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Sur l'Initiation
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Zero
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MessagePosté le: Lun 15 Sep - 12:27 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Cher Lutfi,
Comme vous le signalez avec à propos, la lecture des livres dont vous tirez les citations de votre message éclairera on ne peut mieux celui qui voudrait en savoir plus. Cela dit, nous ne pensons pas qu’elles s’éclairent d’elles-mêmes, comme vous le dites. En effet, le but de nos questions était de souligner les malentendus qu’elles pourraient susciter.

La citation de Coomaraswamy est assez claire : « Une église ou une société - un Hindou ne fait pas de distinction entre les deux - qui ne fournit pas le moyen d'échapper à ses propres institutions, qui empêche ses membres de se libérer d'elle-même réduit à néant sa suprême raison d'être. » C’est l’initiation (qu’elle prenne la forme d’un ésotérisme ou pas) qui permet à l’individu de sortir de la société dans laquelle il commence son cheminement. Échapper à ses propres institutions signifie échapper à la forme en fait, et un exemple souvent cité par Guénon est celui de Ramakrishna, saint de l’Hindouisme, et ayant vers la fin de sa vie pratiqué temporairement le christianisme et l’islam, tout comme il aurait changé de vêtement. Évidemment, « se libérer » ne veut pas dire « s’opposer », et c’est finalement le but de toute tradition authentique de libérer ses membres, comme le but de tout maître authentique de faire de ses disciples des êtres « autonomes ».

Rappelons ensuite que lorsque Guénon affirme : « Les rites, les procédés divers indiqués en vue de la réalisation métaphysique, on pourrait les négliger et néanmoins, par la seule fixation constante de l'esprit et de toutes les puissances de l'être sur le but de cette réalisation, atteindre finalement ce but suprême, » (La Métaphysique orientale, p. 16) il continue : « Mais, s’il est des moyens qui rendent l’effort moins pénible, pourquoi les négliger volontairement ? »  D’autre part, quand on sait ce qu’a écrit Guénon de la nécessité de l’exotérisme, on comprend qu’il ne saurait y avoir de réalisation sans pratique, d’une part des rites initiatiques, et a fortiori des rites exotériques, hormis pour des individualités particulièrement douées pour qui, finalement, les précisions techniques de Guénon ne sauraient avoir aucun intérêt.

S’il dit  bien : « L'action ne peut avoir pour effet de libérer de l'action, et ses conséquences ne s'étendent pas au delà des limites de l'individualité, » (ibid., p. 20) il ne faudrait pas se poser la question : « Comment se peut-il que ces moyens purement contingents produisent un effet qui les dépasse immensément, qui est d’un tout autre ordre que celui auquel ils appartiennent eux-mêmes ? » (ibid., p. 15) puisque Guénon répond : « Nous ne voyons aucune difficulté à reconnaître à reconnaître qu’il n’y a aucune commune mesure entre la réalisation métaphysique et les moyens qui y conduisent, ou, si l’on préfère, qui la préparent. » Il est donc certaines actions qui aident à se libérer de l’action. D’autre part, « l’initié n’est pas un “sujet”, il est même exactement le contraire ; toute tendance à la passivité ne peut être qu’un obstacle à l’initiation, et où elle est prédominante, elle constitue une “disqualification” irrémédiable. » (Aperçus sur l’Initiation, p. 230.) Il s’agit dans ce dernier passage de préciser que la réalisation nécessite une concentration active, sans cesse orientée vers le but suprême qu’elle constitue.

Lorsqu’il écrit : « Ce qui est dépassé, c'est le monde des formes dans son acception la plus générale, comprenant tous les états individuels quels qu'ils soient, car la forme est la condition commune à tous ces états, » il parle de la « seconde phase » de la réalisation métaphysique (ibid., p. 19). Il ajoute ensuite : « Si élevés que soient ces états [[i]i[/i]. e. ceux où la forme est dépassée] par rapport à l’état humain, si éloignés qu’ils soient de celui-ci, ils ne sont encore que relatifs, et cela est vrai même du plus haut d’entre eux, qui correspond au principe de toute manifestation. Leur possession n’est donc qu’un résultat transitoire, qui ne doit pas être confondu avec le but dernier de la métaphysique ; c’est au-delà de l’Être que réside ce but, par rapport auquel tout le reste n’est qu’acheminement et préparation. » (Nous soulignons.) Il ne faudrait pas croire que c’est le but de l’initié de « passer au-delà de la forme », son but est Un, ou plutôt au-delà de l'Un , et il ne saurait en avoir d’autre.

   
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MessagePosté le: Lun 15 Sep - 12:27 (2008)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 25 Sep - 09:04 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Dans un de mes précédents post de ce fil, en évoquant la situation initiatique personnelle de René Guénon ou plutôt du cheikh Abd el-Wâhid Yahya, je faisais remarquer que :

Citation:
[Guénon] fut rattaché par l’intermédiaire de ‘Abdel Hadi-Ivan Aguéli au cheikh ‘Elish el-Kebir qu’il n’a pas connu directement et qu’on dit dans certains milieux de l’ésotérisme islamique qu’il prit ensuite le pacte d’un représentant éminent de la Tariqâh Chadhiliyyah du Caire dans les années qui suivirent son installation en Egypte.


Deux publications récentes sont venues officialiser ce qui était connu depuis bien des années dans le milieu cairote du Tasawwouf : une traduction du chapitre de l’ouvrage du Dr. Abdel Halîm Mahmûd, Professeur à Ulûm ad-Din de l'Université Al-Azhar « Al-Madrasa ash-Shâdhiliyya al-hadîtha wa imâmuhâ Abû-l-Hasan ash-Shâdhilî » (Le Caire, 1968) intitulé « Al-'Arif bi-Llâh (Le Connaissant par Allah) ash-Shaykh 'Abd al-Wâhid Yahyâ » sous le titre « Un soufi d'Occident : René Guénon (Shaykh 'Abd-al-Wâhid Yahyâ) » traduit de l'arabe, présenté et annoté par Jean Abd-al-Wadoud Gouraud - revu par Hanan Mounib - Abd-al-Haqq Guiderdoni dans une co-édition libano-égyptienne (al-Bouraq-Gebo).

On trouvera un compte rendu de cette publication à l’adresse suivante :

http://mahdhi-pasjournalier.blogspot.com/2008/07/abd-al-halm-mahmd-un-soufi…

Notons simplement que les traducteurs présentent un lien marqué avec Abd el-Wâhid Pallavacini, directeur de la Tarîqah Ahmadiyya Idrîssiyya en Italie et bien connue pour ces positions œcuméniques et son action politique très dévellopée. L’introduction et les notes de l’ouvrage s’en ressentent largement et pas toujours à l’avantage d’une présentation objective de l’œuvre et de la vie de René Guénon.

La deuxième publication qui nous intéresse provient de la dernière livraison en date de la revue La Règle d’Abraham ( www.regle-abraham.com ) dirigée par Patrick Geay. Avant de nous arrêter sur l’article qui nous intéresse je me permettrai quelques remarques sur l’orientation de cette revue. On se rappellera que cette revue est dédiée « principalement consacrée à l’étude des traditions ésotériques issues de trois Révélations monothéistes » où il faut remarquer la place centrale donnée à la Maçonnerie. Quand à l’Islam et au Taçawwouf qui nous intéressent ici, elle a accueilli notamment ,depuis sa création, respectivement, les écrits de Charles André-Gilis (pour un seul numéro, ses positions n’ayant pas été jugée acceptable pour poursuivre une telle collaboration), une traduction de Ibn ‘Arabi par Michel Vâlsan, un article de son fils Muhammad pour un numéro ainsi que la polémique aux théories de Gilis alors accueillies par la revue Vers la Tradition menée par Cyrille Gayat sur plusieurs livraisons de la revue, on a pu aussi y trouvé sous différentes formes une présentation et une publicité de la défunte revue Science Sacrée dirigée par Muhammad Vâlsan et à laquelle C.Gayat a aussi contribué. Science-sacrée à maintenant disparu et on constate, au moins depuis le numéro 24, que la Règle d’Abraham porte en sous-titre la mention « Millat Ibrâhîm » c'est-à-dire le terme coranique dont le titre de la revue est en réalité la traduction, de plus on à pu voir la participation de Max Giraud dans le numéro 24 ex-contributeur lui aussi de Sicence-sacrée (cf. les remarques de Gilis sur cette participation : http://www.leturbannoir.com/max_giraud_regle_abraham.htm).

On se demandera peut-être le rapport d’une telle digression avec l’objet de notre intervention ? C’est que l’article qui nous intéresse intitulé « Cheikh Salâma Râdî » (il s’agit du nom du cheikh auquel s’est rattaché Guénon), article au demeurant remarquable à bien des égard tant par les riches informations qu'il nous livre sur cet éminent Maître spirituel contemporain que pour la mise en perspective générale de sa vie et de son oeuvre, me paraît provenir de ce même courant d’interprétation de l’œuvre de René Guénon. Son auteur Muhammad Hassan Chadli (déformation maghrébine du nom Chadhilî) est un parfait inconnu du milieu de ces publications et il pourrait fort bien s’agir d’un pseudonyme. On y voit certains signes d’un tel lien et parmi ceux-ci l’utilisation de la science des lettres appliquée au nom de certains maîtres ainsi qu’aux nombres de certains articles de Guénon (c’est à dire une interprétation symbolique de la quantité d’articles publié entre telle et telle période de la vie de René Guénon), procédé récurrent dans les pages de Science-sacrée ; mais on trouve aussi d’autres éléments de plus grande importance liés directement au sujet de ce fil, nous en verrons cette fois-ci le plus important en réservant la possibilité d’ y revenir.

Mais avant toute chose voyons ce que l’une et l’autre de ces publications nous disent sur le rattachement de Cheikh Abd-el Wâhid au Cheikh Salâma Râdî :

Citation:
Selon Cheikh A.H.Mahmoûd , René Guénon « est de ceux qui ont pris le pacte initiatique shâdhilite (al-‘ahd ash-shâdhili). Il l’a pris de la main (‘alâ yad) du connaissant par Allâh (al’ârif bi-Llah), le regretté Cheikh Salâma ar-Râdî. Les anciens, parmi les disciples du Cheikh Salâma er-Râdî – sur lui la Satisfaction d’Allâh ! – se souviennent encore de ce « Cheikh » européen, au vêtement (jubba) vert et au turban blanc, de taille élancée, plutôt mince. Il se rappelent encore de son visage resplendissant de lumière (wajh al-mushrîq bi-n-nûr) et d’expression angélique (samy al-malâ’ikî), de sa démarche digne et posée, de sa manière de s’asseoir devant le Cheikh avec humilité et retenue, cherchant courtoisement à faire taire quiconque avait posé des questions, de façon à ce que le Cheikh puisse poursuivre sans interruption son entretien (doctrinal), sans confiner celui-ci dans des précisions inhérentes aux questions posées et ramenées au niveau des (simples) conception humaines. C’était un Shâdhilî d’Occident. »
M.Chadli rapporte de différentes sources orales cette histoire : René Guénon dans sa jeunesse « se promène seul dans une forêt proche de Blois, au plus tard à la fin de ces études secondaires. La pluie commence à tomber, et c’est à ce moment là qu’il glisse dans un trou suffisamment profond d’où il ne peut sortir. La pluie redouble, rendant glissantes les parois, et la sortie impossible. De plus l’obscurité s’accentue avec l’arrivée du crépuscule. Les probables appels à l’aide sont restés peine perdue. C’est alors qu’une main surgit, qui le saisit fermement, et le voila soudain soulevé, et tiré or du trou. Le temps de retrouver ces esprits, l’inconnu à déjà disparu. Des années plus tard, agé de plus de quarante ans, le Cheikh ‘Abd el-Wâhid Yahyâ est au Caire. Bientôt, rencontrant pour la première fois le Cheikh Salâma Râdî, il sera pris de tremblement et, dans un état, s’exclamera : « Hâdhihi ! Hâdhihi ! C’est elle ! C’est elle ! » reconnaissant probablement la main qui l’avait secouru dans sa jeunesse. »


Plus loin dans son article M.Chadli semble indiquer (je dis « semble » parce que l’expression de M.Chadli souffre parfois, malheureusement, d’un manque de clarté manifeste) que Guénon se soit rattaché auprès de ce Maître « li-l tabarruk », pour ma part je ne vois pas bien ce qui lui permet d’indiquer cela, il me paraît d’ailleurs qu’il aurait peut-être fallu être plus prudent de ce coté là, les deux anecdotes que Cheikh A.H.Mahmoûd et M.Chadli nous feraient plutôt même penser le contraire, c’est à dire que Guénon ai prit un engagement « li-l-irada ».

M.Chadli, dans sa présentation, se fait donc le relai, conscient ou non, d’un certains nombre d’imprécisions, dont la plupart pourrai n’avoir que fort peu de conséquence, si ce n’est de ne pas être compris ou bien accepté par le lecteur. Cependant j’ai relevé un élément qui ne manquera de présenter certains dangers : à la page 75, celui-ci affirme d’après un mention privée rapportée par M.Sedgwick que :

Citation:
« en principe, tout faqîr, « pauvre », c'est-à-dire « rattaché » à une organisation initiatique, a le droit de transmettre valablement l’initiation qu’il a reçue lui-même, comme cela arrive quand il n’y a pas de branches organisées sous une forme définie… »


M.Chadli ne doit pas être sans connaître le peu de sérieux des études de cet universitaire, ce qui m'incline à penser qu'il ne s'agit là que d'une preuve documentaire à l'égard d'un fait bien établi et connu de M.Chadli car je sais cette « théorie » très présente dans les milieux vâlsaniens notamment. Or rien n’indique cela, jusqu’à preuve du contraire, dans aucune tradition oral ou écrite des Maîtres du Taçawwouf et surtout pas chez Guénon dont il semble qu’il ai formulé, le dernier, les conditions techniques du rattachement. Cette affirmation est donc, pour moi, fausse et dangereuse et je me dois de présenter, pour les rectifier, ce qu’en à dit Guénon lui-même. Par ailleurs que penser dans cette perspective de la traduction intégrale du rite de rattachement islamique de la Tarîqah Shadhiliyyah Hamidyyah à la fin du même article ?

Mais avant tout, il faut préciser le pendant complémentaire de cette question : M.Chadli indique dans la même note que:

Citation:
« Selon Guénon, ce qui compte essentiellement en réalité, c’est la chaîne de transmissions initiatique (silsila) qui subsiste de toute façon, et non pas la dépendance à l’égard d’une personne qui compte, trop souvent de nos jours, sur la fidélité des membres pour son propre avantage. Chaque faqîr, par le dépôt qu’il àreçu, est « héritier » du Cheikh fondateur de la tarîqa à laquelle il appartient. Ce qui permet aussi de comprendre que, toujours selon Guénon, un authentique Guide spirituel et n’importe quel initiateur, peuvent bien être, en un certain sens, tout les deux qualifiés de Maîtres. »


Je serai tout à fait d’accord avec tout ceci si M.Chadli n’avait pas dit ce que nous avons cité plus haut, à savoir qu’il n’y a pas besoin d’autorisation spéciale pour transmettre le rattachement et à fortiori un enseignement traditionnel, ce qui est répétons-le faux au regard des critères de la Voie et malhonnête, sur le plan intellectuel, lorsque qu’on reconnaît l’autorité de René Guénon. Ainsi tout faqîr pourrait être considéré comme un Maître, mais donc quel critère pourrait présider à sa reconnaissance ? Nous n’en voyons qu’un seul, hormis bien sûr la pratique de la Chari’a en islam, la nature de l’enseignement doctrinal qu’il pourra transmettre.

Citation:
Or « …l'initiation est essentiellement une transmission, et nous ajouterons que ceci peut s'entendre en deux sens différents: d'une part, transmission d'une influence spirituelle, et, d'autre part, transmission d'un enseignement traditionnel. C'est la transmission de l'influence spirituelle qui doit être envisagée en premier lieu, non seulement parce qu'elle doit logiquement précéder tout enseignement, ce qui est trop évident dès lors qu'on a compris la nécessité du rattachement traditionnel, mais encore et surtout parce que c'est elle qui constitue essentiellement l’initiation au sens strict, si bien que, s'il ne devait s'agir que d’initiation virtuelle, tout pourrait en somme se borner là, sans qu'il y ait lieu d'y adjoindre ultérieurement un enseignement quelconque. » Aperçus sur l’Initiation (ensuite AI)


On voit bien ici l’intérêt à considérer en premier lieu la régularité de la transmission initiatique avant l’enseignement qui lui est adjoint.

Concernant l’efficacité d’un tel pseudo-rattachement sans autorisation il faut rappelé que:

Citation:
« cette efficacité est essentiellement inhérente aux rites eux-mêmes, en tant qu'ils sont le moyens d'action d'une influence spirituelle; le rite agit donc indépendamment de ce que vaut, sous quelque rapport que ce soit, l'individu qui l'accomplit, et sans même qu'il soit aucunement nécessaire que celui-ci ait une conscience effective de cette efficacité(1). Il faut seulement, si le rite est de ceux qui sont réservés à une fonction spécialisée, que l'individu ait reçu, de l'organisation traditionnelle dont il relève, le pouvoir de l'accomplir valablement; nulle autre condition n'est requise, et, si ceci peut exiger, comme nous l'avons vu, certaines qualifications particulières, celles-ci, en tout cas, ne se réfèrent pas à la possession d'un certain degré de connaissance, mais sont seulement celles qui rendent possible à l'influence spirituelle d'agir en quelque sorte à travers l'individu, sans que la constitution particulière de celui-ci y mette obstacle. L'homme devient alors proprement un « porteur » ou un «transmetteur » de l'influence spirituelle; c'est cela seul qui importe, car, devant cette influence d'ordre essentiellement supra-individuel, et par conséquent tant qu'il accomplit la fonction dont il est investi, son individualité ne compte plus et disparaît même entièrement. » AI


Or le rite de transmission de l’influence spirituelle « est de ceux qui sont réservés à une fonction spécialisée » dans l’ésotérisme islamique du moins mais aussi je pense dans la plupart des initiations, par contre cette fonction peut être conférée dans des modalitées informelles ou subtiles, mais cela ne change rien à la nécessité de cette investiture, dont le dépositaire devra toujours indiquer la source au postulant qui surviendrait car on ne saurait ignoré ce à quoi on se rattache car l’ « individualité [du transmetteur] ne compte plus et disparaît même entièrement ». Il en va de même pour l’enseignement, ainsi que le répête Guénon :

Citation:
… A ce point de vue, on peut dire ceci: le fait d'être investi régulièrement de certaines fonctions permet, à lui seul et sans autre condition, d'accomplir tels ou tels rites; de la même façon, le fait d'être investi régulièrement d'une fonction d'enseignement entraîne par lui-même la possibilité d'accomplir valablement cette fonction, et, pour cela, il doit nécessairement conférer l'infaillibilité dans les limites où cette fonction s'exercera; et la raison, au fond, en est la même dans l'un et l'autre cas. Cette raison, c'est, d'une part, que l'influence spirituelle est inhérente aux rites mêmes qui en sont le véhicule, et c'est aussi, d'autre part, que cette même influence spirituelle est également inhérente à la doctrine par là même que celle-ci est essentiellement « non-humaine »; c'est donc toujours elle, en définitive, qui agit à travers les individus, soit dans l'accomplissement des rites, soit dans l'enseignement de la doctrine, et c'est elle qui fait que ces individus, quoi qu'ils puissent être en eux-mêmes, peuvent exercer effectivement la fonction dont ils sont chargés. AI


De ce fait même, si un rattachement ou une autorisation traditionnelles sont acquis régulièrement sur le plan technique quelque soit les autres conditions (morales notamment) elles sont valables, mais si celui qui prétend transmettre n’est pas investit régulièrement par une organisation ou une autorité traditionnelle véritable ils ne seront pas valables, de même pour l’exercice de rites individuels et la conduite de rites collectifs avec autorisation ils sont valables, sans, il ne s’agit que d’un vain simulacre, qui n’est de plus pas sans danger. Or les chaînes de l’initiation n’ont jamais été brisées du fait même du respect de ces règles élémentaires, et quant à ce qui advient très rarement, c'est-à-dire les cas exceptionnels de rattachement, ils relèvent de l’absence d’organisation initiatique dans tel ou tel milieu donné et je renverrais à ce que Guénon dit des Afrads dans l’annexe d’IRS et ce qu’il a dit concernant Jacob Boehme notamment, en tout cas il s’agit de rattachements excluant fort souvent la possibilité de la création d’une voie initiatique come ce qu’il est dit généralement des afrads qui n’on pas de disciples.
Ainsi :

Citation:
« Dans de telles conditions, il est facile de comprendre que le rôle de l'individu qui confère l'initiation à un autre est bien véritablement un rôle de « transmetteur », au sens le plus exact de ce mot; il n'agit pas en tant qu'individu, mais en tant que support d'une influence qui n'appartient pas à l'ordre individuel ; il est uniquement un anneau de la «chaîne» dont le point de départ est, en dehors et au delà de l'humanité. C'est pourquoi il ne peut agir en son propre nom, mais au nom de l'organisation à laquelle il est rattaché et dont il tient ses pouvoirs, ou, plus exactement encore, au nom du principe que cette organisation représente visiblement. Cela explique d'ailleurs que l'efficacité du rite accompli par un individu soit indépendante de la valeur propre de cet individu comme tel, ce qui est vrai également pour les rites religieux; et nous ne l'entendons pas au sens « moral », ce qui serait trop évidemment sans importance dans une question qui est en réalité d'ordre exclusivement « technique », mais en ce sens que, même si l'individu considéré ne possède pas le degré de connaissance nécessaire pour comprendre le sens profond du rite et la raison essentielle de ses divers éléments, ce rite n'en aura pas moins son plein effet si, étant régulièrement investi de la fonction de « transmetteur » , il l'accomplit en observant toutes les règles prescrites, et avec une intention que suffit à déterminer la conscience de son rattachement à l'organisation tradition- elle. » / « une organisation initiatique ne saurait être le produit d'une fantaisie individuelle ; elle ne peut être fondée, à la façon d'une association profane, sur l'initiative de quelques personnes qui décident -de se réunir en adoptant des formes quelconques ; et, même si ces formes ne sont pas inventées de toutes pièces, mais empruntées à des rites réellement traditionnels dont les fondateurs -auraient eu quelque connaissance par « érudition », elles n'en seront pas plus valables pour cela, car, à défaut de filiation régulière, la transmission de l'influence spirituelle est impossible et inexistante, si bien que, en pareil cas, on n'a affaire qu'à une vulgaire contrefaçon de l'initiation. »/ « Nous avons dit précédemment que l'initiation proprement dite consiste essentiellement en la transmission d'une influence spirituelle, transmission qui ne peut s'effectuer que par le moyen d'une organisation traditionnelle régulière, de telle sorte qu'on ne saurait parler d'initiation en dehors du rattachement à une telle organisation. Nous avons précisé que la « régularité » devait être entendue comme excluant toutes les organisations pseudo-initiatiques, c'est-à-dire toutes celles qui, (quelles que soient leurs prétentions et de quelque apparence qu’elles se revêtent, ne sont effectivement dépositaires d'aucune influence spirituelle, et ne peuvent par conséquent rien transmettre en réalité. Il est dès lors facile de comprendre l'importance capitale que toutes les traditions attachent à ce qui est désigné comme la « chaîne initiatique », c'est-à-dire à une succession assurant d'une façon ininterrompue la transmission dont il s’agit ; en dehors de cette succession, en effet, l'observation même des formes rituéliques serait vaine, car il y manquerait l'élément vital essentiel à leur efficacité.
Par contre, la connaissance même complète d'un rite, si elle a été obtenue en dehors des conditions régulières, est entièrement dépourvue de toute valeur effective; c'est ainsi, pour prendre un exemple simple (puisque le rite s'y réduit essentiellement à la prononciation d'un mot ou d'une formule), que, dans la tradition hindoue, le mantra qui a été appris autrement que de la bouche d'un guru autorisé est sans aucun effet, parce qu’il n'est pas « vivifié » par la présence de l'influence spirituel1e dont il est uniquement destiné à être le véhicule . Ceci s’étend d'ailleurs, à un degré ou à un autre, à tout ce à quoi attachée une influence spirituelle… » in AI

Tout ceci semble bien pouvoir indiquer la nature d’un tel rattachement, tel que le conçoit M.Chadlî, M.Sedgwick ou d’autres encore.

Citation:
« Passant maintenant à l'autre côté de la question, c'est-à-dire celui qui se rapporte aux organisations initiatiques elles -mêmes, nous dirons ceci: il est trop évident qu'on ne peut transmettre que ce qu'on possède soi-même; par conséquent, il faut nécessairement qu'une organisation soit effectivement dépositaire d'une influence spirituelle pour pouvoir la communiquer aux individus qui se rattachent à elle… » AI

C’est ce passage qui semble bien, pris à l’inverse, avoir amené la façon dont certains voient les choses, or pour une citation prise isolément et à l’envers, combien d’entre elles passée sous silence ? Ainsi Guénon dit « il faut nécessairement qu'une organisation soit effectivement dépositaire d'une influence spirituelle pour pouvoir la communiquer aux individus qui se rattachent à elle… » et l’on en tire : puisque nous avons une influence spirituelle nous pouvons la transmettre ».


Sur la nécessaire transmission et préservation des rites intiatiques et donc en premier lieu de rattachement :

Citation:
"Ajoutons encore, comme autre conséquence de ce qui précède, que, lors même qu'il s'agit d'une organisation authentiquement initiatique, ses membres n'ont pas le pouvoir d'en changer les formes à leur gré ou de les altérer dans ce qu'elles ont d'essentiel; cela n'exclut pas certaines possibilités d'adaptation aux circonstances, qui d'ailleurs s'imposent aux individus bien plutôt qu'elles ne dérivent de leur volonté, mais qui, en tout cas, sont limitées par la condition de ne pas porter atteinte aux moyens par lesquels sont assurées la conservation et la transmission de l'influence spirituelle dont l'organisation considérée est dépositaire; si cette condition n'était pas observée, il en résulterait une véritable rupture avec la tradition, qui ferait perdre à cette organisation sa « régularité ». En outre, une organisation initiatique ne peut valablement incorporer à ses rites des éléments empruntés à des formes traditionnelles autres que celle suivant laquelle elle est régulièrement constituée ; de tels éléments, dont l'adoption aurait un caractère tout artificiel, ne représenteraient que de simples fantaisies superfétatoires, sans aucune efficacité au point de vue initiatique, et qui par conséquent n'ajouteraient absolument rien de réel, mais dont la présence ne pourrait même être, en raison de leur hétérogénéité, qu'une cause de trouble et de désharmonie ; le danger de tels mélanges est du reste loin d'être limité au seul domaine initiatique, et c'est là un point assez important pour mériter d'être traité à part. Les lois qui président au maniement des influences spirituelles sont d'ailleurs chose trop complexe et trop délicate pour que ceux qui n'en ont pas une connaissance suffisante puissent se permettre impunément d'apporter des modifications plus ou moins arbitraires à des formes rituéliques où tout a sa raison d'être, et dont la portée exacte risque fort de leur échapper. »



Dans le cas fonctionnel, bien connu malheureusement, de F.Schuon, Cheikh ‘Issa Noûr ed-Dîn qui a été valablement autorisé par le Cheikh ‘Oudda Ibn Tounis à la tarîqa ‘alawiyya, c’est effectivement donc la question de l’altération des rites et ses innovations rituelles qui posent problème, à ce titre et Guénon parle d’une possible « perte de la régularité ».

On trouve ceci dans une lettre de Guénon à Caudron datée du 17 octobre 1950, dans le numéro spécial de Soufisme d'Orient et d'Occident:

Citation:
Si j'ai dit autrefois que la tarîqa était "le seul aboutissement de mon oeuvre" (ce qui du reste étai vrai à cette époque), il doit être bien entendu qu'il s'agissait en cela de la tarîqa elle-même, ce qui n'a rien à voir avec "l'oeuvre de S. A." [Schuon]; ; je pensai encore qu'il s'agissait d'une tarîqa "normale", dans laquelle il n'auraît dû avoir rien d'autre à faire que de remplir la fonction de "transmetteur" et de se conformer strictement à l'enseignement traditionnel, sans introduire aucune innovation ayant un caractère "personnel".


Nous avons ici encore l'affirmation d'une fonction spéciale, qui permet de transmettre l'influence spirituelle et l'enseignement traditionnel dans un cadre initiatique et non général. Sur toutes ces notions dont nous parlons on trouve certaines indications dans une lettre de M.Vâlsan à F. Schuon faisant état de sa prise d'indépendance, dont on en trouve des extraits dans C.Mutti La Grande Influence de René Guénon en Roumanie, suivi de Julius Evola en Europe de l'Est, Akribeia, Saint-Genis-Laval, 2002:

Citation:
« il est vrai que sur la base de ma fonction [de moqadem pour la France, reçue régulièrement dès la fin des années trente] je peux constituer valablement une branche indépendante, la qualité que je possédais déjà ainsi, sous le rapport de la silsilah, est , par elle-même, opérante à cet effet et n’est pas soumise à une autorisation nouvelle, ni à une confirmation spéciale »


Or comme le précise M.Chadli, pour le cas régulier de l'indépendance de Cheikh Salâma vis àvis de sa tarîqa d'origine:

Citation:
"Quand un Khalîfah devient le chef d'une tarîqa indépendante [...] il y remplit la fonction de cheikh, ce qui implique notamment pour lui la possibilité de nommer à son tour d'autre khulafâ'"


On voit ici encore que pour constituer une tarîqa indépendante et à fortiori rattacher des prétendants à l'initiation, il faille détenir une « fonction » de représentant de la « silsilah » et que c'est cette qualification seule qui compte. Sur ce point connexe Guénon précise en lien avec le Mandat du Ciel de la tradition chinoise (et le idhn dans le taçawwouf islamique n'est pas autre chose qu'un mandat céleste)

Citation:
qu'"il y la quelque chose de comparable à la transmission de l'influence spirituelle ou barakah dans les organisations initiatiques islamiques: par cette transmission, un Khalîfah peut tenir la place du Sheikh et remplir valablement sa fonction". in la Grande Triade Chap. sur Le Wang.


On notera qu'il s'agit de transmission d'une fonction, ce que n'a jamais fait M.Vâlsan-Cheikh Moustafâ 'Abd el-'Azîz (de l’aveu de ces propres disciples et « continuateurs », cf. l’article de son fils qui est consacré à ses derniers instants, paru dans l’ultime numéro de la revue Science sacrée), ce qui explique peut-être la diffusion d’une telle conception du rattachement et du idhn dans ce milieu.

Comme on l’a vu la connexion «transmission et conservation de l’influence spirituelle/ enseignement initiatique» est très profonde, et Guénon y est revenu à maintes reprises, nous concluerons cependant ce sujet pour l’instant, en indiquant simplement que :

Citation:
« De là dérive immédiatement, cette conséquence, que même une organisation où il ne se trouverait plus à un certain moment que ce que nous avons appelé des initiés « virtuels » (et nous reviendrons encore là-dessus par la suite) n'en demeurerait pas moins capable de continuer à transmettre réellement l'influence spirituelle dont elle est dépositaire; il suffit pour cela que la « chaîne» ne soit pas interrompue ; et à cet égard, la fable bien connue de «l'âne portant des reliques » est susceptible d'une signification initiatique digne d'être méditée. » AI


Dans ce cas même s’il l’on a une doctrine déviée mais que les rites (de rattachement en premier lieu) sont conservés intacts, dans ce qu'ils ont d'essentiel, par ceux qui ont été régulièrement investis (et le cas de la Maçonnerie est le plus exemplaire sur ce point) il reste une organisation régulière qui puisse être potentiellement restaurée, dans le cas contraire on a à faire qu’a une organisation pseudo-initiatique ou dans le pire des cas contre-initiatique et anti traditionnelle.

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ALM
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MessagePosté le: Jeu 25 Sep - 21:40 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Merci pour cette synthèse cher Qaf. Je tâcherais moi-même de reproduire prochainement d'autres références traditionnelles sur l'autorisation.
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"Prosterne toi et approche toi" Coran
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Mastoure



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MessagePosté le: Ven 26 Sep - 12:19 (2008)    Sujet du message: Re: La distance n'est-elle pas gênante pour la poursuite d'une initiation? Répondre en citant

ALM a écrit:

S'il est parfaitement opportun d'affirmer que l'essentiel du travail initiatique se base sur la concentration et sur l'aspiration (al himma), [....], à l'heure actuelle, c'est beaucoup plus l'aspiration du Maître qui est utile au disciple que son aspiration propre. Nul ne saurait donc se dispenser de la compagnie d'un Maître aujourd'hui, [.....]
(Les [.......] indiquent une citation partielle) 


Bonjour,
et que la Paix soit sur ceux qui suivent la Guidée.

Pour cette première intervention sur ce forum , j'ai choisi ce passage, à l'auteur duquel je demande de bien vouloir me donner les sources, si elles existent, du passage souligné ci-dessus.

1/    S'agit-il d'un avis personnel, fort respectable a priori, ou bien d'une autorité traditionnelle ?
Dans ce cas, vous est-il possible de me dire de qui il s'agit ?

Quant à votre conclusion ("Nul ne saurait donc se dispenser de la compagnie d'un Maître aujourd'hui") elle réfère évidemment à l'importante question de la nécessité du Maître spirituel, maintes fois évoquée, ici et ailleurs.
2/   Mais s'agit-il d'ailleurs exactement de la même chose que de "se dispenser de la compagnie d'un Maître", alors que l'on dispose, en quelque sorte, de la possibilité d'envisager une relation initiatique directe avec un Maître vivant contemporain et d'être dans la nécessité d'envisager un Travail initiatique effectif en dehors de cette solution "classique" lorsque l'on ne dispose pas de cette possibilité, c'est-à-dire lorsque l'on pense que ceux ou celui qui se présente ou est présenté comme tel, n'a pas la qualité d'un Maître mourshid au sens plénier du terme ?

3/    Il est classiquement et unanimement admis, depuis des siècles, me semble-t-il, que la prière rituelle islamique n'est pas valable lorsque qu'elle est faite après avoir pratiqué l'ablution sèche, ou pulvérale (taiyammum), alors que l'on disposait d'eau pour faire l'ablution dans des conditions normales.
Mais n'est-elle pas parfaitement possible et valable, lorsque, ne disposant pas d'eau pour pratiquer l'ablution classique, l'on fait usage du taiyammum, sous la nécessité ?
Et qu'en est -il alors, en ce domaine, de celui qui affirmerait :" Nul ne saurait se dispenser de l'ablution faite avec de l'eau, aujourd'hui" pour faire la prière valablement ?

Serait-il injustifié de demander à quelqu'un qui s'exprimerait ainsi sur quoi il base son affirmation ?
D'où mon interrogation première.

Merci d'avance
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Ven 26 Sep - 13:31 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Je ne peux répondre pour ALM, cela va de soi, mais je pense qu'il faut rappeler ce que Guénon a écrit dans Guru et upaguru qui forme le chapitre XX d'Initiation et réalisation spirituelle:

Lorsque l'initiation proprement dite est conférée par quelqu'un qui ne possède pas les qualités requises pour remplir la fonction d'un Maître spirituel, et qui, par conséquent, agit uniquement comme "transmetteur" de l'influence attachée au rite qu'il accomplit, un tel initiateur peut aussi être assimilé proprement à un upaguru, qui a d'ailleurs comme tel une importance toute particulière et en quelque sorte unique en son genre, puisque c'est son intervention qui détermine réellement la "seconde naissance", et cela même si l'initiation doit demeurer simplement virtuelle. Ce cas est aussi le seul où l'upaguru doit forcément avoir conscience de son rôle, au moins à quelque degré; nous ajoutons cette restriction parce que, quand il s'agit d'organisations initiatiques plus ou moins dégénérées ou amoindries, il peut arriver que l'initiateur soit ignorant de la véritable nature de ce qu'il transmet... Seulement, il est bien entendu que, faute d'un Guru, l'initiation reçue ainsi risque fort de ne jamais devenir effective...

Il est donc clair que cette initiation est valable, mais qu'elle est aussi très loin de représenter le cas le plus favorable. En revanche je ne crois pas que la comparaison avec le tayamum soit vraiment possible, car la question des ablutions en Islam ( ou dans d'autres formes traditionnelles) est une question juridique: c'est la question de ce qui est permis et de ce qui est interdit. A ce sujet, vous oublez, cher Mastoure, de signaler que l'ablution sèche est valable si la santé de la personne est en cause: si une personne met sa santé en péril en faisant l'ablution avec de l'eau, elle doit faire le tayamum.

Mais dans le cas de la guidance spirituelle, c'est tout autre chose. Il n'y a aucun problème juridique à se faire rattacher par un upaguru, le problème est d'un autre ordre. Si je prenais une comparaison avec les arts martiaux, il est évident que celui qui connait un kata peut parfaitement le travailler tout seul, et si il le fait très sèrieusement, il peut progresser, et aller plus loin que beaucoup d'autres. Mais il manquera toujours le contrôle du Maître, au cas où cet élève solitaire fait une erreur. De plus, si cet élève arrive à un certain degré de maîtrise, il sera incapable, par lui-même, de passer à l'étape supérieure. Il faut comprendre que c'est une comparaison, et non une identité. Peut-on faire l'ascension d'une montagne sans guide? La vérité oblige à dire que oui, c'est possible, le voyageur étant guidé par son propre sens interne. Mais la vérité oblige aussi à dire que les risques d'accident sont bien plus grands, et que dans certains cas, le voyageur risque bien de ne jamais revenir: heureux sera-t-il si il a seulement très peu avancé.

On peut aussi rappeler ce que dit le Maharshi (je cite de mémoire): le Soi c'est Atmâ, l'ego, c'est Satan. Il y a donc un grand risque à prendre son ego pour Maître. Quant à la vénération du Maître, elle est essentielle: en Inde, on raconte l'histoire d'un disciple qui vénère un Maître qui en fait est un faux Maître. Un jour, ce disciple se met à réciter le nom de son Maître, et il marche sur l'eau - ce qui, on se le rappelle, est le signe d'un certain degré initiatique. Le Maître se persuada alors qu'il était vraiment un grand Maître, et commença à aller sur l'eau en répétant "Moi, moi, moi", et il s'est noyé.

Mais ce que le disciple avait obtenu, il l'avait obtenu.
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QAF_181



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MessagePosté le: Ven 26 Sep - 17:29 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

La citation d’ALM par Mastoure étant issue d’une réponse à l’un de mes messages je permets de rappeler ce que j’écrivais:

"Ce qu’il faut bien voir c’est que celui qui recherche une initiation et la reçoit par le biais d’une organisation initiatique, en réalité, c’est auprès du Principe même qu’il la cherche et c’est en Son nom et pour sa Connaissance qu’il reçoit cette initiation.
Les seules conditions indispensables pour l’initié travaillant à sa réalisation spirituelle sont, dixit Guénon, la préparation théorique et la concentration sur l’Objectif de la Voie (le Principe, la Vérité, Dieu). En dehors de cela, le reste n’est que secondaire : les rites, l’enseignement extérieur oral et écrit, la compagnie d’un Maître spirituel, etc. ne sont que des adjuvants à ce travail et ne sont en aucun cas strictement nécessaires, du moins en principe. Je ne dis pas, et René Guénon non plus, que leur mise en œuvre est négligeable, ni que l’aide qu’ils peuvent apporter n’est pas déterminante dans bien des cas mais seulement qu’ils ne sont pas en soi des conditions impératives à un travail initiatique véritable.
Comme le disait en substance R.Guénon à l’un de ces correspondants : « Ce qui importe c’est le rattachement à une organisation initiatique régulière, le reste vient bien souvent de manière imprévue »."


En tout cas c’est, me semble t-il, la position de René Guénon, quand à savoir s’il « s'agit-il d'ailleurs exactement de la même chose que de "se dispenser de la compagnie d'un Maître", alors que l'on dispose, en quelque sorte, de la possibilité d'envisager une relation initiatique directe avec un Maître vivant contemporain et d'être dans la nécessité d'envisager un Travail initiatique effectif en dehors de cette solution "classique" lorsque l'on ne dispose pas de cette possibilité, c'est-à-dire lorsque l'on pense que ceux ou celui qui se présente ou est présenté comme tel, n'a pas la qualité d'un Maître mourshid au sens plénier du terme ». Il ne m’apparaît pas que Guénon ai envisagé ces questions en dehors de conditions de stricte nécessité (du moins il semble, à mon souvenir, qu'il dit que l'initié doit mettre en oeuvre tout les moyens à sa disposition, lui permettant de faciliter réellement son travail intérieur), mais bien sûr je ne peux répondre, moi non plus, à la place d’ALM.

Concernant le message de Lutfi, pour que chacun comprenne bien de quoi il s’agit, je voudrais tout d’abord rappeler la définition de l’upaguru par Guénon :
« tout être, quel qu'il soit, dont la rencontre est pour quelqu'un l'occasion ou le point de départ d'un certain développement spirituel ; et, d'une façon générale, il n'est aucunement nécessaire que cet être lui-même soit conscient du rôle qu'il joue ainsi. Du reste, si nous parlons ici d'un être, nous pourrions tout aussi bien parler également d'une chose ou même d'une circonstance quelconque qui provoque le même effet ; cela revient en somme à ce que nous avons déjà dit souvent, que n'importe quoi peut, suivant les cas, agir à cet égard comme une « cause occasionnelle » ; il va de soit que celle-ci n'est pas une cause au sens propre de ce mot, et qu'en réalité la cause véritable se trouve dans la nature même de celui sur qui s'exerce cette action, comme le montre le fait que ce qui a un tel effet pour lui peut fort bien n'en avoir aucun pour un autre individu » René Guénon in « Initiation et réalisation spirituelle » (IRS)
« La réalité de l’être qui joue le rôle d’un upaguru n’est point affecté ni détruite par là ; si cependant elle s’efface en quelque sorte devant la réalité d’ordre supérieur dont il est le support occasionnel et momentané, c’est seulement pour celui à qui s’adresse spécialement le message dont, consciemment ou plus souvent inconsciemment, il est ainsi devenu le porteur » IRS


Il me semble qu’une lecture attentive du chapitre d’IRS sur l’Infaillibilité traditionnelle puisse permettre d’établir certains liens avec les citations précédentes et ainsi nous éclairer sur une des possibilités de recevoir un enseignement initiatique véritable (un autre de ces moyens particulièrement important, que j’ai déjà souligné, dans cette perspective étant le travail collectif), en l’absence d’un Maître spirituel vivant, réalisé effectivement. Et ceci permettra, je pense, d’éclairer ce que je rappelai dernièrement c'est-à-dire que « Guénon précise en lien avec le Mandat du Ciel de la tradition chinoise (et le idhn dans le taçawwouf islamique n'est pas autre chose qu'un mandat céleste) qu' « il y la quelque chose de comparable à la transmission de l'influence spirituelle ou barakah dans les organisations initiatiques islamiques: par cette transmission, un Khalîfah peut tenir la place du Sheikh et remplir valablement sa fonction". in la Grande Triade Chap. sur Le Wang. » et l’intérêt dans de telles dispositions de « de remplir la fonction de "transmetteur" et de se conformer strictement à l'enseignement traditionnel, sans introduire aucune innovation ayant un caractère "personnel". (lettre de Guénon cité dans mon précédent post)»

Voici un extrait significatif du chapitre d’IRS:

« Il résulte de là que tout homme sera infaillible lorsqu'il exprimera une vérité qu'il connaît réellement, c'est-à-dire à laquelle il s'est identifié (1) ; mais ce n'est point en tant qu'individu humain qu'il le sera alors, mais en tant que, en raison de cette identification, il représente pour ainsi dire cette vérité elle-même ; en toute rigueur, on devrait dire, en pareil cas, non pas qu'il exprime la vérité, mais plutôt que la vérité s'exprime par lui. A ce point de vue, l'infaillibilité n'apparaît nullement comme quelque chose d'extraordinaire ou d'exceptionnel, ni comme constituant un « privilège » quelconque ; en fait, n'im¬porte qui la possède dans la mesure où il est « compétent », c'est-à-dire pour tout ce qu'il connaît au vrai sens de ce mot (2) ; toute la difficulté sera naturellement de déterminer les limites réelles de cette compétence dans chaque cas particulier. Il va de soi que ces limites dépendront du degré de connaissance que l'être aura atteint, et qu'elles seront d'autant plus étendues que ce degré sera plus élevé ; et, par conséquent, il va de soi aussi que l'infaillibilité dans un certain ordre de connaissance n'en¬traînera aucunement l'infaillibilité dans un autre ordre supé¬rieur ou plus profond, et que, par exemple, pour appliquer ceci à la division la plus générale qu'on puisse établir dans les doc¬trines traditionnelles, l'infaillibilité dans le domaine exotérique n'entraînera aucunement l'infaillibilité dans le domaine ésoté¬rique et initiatique.

Dans ce que nous venons de dire, nous avons considéré l'in-faillibilité comme proprement attachée à la connaissance, c'est-à-dire en somme comme inhérente à l'être qui possède cette connaissance, ou plus exactement à l'état qu'il a atteint par là, et cela non point en tant qu'il est tel ou tel être, mais en tant que, dans cet état, il s'est réellement identifié avec la part de vérité correspondante. On peut d'ailleurs dire que c'est là une infaillibilité qui ne regarde en quelque sorte que l'être lui-même auquel elle appartient, comme faisant partie intégrante de son état intérieur, et qui n'a pas à être reconnue par d'autres, si l'être dont il s'agit n'est pas expressément revêtu d'une certaine fonction particulière, et plus précisément d'une fonction d'en¬seignement de la doctrine ; ceci évitera, dans la pratique, les erreurs d'application qui sont toujours possibles du fait de la difficulté, que nous indiquions tout à l'heure, de déterminer « du dehors » les limites de cette infaillibilité. Mais il y a d'autre part, dans toute organisation traditionnelle, une autre sorte d'infaillibilité, qui, elle, est attachée exclusivement à la fonc¬tion d'enseignement, dans quelque ordre qu'elle s'exerce d'ailleurs, car ceci encore s'applique à la fois aux deux domaines exotérique et ésotérique, chacun d'eux étant naturellement envisagé dans ses limites propres ; et c'est surtout sous ce rap¬port qu'on peut voir, d'une façon particulièrement nette, que l'infaillibilité n'appartient aucunement aux individus comme tels, puisque, dans ce cas, elle est entièrement indépendante de ce que peut être en lui-même l'individu qui exerce la fonction dont il s'agit.

II faut ici se reporter à ce que nous avons dit précédemment au sujet de l'efficacité des rites : cette efficacité est essentielle¬ment inhérente aux rites eux-mêmes, en tant qu'ils sont les moyens d'action d'une influence spirituelle ; le rite agit donc indépendamment de ce que vaut, sous quelque rapport que ce soit, l'individu qui l'accomplit, et sans même qu'il soit aucune¬ment nécessaire que celui-ci ait une conscience effective de cette efficacité (3). Il faut seulement, si le rite est de ceux qui sont réservés à une fonction spécialisée, que l'individu ait reçu, de l'organisation traditionnelle dont il relève, le pouvoir de l'accomplir valablement ; nulle autre condition n'est requise, et, si ceci peut exiger, comme nous l'avons vu, certaines qua¬lifications particulières, celles-ci, en tout cas, ne se réfèrent pas à la possession d'un certain degré de connaissance, mais sont seulement celles qui rendent possible à l'influence spirituelle d'agir en quelque sorte à travers l'individu, sans que la cons¬titution particulière de celui-ci y mette obstacle. L'homme devient alors proprement un « porteur » ou un « transmetteur » de l'influence spirituelle ; c'est cela seul qui importe, car, devant cette influence d'ordre essentiellement supra-individuel, et par conséquent tant qu'il accomplit la fonction dont il est investi, son individualité ne compte plus et disparaît même entièrement. Nous avons déjà insisté sur l'importance de ce rôle de « transmetteur », particulièrement en ce qui, concerne les rites initiatiques ; c'est encore ce même rôle qui s'exerce à l'égard de la doctrine lorsqu'il s'agit d'une fonction d'enseigne¬ment ; et il y a d'ailleurs entre ces deux aspects, et par consé¬quent entre la nature des fonctions correspondantes, un rapport fort étroit en réalité, qui résulte directement du caractère des¬ doctrines traditionnelles elles-mêmes.

En effet, ainsi que nous l'avons déjà expliqué à propos du symbolisme, il n'est pas possible d'établir une distinction abso¬lument nette, et encore moins une séparation, entre ce qui re¬lève des rites et ce qui relève de la doctrine, donc entre l'accom¬plissement de ceux-là et l'enseignement de celle-ci, qui, même s'ils constituent extérieurement deux fonctions différentes, sont pourtant de même nature au fond. Le rite comporte toujours un enseignement en lui-même, et la doctrine, en raison de son caractère « non-humain » (qui, rappelons-le, se traduit tout particulièrement par la forme proprement symbolique de son expression), porte aussi en elle l'influence spirituelle, de sorte que ce ne sont véritablement là que deux aspects complémen¬taires d'une seule et même réalité ; et cela, bien que nous l'ayons dit tout d'abord plus spécialement en ce qui concerne le domaine initiatique, peut encore s'étendre, d'une façon tout à fait générale, à tout ce qui est d'ordre traditionnel. En prin¬cipe, il n'y a aucune distinction à faire à cet égard ; en fait, il peut y en avoir une seulement en ce sens que, dans le domaine initiatique, le but essentiel étant de pure connaissance, une fonction d'enseignement, à un degré quelconque, ne devrait normalement être confiée qu'à celui qui possède une connais¬sance effective de ce qu'il doit enseigner (d'autant plus que ce qui importe ici est moins l'extériorité de l'enseignement que le résultat d'ordre intérieur qu'il doit contribuer à produire chez ceux qui le reçoivent), tandis que, dans l'ordre exotérique dont le but immédiat est autre, celui qui exerce une telle fonc¬tion peut fort bien avoir simplement une connaissance théo¬rique suffisante pour exprimer la doctrine d'une façon intelli¬gible ; mais, en tout cas, là n'est pas l'essentiel, du moins pour ce qui est de l'infaillibilité attachée à la fonction elle-même.
A ce point de vue, on peut dire ceci : le fait d'être investi régulièrement de certaines fonctions permet, à lui seul et sans autre condition (4), d'accomplir tels ou tels rites ; de la même façon, le fait d'être investi régulièrement d'une fonction d'enseignement entraîne par lui-même la possibilité d'accomplir valablement cette fonction, et, pour cela, il doit nécessairement conférer l'infaillibilité dans les limites où cette fonction s'exercera ; et la raison, au fond, en est la même dans l'un et l'autre cas. Cette raison, c'est, d'une part, que l'influence spirituelle est inhérente aux rites mêmes qui en sont le véhicule, et c'est aussi, d'autre part, que cette même influence spirituelle est également inhérente à la doctrine par là même que celle-ci est essentiellement « non-humaine » ; c'est donc toujours elle, en définitive, qui agit à travers les individus, soit dans l'accomplissement des rites, soit dans l'enseignement de la doctrine, et c'est elle qui fait que ces individus, quoi qu'ils puissent être en eux-mêmes, peuvent exercer effectivement la fonction dont ils sont chargés (5). Dans ces conditions, bien entendu, l'inter¬prète autorisé de la doctrine, en tant qu'il exerce sa fonction comme tel, ne peut jamais parler en son propre nom, mais uni¬quement au nom de la tradition qu'il représente alors et qu'il « incarne » en quelque sorte, et qui seule est réellement infail¬lible ; tant qu'il en est ainsi, l'individu n'existe plus, sinon en qualité de simple « support » de la formulation doctrinale, qui ne joue pas en cela un rôle plus actif que le papier sur lequel un livre est imprimé n'en joue par rapport aux idées auxquelles il sert de véhicule. Si par ailleurs il lui arrive de parler en son propre nom, il n'est plus, par là même, dans l'exercice de sa fonction, et il ne fait alors qu'exprimer de simples opinions indi¬viduelles, en quoi il n'est plus aucunement infaillible, pas plus que ne le serait un autre individu quelconque ; il ne jouit donc par lui-même d'aucun « privilège », car, dès que son individua¬lité reparaît et s'affirme, il cesse immédiatement d'être le repré¬sentant de la tradition pour n'être plus qu'un homme ordi¬naire, qui, comme tout autre, vaut seulement, sous le rapport doctrinal, dans la mesure de la connaissance qu'il possède réellement en propre, et qui, en tout cas, ne peut prétendre imposer son autorité à qui que ce soit (6). L'infaillibilité dont il s'agit est donc bien attachée uniquement à la fonction et non point à l'individu, puisque, en dehors de l'exercice de cette fonction, ou si l'individu cesse de la remplir pour une raison quelconque, il ne subsiste plus rien en lui de cette infaillibilité ; et nous trouvons ici un exemple de ce que nous disions plus haut, que la fonction, contrairement au degré de connaissance, n'ajoute véritablement rien à ce qu'un être est en lui-même et ne modifie pas réellement son état intérieur.



(1) II y aurait seulement lieu de faire une réserve en ce que l'expression ou la formulation de la vérité peut être inadéquate, et que même elle l'est forcément toujours dans une certaine me¬sure ; mais ceci ne touche en rien au principe lui-même.
(2) Ainsi, pour prendre l'exemple le plus simple, un enfant lui-même, s'il a compris et assimilé une vérité mathématique élémen¬taire, sera infaillible chaque fois qu'il énoncera cette vérité ; mais, par contre, il ne le sera nullement lorsqu'il ne fera que répéter des choses qu'il aura simplement « apprises par cœur », sans se les être assimilées en aucune façon.
(3) Nous rappelons que ceci est vrai pour les rites exotériques, comme la doctrine catholique le reconnaît expressément, aussi bien que pour les rites initiatiques.
(4) Dès lors que nous disons régulièrement, cela implique en effet nécessairement la possession des qualifications requises.
(5) C'est cette action de l'influence spirituelle, en ce qui con¬cerne l'enseignement doctrinal, que le langage de la théologie catholique désigne comme 1' « assistance du Saint-Esprit ».
(6) Tout ceci est strictement conforme à la notion catholique de 1' « infaillibilité pontificale » ; ce qui peut sembler étonnant dans celle-ci, et ce qui en tout cas lui est particulier, c'est seulement que l'infaillibilité doctrinale y est regardée comme concentrée tout entière dans une fonction exercée exclusivement par un seul individu, tandis que, dans les autres formes traditionnelles, il est géné¬ralement reconnu que tous ceux qui exercent une fonction régulière d'enseignement participent à cette infaillibilité dans une mesure déterminée par l'étendue de leur fonction même


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Mastoure



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MessagePosté le: Ven 26 Sep - 18:27 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Lutfi a écrit:
Guénon
Guru et upaguru
chapitre XX d'Initiation et réalisation spirituelle:

Lorsque l'initiation proprement dite est conférée par quelqu'un qui ne possède pas les qualités requises pour remplir la fonction d'un Maître spirituel, et qui, par conséquent, agit uniquement comme "transmetteur" de l'influence attachée au rite qu'il accomplit, un tel initiateur peut aussi être assimilé proprement à un upaguru, qui a d'ailleurs comme tel une importance toute particulière et en quelque sorte unique en son genre, puisque c'est son intervention qui détermine réellement la "seconde naissance", et cela même si l'initiation doit demeurer simplement virtuelle. Ce cas est aussi le seul où l'upaguru doit forcément avoir conscience de son rôle, au moins à quelque degré; nous ajoutons cette restriction parce que, quand il s'agit d'organisations initiatiques plus ou moins dégénérées ou amoindries, il peut arriver que l'initiateur soit ignorant de la véritable nature de ce qu'il transmet... Seulement, il est bien entendu que, faute d'un Guru, l'initiation reçue ainsi risque fort de ne jamais devenir effective...

Il est donc clair que cette initiation est valable, mais qu'elle est aussi très loin de représenter le cas le plus favorable. En revanche je ne crois pas que la comparaison avec le tayamum soit vraiment possible, car la question des ablutions en Islam ( ou dans d'autres formes traditionnelles) est une question juridique: c'est la question de ce qui est permis et de ce qui est interdit. A ce sujet, vous oublez, cher Mastoure, de signaler que l'ablution sèche est valable si la santé de la personne est en cause: si une personne met sa santé en péril en faisant l'ablution avec de l'eau, elle doit faire le tayamum.
[les surlignements en gras, dans la 2° partie, sont de Mastoure] 












Cher Lutfi,

Je vous remercie de nous faire profiter, par votre citation, de la lecture de René Guénon qui m'est toujours personnellement d'un grand profit, quelle que soit la circonstance, et notamment ce passage.

Je me dois de vous préciser néanmoins que votre citation ne m'apparaît pas être en rapport direct avec ma première interrogation qui était de demander à ALM, qui avait dit: " à l'heure actuelle, c'est beaucoup plus l'aspiration du Maître qui est utile au disciple que son aspiration propre", s'il s'agissait "d'un avis personnel, fort respectable a priori, ou bien de celui d'une autorité traditionnelle ? Dans ce cas, vous est-il possible de me dire de qui il s'agit ? "
Or, pour intéressante que soit éventuellement votre intervention, il me semble qu'elle est sans rapport avec la question posée.

Pour ce qui concerne ma deuxième question, quand j'utilise, et c'est peut être ce qui vous a amené sur ce terrain, la comparaison de l'ablution, qui n'est qu'une comparaison, c'est pour évoquer la capacité que l'on a à se dispenser d'une pratique ou la nécessité qui nous pousse à en adopter une autre ; et pas autre chose.

Si l'on est d'accord pour admettre que se dispenser d'une chose c'est s'autoriser à soi-même de délaisser une pratique habituelle pour utiliser une pratique différente de manière exceptionnelle, c'est qu'il s'agit bien de disposer d'un choix, à savoir celui d'être en compagnie d'un Maître ou de ne pas être en sa compagnie (ou d'être en compagnie de quelqu'un de moindre valeur que le Maître).

De même, lorsqu'il s'agit pour quelqu'un de pratiquer l'ablution et qu'il dispose, dans les circonstances normales ai-je précisé (c'est-à-dire en dehors du cas de maladie devrais-je visiblement ajouter), et qu'il dispose donc à la fois d'eau ou de quoi faire le tayammum, il se pose logiquement pour lui la question de savoir s'il peut valablement se dispenser de prendre de l'eau ou pas ; l'avis juridique étant, mais c'est tout à fait secondaire pour ce qui m'intéresse, que dans ce cas l'ablution n'est pas valable pour la prière, sauf erreur de ma part.

Mais par ailleurs, la question du choix entre l'eau et la poussière ou la pierre, par exemple, ne se pose pas quand la personne ne dispose pas d'eau mais uniquement de quoi faire le tayammum, car elle est alors dans une situation de nécessité (nécessité qui ne dépend pas de son état, comme dans le cas du malade -raison pour laquelle il m'a semblé totalement inutile et déplacé d'en évoquer le cas- mais qui dépend uniquement des possibilités dont il dispose pour faire l'ablution).
Et il me semble assez intéressant, pour ma part, de voir, même à partir d'une considération juridique, que ce qui est tout à fait valable pour celui qui est dans la nécessité ne l'est plus du tout pour celui qui a le choix entre l'ablution et le tayammum.

Je pense, au risque de vous contredire (mais vous aurez certainement compris, cher Lutfi, que c'est pour la bonne cause), que cette conclusion est applicable dans le domaine initiatique, parce qu'il ne s'agit pas de savoir s'il s'agit du domaine juridique ou d'un autre, mais simplement de savoir si c'est logique ou pas.

Et s'il faut utiliser les références que vous produisez plutôt que des références juridiques, je m'y soumets volontiers : celui qui se trouve simultanément en face d'un Guru et d'un Upaguru peut-il se dispenser de la compagnie du Guru ? Raisonnablement non, je crois ; et est-ce finalement si différent de la situation de celui qui, ayant le choix entre l'eau et le tayammum, choisirait le tayammum ?...
Celui qui se trouve uniquement en présence d'un Upaguru a-t-il le droit de refuser de rechercher sa compagnie, sous prétexte qu'il est bien évidemment préférable d'être en présence d'un Guru et de choisir d'être en compagnie quand le cas s'en présente ? Raisonnablement non, je crois ; et est-ce finalement si différent de la situation de celui qui, ne trouvant que de quoi faire le tayammum refuserait de s'en servir au prétexte qu'il est préférable de faire l'ablution avec de l'eau ?...

S'agit-il vraiment "de tout autre chose" ou est-ce seulement que vous n'auriez peut-être pas tout à fait compris ce que je voulais dire ?
Dans ce cas, veuillez accepter, cher Lutfi, toutes mes excuses pour ne pas avoir été sufisamment clair dans mon exposition.

Me suis-je bien fait comprendre cette fois ?

Avec mes salutations traditionnelles les plus choisies,
 

Mastoure
 


Dernière édition par Mastoure le Ven 26 Sep - 20:08 (2008); édité 4 fois
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Ven 26 Sep - 19:01 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Je vous remercie pour votre réponse, cher Mastoure. Et je remercie aussi Qaf_181 pour ses précisions qui me semblent très importantes.


Je voudrais insister sur un point: je ne crois pas que l'on puisse, à quelque degré que ce soit, considérer que le rapport au Maître Spirituel soit une question de droit: il faut, il est obligatoire, etc. il n'y a ici qu'une obligation, et c'est celle du coeur. Guénon a insisté sur le fait qu'il était inadmissible, et contraire à tous les principes de l'initiation, de forcer une personne à se rattacher. Et la soumission d'un disciple à un Maître doit être une soumission totale, mais aussi totalement consentie à tous les instants. C'est pour cela que l'on peut parler, une fois que l'on est d'accord sur le but de l'initiation, de ce que sont les moyens habiles pour parvenir à ce but, mais à aucun degré d'une obligation de type moral, ou juridique.

C'est par la lumière qui est dans l'oeil que l'oeil peut voir la lumière, et c'est par la vérité qui est dans le coeur que la Vérité est connue. Cela n'a donc pas de sens de dire qu'une personne qui est sur la voie doit se soumettre à un Maître plutôt que de choisir un upaguru. C'est pour cela que j'ai préféré d'autres exemples, en prenant le symbolisme des arts martiaux, ou celui du voyage.
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Mastoure



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MessagePosté le: Ven 26 Sep - 20:59 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Lutfi a écrit:
Je voudrais insister sur un point: je ne crois pas que l'on puisse, à quelque degré que ce soit, considérer que le rapport au Maître Spirituel soit une question de droit: il faut, il est obligatoire, etc. il n'y a ici qu'une obligation, et c'est celle du coeur.

..... mais à aucun degré d'une obligation de type moral, ou juridique.

..... Cela n'a donc pas de sens de dire qu'une personne qui est sur la voie doit se soumettre à un Maître plutôt que de choisir un upaguru.


Cher Lutfi,
"et que la Paix soit sur celui qui suit la Guidance"

Plus je lis vos messages et plus il me semble que c'est à quelqu'un d'autre que vous faites vos réponses, tant j'ai du mal à saisir le rapport qui existe entre celles-ci et ce que j'ai écrit.

J'en resterast donc là pour ma part, faute de me remettre à développer tant et tant d'explications et de mises au point quand j'ai l'impression que mon interlocuteur semble ne pas comprendre à ce point ce que j'écris.

Vous souhaitant une nuit bénie, je vous présente mes salutations traditionnelles les meilleures,
il est vrai un peu las...

Mastoure
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ALM
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MessagePosté le: Ven 26 Sep - 21:15 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de revenir sur la nécessité d'un rattachement à un Maître véritable avant d'ambitionner une quelconque réalisation (à ce titre, je préciserais que, dans l'ésotérisme islamique, le khalifat, ou successeur, n'est pas un simple moqqadem, ou représentant ; la fonction de khalifat est donc plénière, à la différence de celle de moqqadem). Cela étant, il ne faudrait pas que les extraits reproduits par Qaf donnent lieu à équivoque, car l'infaillibilité dont nous parlons présuppose l'identification, ou réalisation, de la Vérité :

"Il résulte de là que tout homme sera infaillible lorsqu'il exprimera une vérité qu'il connaît réellement, c'est-à-dire à laquelle il s'est identifié" et "Il va de soi que ces limites dépendront du degré de connaissance que l'être aura atteint, et qu'elles seront d'autant plus étendues que ce degré sera plus élevé".

Recevoir un enseignement d'ordre initiatique en l'absence d'un Maitre vivant est donc possible, ainsi que je l'écrivais par ailleurs, mais la réalisation, intégrale, n'est elle possible qu'en sa présence (cf. msgs précédents et citations en p. 1 et 2 de Shrî Ramana Maharshî et de l'Emir AbdelKader).

Concernant votre question, cher Mastoure, cet enseignement fut transmis par des Maîtres comtemporains comme Shaykh Hamza al Boutchîch (Maroc), Shaykh Bel-Qa'id (Algérie) ou encore Shaykh Abû Nûr Khûrshîd (Syrie). Néanmoins, une telle affirmation était déjà exprimée hier, et quelqu'un comme Jalâl ed Din Rumî enseignait par exemple que "celui qui arrive à Dieu sans l'aide d'un maître y parvient toutefois par l'aide des Maîtres". La question de la himma, de l'aspiration spirituelle, est chose bien complexe, car nous parlons d'une force qui, par définition, ne relève que de Dieu, Seul. Ce qu'il faut donc entendre par cette affirmation, c'est que le Maître, pour avoir rejoint le centre du cercle, est l'intériorité même du disciple qu'il a entre les mains, et qu'ainsi c'est sa propre himma qu'il lui confère. Plus nous remontons dans le temps, moins les disciples étaient voilés de leur Principe et plus leur aspiration était grande. Aujourd'hui, et du fait de l'obscurcissement généralisé, les "aspirants" véritables sont extrêments rares (c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, faute de supports, les Maîtres vivants se raréfient aussi ; maintenant, et Dieu soit loué, nous ne manquons nullement d'eau) et la plupart des disciples de notre époque doivent leur aspiration, et leur succès bien sûr, à leur Maître.

Je tâcherais, dès que j'en aurais le temps, de vous fournir d'autres références sur la question.
-------------------
"Prosterne toi et approche toi" Coran


Dernière édition par ALM le Sam 27 Sep - 01:35 (2008); édité 1 fois
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Lutfi
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MessagePosté le: Ven 26 Sep - 21:26 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Cher Mastoure

vous avez écrit:

Et s'il faut utiliser les références que vous produisez plutôt que des références juridiques, je m'y soumets volontiers : celui qui se trouve simultanément en face d'un Guru et d'un Upaguru peut-il se dispenser de la compagnie du Guru ? Raisonnablement non, je crois ; et est-ce finalement si différent de la situation de celui qui, ayant le choix entre l'eau et le tayammum, choisirait le tayammum ?...
Celui qui se trouve uniquement en présence d'un Upaguru a-t-il le droit de refuser de rechercher sa compagnie, sous prétexte qu'il est bien évidemment préférable d'être en présence d'un Guru et de choisir d'être en compagnie quand le cas s'en présente ? Raisonnablement non, je crois ; et est-ce finalement si différent de la situation de celui qui, ne trouvant que de quoi faire le tayammum refuserait de s'en servir au prétexte qu'il est préférable de faire l'ablution avec de l'eau ?...



Ce sont bien les termes dans lesquelles vous posez votre question, ou plutôt vos questions qui me paraissent tout à fait impropres. Et c'est exact que je n'ai répondu que sur ces points, et non à l'ensemble de vos questions. Si vous relisez bien tout ce que Guénon a écrit sur l'upaguru, vous verrez bien qu'il ne peut en aucun cas s'agir d'une question de droit. Celui qui se trouverait en présence d'un upaguru... d'abord l'upaguru peut être un événement, et dans ce cas il est absurde de parler de rechercher sa compagnie, celui qui se trouverait en présence d'un upaguru et n'en aurait pas conscience, prouverait a priori qu'il n'est pas qualifié pour l'initiation, tout simplement. Quant au fait de rencontrer un upaguru qui transmet le rattachement, vous rendez-vous compte de ce que signifieraient vos propos si on les interprétait littéralement? Chaque fois que vous rencontrez une personne qui est habilitée à transmettre le rattachement initiatique, vous seriez dans le devoir de vous faire rattacher? Mais cela n'a pas de sens! Il est au contraire normal et bon qu'une personne qui aspire à l'initiation refuse des rattachements dans des voies qui ne lui conviennent pas!

Et celui qui se trouve simultanément en présence d'un Guru (en présence et non en face ce qui peut être extrêmement dangereux) et d'un upaguru choisira de suivre celui qu'il reconnait comme Guru. Si il se trompe, c'est une faute initiatique grave, peut-être, mais ce n'est pas à nous d'en juger. Donc je maintiens que cela n'a rien à voir avec une question juridique.

Je sais que je ne répond que partiellement à vos questions, et je ne peux faire autrement parce que je persiste à dire que vos questions sont mal posées, parce que vous posez en termes exotériques une question qui est initiatique. En termes extême-orientaux, vous confondez le confucianisme et le Taoïsme, or il n'y a pas entre les deux une différence de degré, mais une différence de nature.

Oui, on peut refuser de se rattacher à un upaguru, parce que l'on considère que cet upaguru ne nous est pas destiné. Cela n'a rien à voir avec la prière qui est obligatoire. Oui, certains peuvent prendre pour guide un upaguru parce qu'ils n'ont pas su reconnaître le vrai Guru, et c'est dommage pour eux. Mais cela peut aussi signifier qu'ils n'étaient pas qualifiés, et dans ce cas, la question ne se pose même pas.
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QAF_181



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MessagePosté le: Ven 26 Sep - 22:36 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Cher ALM,

Je vous propose de méditer le passage suivant en particulier, n'y a t-il pas là une indication technique précise concernant l'infaillibilité, qui chez le Guru comme l'upaguru conscient de son rôle, ne peut jaillir que d'un source purement intérieure, qu'on y puise directement (chez un Maître réalisé) ou indirectement (chez un upaguru autorisé mais n'ayant pas nécessairement réalisé l'état correspondant à la science transmise?:

"le fait d'être investi régulièrement de certaines fonctions permet, à lui seul et sans autre condition (4), d'accomplir tels ou tels rites ; de la même façon, le fait d'être investi régulièrement d'une fonction d'enseignement entraîne par lui-même la possibilité d'accomplir valablement cette fonction, et, pour cela, il doit nécessairement conférer l'infaillibilité dans les limites où cette fonction s'exercera ; et la raison, au fond, en est la même dans l'un et l'autre cas. Cette raison, c'est, d'une part, que l'influence spirituelle est inhérente aux rites mêmes qui en sont le véhicule, et c'est aussi, d'autre part, que cette même influence spirituelle est également inhérente à la doctrine par là même que celle-ci est essentiellement « non-humaine » ; c'est donc toujours elle, en définitive, qui agit à travers les individus, soit dans l'accomplissement des rites, soit dans l'enseignement de la doctrine, et c'est elle qui fait que ces individus, quoi qu'ils puissent être en eux-mêmes, peuvent exercer effectivement la fonction dont ils sont chargés (5). Dans ces conditions, bien entendu, l'inter¬prète autorisé de la doctrine, en tant qu'il exerce sa fonction comme tel, ne peut jamais parler en son propre nom, mais uni¬quement au nom de la tradition qu'il représente alors et qu'il « incarne » en quelque sorte, et qui seule est réellement infail¬lible ; tant qu'il en est ainsi, l'individu n'existe plus, sinon en qualité de simple « support » de la formulation doctrinale, qui ne joue pas en cela un rôle plus actif que le papier sur lequel un livre est imprimé n'en joue par rapport aux idées auxquelles il sert de véhicule.
-------------------
"Quli'Llah..." (Coran VI, 91)
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ALM
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Inscrit le: 21 Juin 2008
Messages: 159

MessagePosté le: Ven 26 Sep - 22:42 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Merci pour votre proposition cher Qaf, mais je ne vois pas en quoi cela pourrait infirmer ce que je dis, bien au contraire...
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Mastoure



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MessagePosté le: Ven 26 Sep - 23:33 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

ALM a écrit:

Concernant votre question, cher Mastoure, cet enseignement fut transmis par des Maîtres comtemporains comme Shaykh Hamza al Boutchîch (Maroc), Shaykh Bel-Qa'id (Algérie) ou encore Shaykh Abû Nûr Khûrshîd (Syrie). Néanmoins, une telle affirmation était déjà exprimée hier, et quelqu'un comme Jalâl ed Din Rumî enseignait par exemple que "celui qui arrive à Dieu sans l'aide d'un maître y parvient toutefois par l'aide des Maîtres".

Je tâcherais, dès que j'en aurais le temps, de vous fournir d'autres références sur la question.




Cher ALM,

je suis en quelque sorte soulagé de voir qu'il existe au moins quelqu'un, sur votre forum, qui est capable de comprendre les questions que je pose aussi mal, semble-t-il ... C'est plutôt rassurant, d'une certaine manière, voire encourageant ; je veux dire : en ce qui me concerne !

Merci pour les précisions que vous donnez à ma première question.
J'attends patiemment que vous ayez l'opportunité d'envisager ce qui était ma deuxième interrogation, que je rappelle ici :

" Quant à votre conclusion ("Nul ne saurait donc se dispenser de la compagnie d'un Maître aujourd'hui") elle réfère évidemment à l'importante question de la nécessité du Maître spirituel, maintes fois évoquée, ici et ailleurs.
2/ Mais s'agit-il d'ailleurs exactement de la même chose de "se dispenser de la compagnie d'un Maître", alors que l'on dispose, en quelque sorte, de la possibilité d'envisager une relation initiatique directe avec un Maître vivant contemporain et d'être dans la nécessité d'envisager un Travail initiatique effectif en dehors de cette solution "classique", lorsque l'on ne dispose pas de cette possibilité, c'est-à-dire lorsque l'on pense que ceux ou celui qui se présente ou est présenté comme tel, n'a pas la qualité d'un Maître mourshid au sens plénier du terme ?"

Désirez-vous que je formule les choses autrement ? J'y passerais volontiers et avec plaisir le temps nécessaire, tant qu'il s'agit d'avancer positivement dans le déroulement de l'échange.


Vous souhaitant également une nuit bénie, veuillez recevoir mes salutations traditionnelles les plus choisies  

Mastoure
 
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Sam 27 Sep - 00:08 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Code:
[size=12]Mais s'agit-il d'ailleurs exactement de la même chose de "se dispenser de la compagnie d'un Maître", alors que l'on dispose, en quelque sorte, de la possibilité d'envisager une relation initiatique directe avec un Maître vivant contemporain et d'être dans la nécessité d'envisager un Travail initiatique effectif en dehors de cette solution "classique", lorsque l'on ne dispose pas de cette possibilité, c'est-à-dire lorsque l'on pense que ceux ou celui qui se présente ou est présenté comme tel, n'a pas la qualité d'un Maître mourshid au sens plénier du terme ?"

Désirez-vous que je formule les choses autrement ? J'y passerais volontiers et avec plaisir le temps nécessaire, tant qu'il s'agit d'avancer positivement dans le déroulement de l'échange. [/size]
 

Cher Mastoure, la formulation correcte est effectivement importante au point de vue traditionnel. C'est même un sujet qui pourrait mériter un fil qui lui soit entièrement consacré, même si l'on peut préférer y revenir chaque fois que cela est nécessaire.
Je ne peux répondre pour ALM, bien sûr, mais il me paraît évident que le fait de renoncer à suivre un Maître véritable, lorsque l'on en a eu la possibilité, et le fait de vouloir commencer un travail initiatique avec un upaguru sont deux choses aussi totalement différentes que possible. Je suis même plutôt surpris que vous posiez une question qui me paraît contenir sa réponse. Peut-on concevoir une chose plus triste que d'avoir la possibilité de suivre un Maître au plein sens du mot, et de ne pas le faire?
En revanche, celui qui aspire à l'initiation, et qui renoncerait à entreprendre un travail initiatique parce qu'il n'a pas encore trouvé un Maître réalisé... Comment en parler? Il me semble que c'est vraiment une question qui n'a de sens que cas par cas: dans un premier temps, cela pourrait être le signe d'une exigence supérieure, dans bien d'autres, on pourrait aussi penser que c'est le signe que cette personne désire rester le plus longtemps possible dans un travail purement spéculatif, et cela peut être excellent, si la préparation doctrinale est incomplète, ou cela pourrait être tout simplement un signe de paresse spirituelle.
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