reçoit. Cela n’empêche donc pas qu’en principe un rattachement venant de M.Vâlsan ait été transmis régulièrement sans que cela présume, bien sûr, une réalisation spirituelle qui dépend des qualifications de celui qui a reçu le rattachement.
La prudence veut donc que si l’on veut obtenir un rattachement sûr il faille s’adresser à une organisation initiatique régulière. Mais, dans ce cas, d’autres problèmes vous guettent…"
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"Prosterne toi et approche toi" Coran
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MessagePosté le: Mer 19 Nov - 19:23 (2008)    Sujet du message: Publicité

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ALM
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Inscrit le: 21 Juin 2008
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MessagePosté le: Mer 19 Nov - 20:18 (2008)    Sujet du message: Frithjof Schuon Répondre en citant

Je me permet de vous signaler, cher Samarkandi, qu'il y a dans votre réponse quelques confusions assez importantes.

Vous parlez tout d'abord de cas où le Maître ne désigne pas de successeur, ce qui est une chose assez courante il est vrai, mais en omettant un point bien précis, à savoir que les "candidats" à la succession sont tous d'ores et déjà autorisé (ma'dhûn) par lui à dispenser l'irshâd, la maîtrise spirituelle ; en reprenant votre exemple de la succession du Shaykh Al Buzaydî, vous oubliez donc de faire observer qu'au moins deux de ses représentants étaient des murshidûn au sens plénier, c'est à dire le Shaykh Ben Yallas et le Shaykh Al 'Alawî ; ainsi, et suite à la décision d'Al Buzaydî de "remettre les clefs au Propriétaire" (tout en affirmant, rappellons-le, à ses disciples qu'il "laissait au monde deux outres, une moyenne, et une immense", et en indiquant que son successeur serait "comparable à un arbre dont les branches emplissent le monde de miséricorde"), l'unanimité des notables de la zawiya passèrent le pacte avec le Shaykh Ben 'Aliwa, et cela à la suite de visions véridiques et de signes manifestes. Un successeur est donc, quoi qu'il en soit, un ma'dhûn au sens strict (ce qui est d'autant plus flagrant que la succession du Prophète s'effectua dans les mêmes conditions, les quatre khulâfa rashidûn ayant tous été autorisés du vivant du Prophète à dispenser, de manière intégrale, son enseignement). D'ailleurs, et même dans le cas où une personne serait investie de manière exceptionnelle (par Al Khidr, par l'un des quatre "Pôles" vivants, par un jinn, etc...) son autorisation sera toujours confirmée extérieurement par le fait, comme vous le dîtes, "qu’ils étaient affiliés avant [ou après] à une organisation régulière" (cf. R. Guénon, Initiation et Réalisation Spirituelle, sur l'initiation "mariale" selon Abdul Hadi). Quant à la possibilité, "de principe" (il faudrait revenir un peu sur la notion de "principe" chez Guénon...), de conférer l'initiation sans en avoir été autorisé au préalable, vous remarquerez comme moi que nous sommes bien loin des conditions où la chose est permise, car cela ne saurait être valable qu'en cas de "pénurie initiatique" et de "désertification des possibilités de rattachement" (tout comme, dans le droit islamique, le tayammun est strictement interdit en présence d'eau courante) ; soulignons donc, ensemble, que la qualité de transmetteur est toute particulière, si bien que même des individualités ignorantes des principes peuvent y participer, alors que l'inverse n'est pas vrai... (cf. Aperçus sur l'initiation et I.e.R. Sp.). Pour en finir là dessus et en résumé, disons que le idhn, ce "secret divin" (Ibn 'Arabî) est bien "un [le] point incontournable de la régularité de la transmission", et quel qu'en soit les cas de figures, il demeure le seul critère commun à la notion de succession dans toutes les traditions.

Pour revenir au cas de Schuon, il faut bien dire que c'est tout à fait différent, et rien ne nous permet d'effectuer un rapprochement avec ce qui a été dit ci-dessus, car la chose est non seulement douteuse en amont, mais elle est encore franchement hétérodoxe en aval ; ici, je pense que quelques précisions supplémentaires s'imposent.

Je ne reviendrais pas sur l'aspect plus que problématique d'une autorisation délivrée par Ben Tounès ou sur la teneur exacte de celle-ci ; mais, pour rester en amont, je voudrais dire un mot des visions sur lesquelles Schuon s'est basé pour affirmer son indépendance (et à tous les niveaux). Dans la première d'entre elles, Schuon dit avoir vu le Shaykh Ben 'Aliwa lui déclarant que c'était, lui, son véritable et unique successeur ; une telle affirmation, pour rendre caduque les autorisations d'irshâd formelles qu'avait transmit le Maître de son vivant et remettre ainsi en cause la nécessaire qualité de khalifa en qui en découle, tient purement et simplement de l'ineptie, car l'action d'un maître décédé ne peut avoir pour effet d'invalider ou de modifier des décisions prises de son vivant (cf. Ibn 'Arabi cité par Al 'Alawî dans la "Lettre ouverte à celui qui critique le Soufisme"). La deuxième, et de loin la plus grave, est la description par Schuon d'un rapport pour le moins ambigu qu'il dit avoir eu avec la Vierge Marie, et où la dimension corporelle elle-même intervint ; lorsque l'on connait le statut et la particularité de la "meilleure des femmes", on ne peut que bondir et s'insurger devant de telles inconvenances.

En réalité, tout le problème ici repose sur le fait que ces visions eurent des conséquences logiquement relatives à leur origine, et si certains doutent encore du caractère sinistre des rêveries en question, d'aucun ne manqueront de juger l'arbre à ses fruits, en reconnaissant dans toutes les déviations de Schuon (énoncées dans mon message précédent) la marque d'une influence proprement infernale en amont. D'ailleurs, à ces irrégularités et à ces égarements sur le plan technique correspondent aussi des égarements sur le plan doctrinal ; chose significative, l'affaire porte sur la nature des sacrements chrétiens...

En fait, et à y regarder de plus près, certaines choses mises bout à bout fournisse un constat aussi grave que manifeste: la Vierge Marie dégradée, le Shaykh Al 'Alawî, shaykh 'issawî ou christique s'il en est, usurpé, les sacrements chrétiens dévoyés, le nom de Jésus emprunté (Schuon s'appelait 'Issa Nurreddîn), le retour au primordial contrefait (la pudeur islamique et le naturisme vont si peu ensemble), des rites inventés... Si les préfigurations du Dajjâl existent, F. Schuon en fit partie, sans conteste.
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as.samarkandi



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MessagePosté le: Mer 19 Nov - 23:52 (2008)    Sujet du message: Frithjof Schuon Répondre en citant

Cher ALM,
Je ne peux que vous donner raison pour vos scrupules à propos des règles de transmission et de nomination. ce que vous dites du Scheikh 'Alâwî est très intéressant. Vous savez certainement cependant que les choses ne sont pas toujours aussi claires et les arguments aussi décisifs, même en Orient. Quant aux conditions de "désertification" dont vous parlez à juste titre, elles peuvent se comprendre de bien des manières: les rattachements peuvent se trouver à foison, mais les maîtres effectifs...S'agréger à une tarîqah peut poser de nombreux problèmes...spirituels. Il me semble qu'il faut laisser dans tout cela la possibilité à l'Esprit de souffler où il veut. C'est ce que j'ai voulu dire en élargissant les possibilités de rattachement, car qu'on le veuille ou non, certaines conditions minimales sont suffisantes pour que la transmissions soit effective, et l'absence de permissions de toutes sortes n'annule pas automatiquement les effets du rite. Je pourrais vous citer dans ce domaine des cas traditionnels étonnants. Notez que je reconnais que tous ces cas comportent des risques puisqu'ils sont "hors cadre" et ne bénéficient pas de certaines protections.
Je n'étais pas venu sur ce site pour parler de ces questions mais pour défendre M.Vâlsan contre certaines mises en cause déplacées. Ceci dit, lire vos indications m'a été profitable.
Je serais par contre plus prudent que vous sur la facilité à qualifier quelqu'un de "shaytanî", de "préfiguration du Dajjal" etc. Un repproche justifié que l'on fait aux guénoniens est de voir de la contre-initiation partout. Je connais bien, dans le détail, les problèmes posés par Schuon à partir d'une certaine époque, mais j'aurais préféré que les guénoniens répondent sans ménagement, comme je l'ai dit ailleurs , à ses critiques publiques contre Guénon. Aborder ce cas par les aspects "douteux"que vous avez rappelé installe souvent un certain malaise. A vrai dire je ne me sens pas d'inclination pour traiter de ce genre de sujet. Je répète simplement qu'en ce qui me concerne, l'autorité de R.Guénon me suffit pour authentifier le rattachement de Schuon et sa fonction au départ. Cette même autorité ayant constaté ce que vous savez du côté de Schuon en a tiré les conséquences. C'est de ce constat qu'est née la branche dirigée par M.Vâlsan.
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ALM
Administrateur


Inscrit le: 21 Juin 2008
Messages: 159

MessagePosté le: Jeu 20 Nov - 17:23 (2008)    Sujet du message: Frithjof Schuon Répondre en citant

Je comprends tout naturellement vos scrupules, et je suis même tout à fait d'accord avec vous pour relever cette manie (à ce propos, on pourrait remarquer que les accusateurs sont bien souvent les premiers concernés par leurs accusations : "Quand une personne accuse une autre de Kufr, vous pouvez être sûr que l'une d'entre elles est un kâfir..." Hadith) ; c'est d'ailleurs pour cette raison précise que les réels cas de déviations doivent être signalés avec d'autant plus de force qu'ils sont manifestes (et ici chacun pourra le constater).

Quant à la position de Guénon, et sans prétendre l'expliquer absolument, je ferais observer qu'il se trouvait au Caire au moment des faits, et que par conséquent les informations dont il disposait n'étaient pas de première main. Cela dit, il ne faut pas oublier les nombreuses réticences que Guénon exprima à mesure que les déviations prenaient de la consistance ; à ce propos, vous pourriez peut-être me dire qui, de Guénon ou de Coomaraswamy, dit de Schuon : "il sent le soufre"?

Vos rectifications sur M. Vâlsan étaient précieuses, et elles seront toujours les bienvenues.
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as.samarkandi



Inscrit le: 02 Nov 2008
Messages: 43
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MessagePosté le: Jeu 20 Nov - 19:41 (2008)    Sujet du message: Frithjof Schuon Répondre en citant

Cher ALM,
Je suis désolé de ne pouvoir apporter une réponse à votre question: je n'ai jamais rien entendu, ni lu, de semblable.
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QAF_181



Inscrit le: 27 Juin 2008
Messages: 52
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MessagePosté le: Ven 21 Nov - 16:51 (2008)    Sujet du message: Frithjof Schuon Répondre en citant

Suite a certaines de vos remarques sur la possibilité d'un rattachement, actuellement, à la tarîqa de Ch.Mustaphâ et sur celle de la transmission de la barakah par un initié non-autorisé, dans le cas - fort théorique par ailleurs - d'une "désertification" des possibilité régulières de rattachement, je vous proposerai de relire mon message du Jeudi 25 Sep - 10:04  sur le fil "Sur l'Initiation " ( http://tradition-modernite.leforum.cc/t20-Verite-Connaissance-Identificatio… ) et de me faire part de vos remarques si vous le souhaitez. Par ailleurs, je confirme que le second rattachement de M.Vâlsan fut effectué, a sa demande, au milieu des années soixante-dix, auprès du représentant de la Tarîqa Shadhuli du Maqâm de Tunis qui lui transmit, toujours à la demande de l'intéressé, une Ijazah (autorisation) complète l'autorisant à développer cette Voie en France, et ce sous tout ces aspects , en complément de celle obtenu, des années plus tôt auprès de F.Schuon.
Pour la qualité des informations de Guénon sur ce sujet, on pourra se rappeler avec profit que ce dernier entretenait une correspondance avec le cheikh el-Alawi et probablement avec son "successeur" le cheikh 'Udda Ibn Tunîs, et devait bien être au courant de la qualité de la fonction transmise à Schuon, pour prendre la responsabilité d'orienter différentes personnes dont M.Vâlsan vers cette possibilité de rattachement à l'esotérisme islamique.

Sur la question du nom de Majesté lorsque ce sujet fut évoqué par l'un de ses correspondants, Guénon ne semble pas avoir formulé de reserves quand à la possibilité théorique d'une telle transmission, considérant simplement son opportunité: "
Quant à l’invocation du Nom suprême que vous avez demandé à S., mon avis est bien qu’il ne faut pas aller trop vite, et qu’en somme il y a tout avantage à procéder graduellement… " cf:( http://www.soufisme.org/site/article.php3?id_article=26 )

Et comme disent les musulmans w'Allahu >A'lam: et Dieu est plus savant (de tout cela)!

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as.samarkandi



Inscrit le: 02 Nov 2008
Messages: 43
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MessagePosté le: Sam 22 Nov - 02:58 (2008)    Sujet du message: Frithjof Schuon Répondre en citant

Cher Qaf 181

Les nuances concernant l’appréciation de la régularité de la transmission initiatique tiennent dans la distinction que R.Guénon fait dans « Aperçus sur l’Initiation » ch.8, p. 58. sur le rôle du transmetteur qui « ne peut agir en son propre nom mais au nom de l’organisation à laquelle il est rattaché et dont il tient ses pouvoirs » - il s’agit ici de la transmission horizontale conforme aux règles envisagées habituellement- « ou, plus exactement encore au nom du principe que cette organisation représente visiblement » et, là, il ne s’agit pas tout à fait de la même chose sous le rapport de la forme et de l'intention . D’une manière générale, il y a une distinction à faire entre le rite lui-même, dans ce qu’il a d’essentiel, et ce qui l’entoure. Les autorités traditionnelles les plus hautes sont allées parfois très loin dans cette distinction. A titre de curiosité, bien que le cas ne puisse être comparé à ceux dont nous parlons, je vous signale que dans la « Somme théologique » (volume sur le baptême) saint Thomas d’Aquin, s’appuyant sur l’autorité de deux papes, considère qu’en cas de nécessité le baptême conféré par un non baptisé est valablement transmis s’il l’a été selon le forme de l’Eglise et au Nom de la Trinité ; ainsi deux non baptisés peuvent se baptiser l’un l’autre ! C’est un cas extrême de rite fait « au nom du principe » selon l’expression de R.Guénon. Bien entendu, je redis une fois encore, qu’une initiation transmise par un simple initié reste « risquée » et que ce ne doit pas être la règle. Un des risques principaux est que, s’il n’y a pas régularisation, le nouvel initié ne bénéficie pas de certaines grâces attachées à la « tarîqah ».
Je pense que la tendance qu’ont certains à recourir à ces initiations « limites », vient surtout de ce qu’ils ne trouvent pas, dans ce qui leur est présenté habituellement par les représentants des « turuq », ce qu’ils cherchent après avoir lu R.Guénon et M.Vâlsan. C’est un argument qui peut se comprendre tellement l’« extériorisation » de ces organisations a été poussée loin, au point que cela ressemble à de la propagande. Ils peuvent, de plus, se trouver face à des situations difficiles qui les mettent en porte-à-faux avec ce qu’ils sont. On peut, par exemple, leur déconseiller de continuer à lire R.Guénon, le Scheikh al-Akbar etc.( Ce ne sont pas des cas que j’invente). Quant aux « permissions » et « licences » de toutes sortes permettez moi de vous dire qu’à l’heure actuelle, un européen islamisé qui connaît bien sa tradition peut, en quelques heures être rattaché à un « Scheikh » et devenir en quelques mois, s’il s’y prend bien, « moqaddem » pour un pays européen…(Je ne l’invente pas non plus).
Dans le texte que vous m’avez donné en référence il est évoqué aussi le cas des fonctions transmises par des rites qui doit être totalement dissocié des autres. Tout ce qui a été dit sur les « autorisations » et « licences » reste la règle la plus sûre, mais nul ne peut exclure qu’une fonction se manifeste en dehors de ces règles. Je vous concède qu'il ne faut pas trop insister sur ce genre de cas, tellement cela ouvre la porte à toutes les prétentions et illusions possibles.
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QAF_181



Inscrit le: 27 Juin 2008
Messages: 52
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MessagePosté le: Sam 22 Nov - 11:13 (2008)    Sujet du message: Frithjof Schuon Répondre en citant

Cher samarkandi,

il me semble que vos dernières considérations trouveraient davantage leur place sur le fil "Sur l'initiation", peut être pourriez vous les y déplacer, pour ma part je tacherai de vous répondre très prochainement sur le dit fil.

merci d'avance!

Qaf_181
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ALM
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Inscrit le: 21 Juin 2008
Messages: 159

MessagePosté le: Sam 22 Nov - 16:03 (2008)    Sujet du message: Frithjof Schuon Répondre en citant

Je répondrais brièvement à Qâf_181 (et avant de poursuivre le débat sur l'initiation dans le fil approprié) que sa précision sur la correspondance entre Guénon et le Shaykh Al 'Alawi n'implique nullement que Guénon savait nécessairement par ce biais ce que Schuon a pu recevoir (surtout dans l'optique où ce Maître n'est pas celui qu'il l'a autorisé), et qu'a fortiori l'existence d'une "probable" (...?) correspondance avec Ben Tounès aurait eu l'effet rigoureusement contraire - a moins que Ben Tounès "ait" caché à Guénon les circonstances exactes de son intronisation, qui est elle, absolument irrégulière - et aurait donc inéluctablement invité Guénon à se montrer fermement opposé à la propagation de la zawiyâ de Bâle.
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"Prosterne toi et approche toi" Coran
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QAF_181



Inscrit le: 27 Juin 2008
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MessagePosté le: Sam 22 Nov - 18:17 (2008)    Sujet du message: Frithjof Schuon Répondre en citant

Pour répondre à la probabilité d'une correspondance Guénon-Ben Tounes nous renverrons aux indications suivantes:

René Guénon (1886-1951), le porte-parole des doctrines traditionnelles en Occident, a également joué un certain rôle dans le rattachement à la tarîqa ‘Alawiyya de nombreux occidentaux : d’une manière générale, puisque bien des lecteurs de Guénon d’aujourd’hui ou d’hier, en quête de spiritualité, se tournent vers le soufisme, mais aussi d’une façon plus directe au début des années trente puisqu’il conseilla à certains de ses correspondants de prendre contact avec le cheikh al-‘Alawî. Après la mort du cheikh survenue en 1934, Guénon, par voie épistolaire, maintint le contact avec la tarîqa, c’est-à-dire avec le cheikh Adda Bentounès (1898-1952), successeur du cheikh al-‘Alawî à Mostaganem.

CF:http://oumma.com/Le-cheikh-al-Alawi-et-son

Quand à l'investiture de Bentounes elle peut se comprendre de la même façon que celle de Vâlsan par Schuon elle repose sur la règle suivante que connaissait bien Guénon: 

"Quand un Khalîfah devient le chef d'une tarîqa indépendante [...] il y remplit la fonction de cheikh, ce qui implique notamment pour lui la possibilité de nommer à son tour d'autre khulafâ'"

Et nous maintenons que le terme de Khalîfah n'est pas aussi strict que la manière dont vous le comprennez toujours, cher ALM, sous cet aspect on pourrait remplacer ce terme moqqadem ou naqîb dans le sens toujours retenu par Guénon de représentant de la tradition ou plus exactement de la chaîne initiatique (silsila en arabe).
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:09 (2017)    Sujet du message: Frithjof Schuon

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