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Sur l'Initiation
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Sam 27 Sep - 00:31 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Pour répondre plus précisément, vous écrivez:

être dans la nécessité d'envisager un Travail initiatique effectif en dehors de cette solution "classique", lorsque l'on ne dispose pas de cette possibilité, c'est-à-dire lorsque l'on pense que ceux ou celui qui se présente ou est présenté comme tel, n'a pas la qualité d'un Maître mourshid au sens plénier du terme

Je ne pense pas que, dans notre période cyclique, le fait d'être guidé par un Maître réalisé puisse être considéré comme une "solution classique": c'est la plus haute possibilité, c'est une faveur divine trop immense pour que l'on puisse trouver des mots pour la décrire. La plupart de ceux qui sont rattachés en Orient le sont à des upagurus.

Ce qui est le plus difficile, et surtout à notre époque, ce n'est certes pas d'obtenir un rattachement initiatique, ce qui peut-être n'est même parfois que trop aisé; mais c'est de trouver un instructeur vraiment qualifié, c'est-à-dire capable de remplir réellement la fonction de guide spirituel, ainsi que nous venons de le dire, en appliquant tous les moyens convenables à ses propres possibilités particulières, en dehors desquelles il est évidemment impossible, même au Maître le plus parfait, d'obtenir aucun résultat effectif. Sans un tel instructeur, comme nous l'avons déjà expliqué précédemment, l'initiation, tout en étant assurément valable en elle-même, dès lors que l'influence spirituelle a été réellement transmise au moyen du rite approprié, demeurerait toujours simplement virtuelle, sauf dans de très rares cas d'exception.
IRS chapitre XXI

d'autre part

il en est qui vont jusqu'à prétendre que nul ne pourra jamais atteindre la Délivrance s'il n'a un Guru, et, naturellement, ils entendent par là un Guru humain; nous ferons remarquer tout d'abord que ceux-là feraient assurément beaucoup mieux de se préoccuper de choses moins éloignées d'eux que le but ultime de la réalisation spirituelle, et de se contenter d'envisager la question en ce qui concerne les premières étapes de celle-ci, qui sont d'ailleurs, en fait, celles pour lesquelles la présence d'un Guru peut apparaître comme plus particulièrement nécessaire.
IRS chapitre XXIV

Il faut encore ajouter qu'il est des voies initiatiques dans lesquelles il n'y a pas de Guru, ce qui est tout de même important, si l'on envisage l'initiation en général, et non une forme initiatique spécifique.

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MessagePosté le: Sam 27 Sep - 00:31 (2008)    Sujet du message: Publicité

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ALM
Administrateur


Inscrit le: 21 Juin 2008
Messages: 159

MessagePosté le: Sam 27 Sep - 00:41 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Il ne me semble pas que vos questions étaient mal posées ; après, je peux comprendre en quoi elles pouvaient prêter à confusion pour certains.

Si j'ai donc bien compris votre deuxième interrogation, et comme l'a dit Lutfi, je dirais qu'il y a forcément une différence entre négliger la compagnie d'un Maître quand on en a la possibilité et lorsque l'on ne la pas : celui qui s'en tient à un rattachement dit de baraka et au travail initiatique collectif pour n'avoir trouvé aucun Maitre n'a évidemment rien à voir avec celui qui en a la possibilité et qui pour autant s'en tient à cette perspective.

Là-dessus, il me faut encore rappeler ceci : la reconnaissance d'un maître fait bien souvent défaut aux occidentaux, la plupart d'entre eux préférant privilégier le rattachement à un moqqadem d'une voie tabarruk plutôt qu'à un maître vivant, et cela, disent-ils, par crainte d'être floué par les nombreux faussaires qui parasitent la Voie de nos jours. Cette démarche, pour témoigner d'une certaine forme de scrupule, n'en demeure pas moins absurde, au fond : on le sait, les critères de reconnaissances d'un maître sont extérieurs, du moins pour le commun ; si donc la chaine initiatique d'une personne est sans faille, que son itinéraire initiatique témoigne de la compagnie assidue d'un Maître, et que son autorisation, d'irshâd (guidance particulière), est avérée, rien ne saurait faire douter de sa qualification, pas même le caractère "étrange" de certaines de ses actions (cf. Al Khidr). Ainsi, et par les mêmes critères d'authentification, certains refuseront, par sentiment, ce que d'autres accepteront, par conséquence.

La conclusion de tout cela, c'est que le problème ne réside pas dans la reconnaissance d'un Maître : le plus dur en effet, c'est de reconnaitre son Maître.

Je souhaiterais enfin remercier Lutfi pour les citations qu'il vient de reproduire, et qui précisent un peu plus mon propos.
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"Prosterne toi et approche toi" Coran
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QAF_181



Inscrit le: 27 Juin 2008
Messages: 52
Localisation: France

MessagePosté le: Sam 27 Sep - 06:34 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Cher ALM, 
Il ne s'agissait en aucun cas d'infirmer ce que vous dites mais simplement d'envisager la possibilité d'un enseignement, nécessairement moins particulier et adapté que dans autre cas, mais pourtant lui aussi infaillible, même en absence d'un Maître réalisé. Pour résumer celui qui transmet un enseignement initiatique réel, doit s'éteindre au regard de la source où il puise ses connaissance, cependant si l'extinction du Guru réalisé est effective, même à un degré intermédiaire, l'extinction d'un upaguru est seulement virtuelle, caractérisée surtout par une transmission pure, au regard de ce qui demandé explicitement ou implicitement, selon une autorisation initiatique afférente, sans nécessaire compréhension profonde de sa part. Dans ces deux cas, si ces conditons sont respectées, on aura la certitude de l'infaillibilité de l'enseignement reçu, l'assimilation dépendant ici uniquement des capacités du disciple. Il en résulte au final que le rattachement à un maître réalisé ou non, ne pouvant se faire que sur des critères extérieurs, repose surtout sur l'autorisation, le reste étant difficilement discernable par le disciple, ce qui compte en tout c'est la fidélité du Maître à l'enseignement qu'il a reçu, et qu'il transmettra régulièrement sans incidence de sa part. Voyiez vous maintenant une quelconque différence d'avec la manière dont vous concevez tout cela?



"Je ne pense pas que, dans notre période cyclique, le fait d'être guidé par un Maître réalisé puisse être considéré comme une "solution classique": c'est la plus haute possibilité, c'est une faveur divine trop immense pour que l'on puisse trouver des mots pour la décrire. La plupart de ceux qui sont rattachés en Orient le sont à des upagurus."

Merci, cher Lutfi,de vos précisions

Quand à Guénon voila ce qu'il en (remarquons qu'il parle de Kholafâ et non de Moqaddem, ne vous en plaise cher ALM):

„[…] dans l’initiation islamique, certaines turuq, surtout dans les conditions actuelles, ne sont plus dirigées par un véritable Sheikh capable de jouer effectivement le rôle d’un Maître spirituel, mais seulement par des Kholafâ qui ne peuvent guère faire plus que de transmettre valablement l’influence initiatique; il n’en est pas moins vrai que, lorsqu’il en est ainsi, la barakah du Sheikh fondateur de la tariqah peut fort bien, tout au moins pour des individualités particulièrement bien douées, et en vertu de ce simple rattachement à la silsilah, suppléer à l’absence d’un Sheikh présentement vivant, et ce cas devient alors tout à fait comparable à celui que nous venons de rappeler.”

Notons qu'en dehors des execptions, il existe, ainsi que nous l'avons vu pour l'enseignement transmis par un upaguru, d'autres moyens que le simple rattachements qui puisse dans des cas normaux permettre un véritable travil initiatique, le travail collectif en étant le principal.

Bien à vous
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"Quli'Llah..." (Coran VI, 91)
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Mastoure



Inscrit le: 26 Sep 2008
Messages: 11
Localisation: Région parisienne
Masculin

MessagePosté le: Sam 27 Sep - 15:16 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Cher Lutfi,

je suis agréablement surpris de vous lire à nouveau, et de voir la détermination que vous avez à tenter encore et encore de répondre à une question qui semble, visiblement, et pour des raisons que je ne distingue pas tout à fait pour l'instant, vous présenter quelques difficultés d'envisager, même sur un plan pourtant purement théorique.

Si je dis que vous tenter de le faire c'est parce que je suis par contre encore amené, malgré votre bonne intention affichée au début de votre message (lorsque vous reconnaissez l'importance d'une exposition claire des idées dans ce domaine) ainsi que la première partie, globalement, de la réponse qui suit, à constater qu'il semblerait, sauf erreur de ma part, bien sûr (que je vous demanderais, dans ce cas, de ne pas manquer de mettre en évidence), que j'aie quelque part envisagé, même furtivement ou de manière allusive, le cas de "celui qui aspire à l'initiation, et qui renoncerait à entreprendre un travail initiatique parce qu'il n'a pas encore trouvé un Maître réalisé".

Car si vous m'imputez l'origine d'une telle assertion, il doit certainement s'agir encore d'une erreur d'attention de votre part, bien compréhensible d'ailleurs en ces temps de restrictions alimentaires temporaires et dont je ne suis pas moi-même à l'abri puisque j'en suis arrivé à confondre Lutfi avec Luci !...(encore toutes mes excuses).

Puis-je me permettre néanmoins de vous mettre en quelque sorte au défi (mais c'est vous qui m'y poussez un peu, cher Lutfi), de trouver dans ce j'ai écrit sur ce forum quoi que ce soit qui ressemble de près ou de loin à ce que vous évoquez ?

Pour vous éviter cet effort, je puis dès à présent vous proposer mon aide, si vous l'acceptez, en précisant que j'ai, pour ma part, évoqué le cas de celui qui serait dans la nécessité d'envisager une réalisation initiatique alors qu'il ne se trouve qu'en présence que d'un Upaguru ... ce qui me semble être le strict contraire de ce que vous envisagez.

J'espère qu'un jour sera proche où vous ne serez plus surpris de me voir poser "une question qui (...) paraît contenir sa réponse" parce que vous aurez alors compris, cher Lutfi, qu'il s'agit d'une manière, utilisée en rhétorique par des auteurs certainement plus qualifiés que moi, je vous l'accorde, d'exposer toutes les possibilités d'une alternative afin que l'interlocuteur, pour peu qu'il soit suffisamment attentif, se rende compte de l'évidence de telle hypothèse envisagée ou de la contradiction logique de telle autre ... J'aurais alors fait d'immenses progrès dans l'art de me faire comprendre !

Salutations traditionnelles,

Mastoure
  


Dernière édition par Mastoure le Sam 27 Sep - 17:28 (2008); édité 1 fois
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Sam 27 Sep - 15:41 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Cher Mastoure,

A partir du moment où il y a des upagurus, cela signifie bien qu'il est légitime d'y avoir recours. Pour le reste, je dois préciser que je n'ai pas répondu à une partie de votre question parce qu'elle était adressée à ALM, et non à moi.
D'autre part, selon le Maharshi, on entre dans la Voie le jour où l'on se pose la question, donc je ne pourrais pas parler de "la nécessité d'envisager un travail initiatique effectif", parce qu'il me semble évident que ce travail a forcément commencé pour celui qui pose cette question.

Guénon a souvent dit que la plupart des désaccords provenaient de malentendus sur le sens des mots. Il est évident que deux personnes qui ne parlent pas la même langue, chacune ignorant celle de l'autre, ne risquent pas de s'entendre au sens le plus littéral du mot. Et il en est de même si l'on croit parler la même langue, mais que l'on emploie les mêmes mots dans des sens différents.

Maintenant, je crois avoir répondu partiellement à votre question, et si je n'envisage pas la seconde partie, c'est parce qu'il est question de l'initiation en général, et que la nécessité du Guru humain n'est pas la même selon les voies initiatiques. D'autre part il peut y avoir des questions techniques précises auxquelles je ne me sens pas autorisé à répondre.
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Mastoure



Inscrit le: 26 Sep 2008
Messages: 11
Localisation: Région parisienne
Masculin

MessagePosté le: Sam 27 Sep - 17:20 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

ALM a écrit:
"Si j'ai donc bien compris votre deuxième interrogation, et comme l'a dit Lutfi, je dirais qu'il y a forcément une différence entre négliger la compagnie d'un Maître quand on en a la possibilité et lorsque l'on ne l'a pas : celui qui s'en tient à un rattachement dit de baraka et au travail initiatique collectif pour n'avoir trouvé aucun Maitre n'a évidemment rien à voir avec celui qui en a la possibilité et qui pour autant s'en tient à cette perspective.

Là-dessus, il me faut encore rappeler ceci : la reconnaissance d'un maître fait bien souvent défaut aux occidentaux, la plupart d'entre eux préférant privilégier le rattachement à un moqqadem d'une voie tabarruk plutôt qu'à un maître vivant, et cela, disent-ils, par crainte d'être floué par les nombreux faussaires qui parasitent la Voie de nos jours. Cette démarche, pour témoigner d'une certaine forme de scrupule, n'en demeure pas moins absurde, au fond : on le sait, les critères de reconnaissances d'un maître sont extérieurs, du moins pour le commun ; si donc la chaine initiatique d'une personne est sans faille, que son itinéraire initiatique témoigne de la compagnie assidue d'un Maître, et que son autorisation, d'irshâd (guidance particulière), est avérée, rien ne saurait faire douter de sa qualification, pas même le caractère "étrange" de certaines de ses actions (cf. Al Khidr)."





Cher ALM,

en supposant que ces remarques me sont destinées, et pour revenir à l'essentiel et au sens premier de mon intervention vous concernant, vous aurez certainement compris, à en juger par l'intelligence de vos remarques, que mon but n'était pas de dénigrer ceux qui défendent l'importance du rattachement à un Maître.

Il est davantage dans la volonté de mettre en évidence la crainte que j'ai de voir, de manière assez récurrente, ceux qui défendent cette position le faire d'une façon qui peut sembler assez exclusive sous bien des aspects, voire presque méprisante dans certains cas, surtout lorsqu'il s'agit d'envisager ce que j'appellerai des "solutions substitutives".

Car enfin, ceux-là même qui se positionnent ainsi ont-ils oublié ce qui les avait précisément touché au plus profond de leur être, lorsque, ayant été mis, pour bon nombre d'entre eux, en présence de l'oeuvre de René Guénon, leur "horizon intellectuel" s'est trouvé vivifié et illuminé tout entier par l'exposition et la compréhension des multiples facettes de l'enseignement traditionnel que véhiculait jusqu'à eux cet auteur ?

Seraient-ils devenus si "systématiques" finalement que, pour une raison qui les regarde entièrement, ils en soient venus à ne pas prendre avec la considération qui convient, ni avec la reconnaissance des possibilités véritables qu'elles expriment et représentent, des situations pourtant parfaitement régulières ?

Je m'étonne ainsi souvent d'avoir à constater que les possibilités dont il s'agit, alors qu'elles sont pourtant bien connues des êtres en question, sont parfois l'objet d'une sorte de volonté de dénigrement dont on ne saisit pas toujours ni la justesse, sur le plan logique, ni la justification, sur le plan de l'honnêteté intellectuelle.

Tout cela donne lieu à d'interminables débats, dont les protagonistes (ou les participants) ne verront probablement jamais la fin avant que l'intelligence première, pourtant souvent perçue par chacun d'entre eux dans l'exposé de Guénon et qui leur est ainsi commune, ne fasse un jour surface, comme surgissant d'on ne sait quelles ténèbres, et admettant enfin, comme un remerciement fait à la Sagesse Toute-Puissante, la richesse des possibilités traditionnelles véritables et des situations régulières qu'elles sont susceptibles de générer.

Il est d'ailleurs assez significatif, à mes yeux, que ce que j'appellerais de telles "rigidités" se manifestent justement sur cette question de reconnaissance du Maître spirituel, alors qu'il est également question de reconnaître simplement certaines possibilités comme telles, bénéficiant de la référence et de la garantie de René Guénon (auquel on peut accorder facilement le crédit de les avoir exposées dans un dessein et dans des modalités particulièrement adéquates et choisies), mêmes si elles sont différentes de celle que l'on a soi-même adopté et si elles peuvent également apparaître comme inférieures, sous un certain rapport, à d'autres.

Avec mes plus sincères salutations traditionnelles,

Mastoure


Dernière édition par Mastoure le Dim 28 Sep - 13:50 (2008); édité 3 fois
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Mastoure



Inscrit le: 26 Sep 2008
Messages: 11
Localisation: Région parisienne
Masculin

MessagePosté le: Sam 27 Sep - 17:25 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Cher Lutfi,

Merci pour ces précisions édifiantes.

Mastoure
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ALM
Administrateur


Inscrit le: 21 Juin 2008
Messages: 159

MessagePosté le: Sam 27 Sep - 20:15 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Je ne vois toujours pas de contradictions, ou même de nuances à mon propos cher Qaf.

Sur votre citation de Guénon (et à ce propos, je rappelerais qu'il n'y a pas lieu de me "plaire" ou non sur le terme kholafâ, et si Guénon emploi ce terme dans un sens plus général, la précision que j'ai faite demeure bel et bien, car, dans la terminologie en question, un khalife est un moqqadem mais un moqqadem n'est pas, systématiquement, un khalife), je soulignerais encore une fois, et avec lui, que nous parlons de niveaux forts différents, ou d'exceptions confirmant la règle en quelque sorte, la possiblité qu'il envisage ne concernant que "des individualités particulièrement bien douées".

Si donc vous relisiez mes messages, accompagnés des citations d'autorités correspondantes, vous verriez comment mon propos englobe tout simplement vos remarques.

Concernant votre message, cher Mastoure, je commencerais par préciser que mes remarques ne visaient personne (même si certains noms célébres pourraient être cités), et qu'elles avaient l'objet de pointer une mentalité par trop présente à l'heure actuelle. En fait, il ne s'agit pas de nier les possibilités adjuvantes, bien au contraire, mais de réaffirmer la place qui leur revient, en rappelant par là que nous ne manquons pas d'eau, et qu'un certain nombre de Maîtres authentiques continuent de tendre leurs mains à notre époque.

Je reviendrais, si besoin est, sur cette dernière observation prochainement.

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"Prosterne toi et approche toi" Coran
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ALM
Administrateur


Inscrit le: 21 Juin 2008
Messages: 159

MessagePosté le: Mer 5 Nov - 15:48 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Dans le message précèdent, j'affirmais "qu'un certain nombre de Maîtres authentiques continuent de tendre leurs mains à notre époque". J'aimerais maintenant illustrer cette réalité par ce qui suit :

"(...) Quant à la branche principale, qui n'est rien d'autre que la pure voie shâdhilie, nul ne pourra la modifier et l'altérer, et il en sera ainsi jusqu'à ce que l'Heure advienne, conformément à ce qu'a dit Sidî Al tarâbulsî au noble Al 'Alamî, descendant du grand Pôle, le Shaykh Moulay 'Abd as Salâm ibn Mashîsh : "Cette Voie disposent de gardiens qui la préservent et de sentinelles qui la surveillent, et il en sera ainsi jusqu'au jour de la Résurrection : ce sont les Gens de Dieu et les soutiens de Sa religion, ceux auxquels Il a accordé les sciences extérieures et intérieures, et qu'Il a secouru par Ses Noms de Défenseur et de Gardien" (...) Nous n'aimons pas que l'on ferme la porte de Dieu au nez de Ses serviteurs alors qu'elle est en réalité toujours grande ouverte ; bien au contraire, nous réprouvons fortement cela (...) : "Dès que Nous abrogeons un signe, ou dès que Nous le faisons oublier, Nous le remplaçons par un autre, meilleur ou semblable. Ne sais-tu pas que Dieu est puissant sur toute chose? Ne sais-tu pas que la Royauté des cieux et de la terre appartient à Dieu?" (Coran) "Ils veulent éteindre, de leur bouche, la lumière de Dieu, mais Dieu ne veut que parachever Sa lumière, quand bien même cela déplairait aux mécréants" (Coran) " Ad Darqâwî, Lettres.

Note du traducteur : Le Shaykh ad Darqâwî se réfère vraisemblablement ici à la version "abrégée" et donc déformée des propos du Shaykh al Hadramî : "L'éducation spirituelle a disparue" (...). Le Kitâb ul Ibrîz, écrit au début du XVIIIe s. et qui reprend les enseignements du Shaykh ad Dabbâgh, explique cette phrase de la même façon, par la perte d'un certain soufisme ayant développé de nombreuses pratiques très louables et efficaces à l'origine (invocations spécifiques, retraites, diètes,..) mais finissant par servir des objectifs dévoyés ou se limitant parfois, au mieux, à une simple voie de tabarruk. La véritable tarîqa (et donc tarbiyya) est surtout axée sur la himma et le hâl, l'intériorité du disciple. Ce débat autour des propos des Shaykhs Hadrami et Zarrûq et les rectifications apportées par les Shaykhs Dabbâgh et Darqâwî illustrent bien ce qu'est la problématique de l'enseignement soufi, qui doit toujours utiliser des formes d'expressions adaptées à son temps et corriger les fausses interprétations de propos qui, en leur temps, servaient eux-mêmes à prévenir d'autres risques de déviations : en "climat" soufi plus qu'ailleurs, vu la subtilité de l'affaire, il n'y a rien de plus néfaste que le littéralisme et le systématisme"
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"Prosterne toi et approche toi" Coran
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as.samarkandi



Inscrit le: 02 Nov 2008
Messages: 43
Masculin

MessagePosté le: Dim 23 Nov - 13:27 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Suivant le conseil qui m'a été donné, je place ici un texte qui, à l'origine, était dans le sujet "Schuon".
Cher Qaf 181

Les nuances concernant l’appréciation de la régularité de la transmission initiatique tiennent dans la distinction que R.Guénon fait dans « Aperçus sur l’Initiation » ch.8, p. 58. sur le rôle du transmetteur qui « ne peut agir en son propre nom mais au nom de l’organisation à laquelle il est rattaché et dont il tient ses pouvoirs » - il s’agit ici de la transmission horizontale conforme aux règles envisagées habituellement- « ou, plus exactement encore au nom du principe que cette organisation représente visiblement » et, là, il ne s’agit pas tout à fait de la même chose sous le rapport de la forme et de l'intention . D’une manière générale, il y a une distinction à faire entre le rite lui-même, dans ce qu’il a d’essentiel, et ce qui l’entoure. Les autorités traditionnelles les plus hautes sont allées parfois très loin dans cette distinction. A titre de curiosité, bien que le cas ne puisse être comparé à ceux dont nous parlons, je vous signale que dans la « Somme théologique » (volume sur le baptême) saint Thomas d’Aquin, s’appuyant sur l’autorité de deux papes, considère qu’en cas de nécessité le baptême conféré par un non baptisé est valablement transmis s’il l’a été selon le forme de l’Eglise et au Nom de la Trinité ; ainsi deux non baptisés peuvent se baptiser l’un l’autre ! C’est un cas extrême de rite fait « au nom du principe » selon l’expression de R.Guénon. Bien entendu, je redis une fois encore, qu’une initiation transmise par un simple initié reste « risquée » et que ce ne doit pas être la règle. Un des risques principaux est que, s’il n’y a pas régularisation, le nouvel initié ne bénéficie pas de certaines grâces attachées à la « tarîqah ».
Je pense que la tendance qu’ont certains à recourir à ces initiations « limites », vient surtout de ce qu’ils ne trouvent pas, dans ce qui leur est présenté habituellement par les représentants des « turuq », ce qu’ils cherchent après avoir lu R.Guénon et M.Vâlsan. C’est un argument qui peut se comprendre tellement l’« extériorisation » de ces organisations a été poussée loin, au point que cela ressemble à de la propagande. Ils peuvent, de plus, se trouver face à des situations difficiles qui les mettent en porte-à-faux avec ce qu’ils sont. On peut, par exemple, leur déconseiller de continuer à lire R.Guénon, le Scheikh al-Akbar etc.( Ce ne sont pas des cas que j’invente). Quant aux « permissions » et « licences » de toutes sortes permettez moi de vous dire qu’à l’heure actuelle, un européen islamisé qui connaît bien sa tradition peut, en quelques heures être rattaché à un « Scheikh » et devenir en quelques mois, s’il s’y prend bien, « moqaddem » pour un pays européen…(Je ne l’invente pas non plus).
Dans le texte que vous m’avez donné en référence il est évoqué aussi le cas des fonctions transmises par des rites qui doit être totalement dissocié des autres. Tout ce qui a été dit sur les « autorisations » et « licences » reste la règle la plus sûre, mais nul ne peut exclure qu’une fonction se manifeste en dehors de ces règles. Je vous concède qu'il ne faut pas trop insister sur ce genre de cas, tellement cela ouvre la porte à toutes les prétentions et illusions possibles
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muhammadhassan.chadli



Inscrit le: 30 Nov 2008
Messages: 2

MessagePosté le: Dim 30 Nov - 23:10 (2008)    Sujet du message: réponse à KAF 181 Répondre en citant

L'un de mes correspondants vient de m'informer que, dans un message du jeudi 25 septembre, Qâf-181 récuse le fait que  
Citation :
« en principe, tout faqîr, “pauvre”, c’est-à-dire “rattaché” à une organisation initiatique, a le droit de transmettre valablement l’initiation qu’il a reçue lui-même, comme cela arrive quand il n’y a pas de branches organisées sous une forme définie… »

Cela, je l'ai effectivement noté dans mon article sur le Cheikh Salâma Râdî paru dans La Règle d'Abraham (juin 2008, n° 25, âf-181 conclut temporairement :
Cip. 75, n. 88), d’après une mention privée rapportée par Mark Sedgwick (« Traditionalist Sufism », Ariès, no 22, p. 9, Archè, Milano, 1999). S'il ne s'agissait que de critiques concernant mon texte, je me serais abstenu de répondre, chacun étant libre d'adhérer ou non à ce que j'ai écrit. Si je me dois d'intervenir, c'est qu'en réalité Qâf-181 a mis en cause l'enseignement de René Guénon sur une question d'ordre initiatique.

Qâf-181, après avoir insisté sur la très grande importance de cette question relative au droit qu'a tout “rattaché” de transmettre valablement l’initiation qu’il a reçue lui-même, la récuse absolument.

Citation :

« M.Chadli ne doit pas être sans connaître le peu de sérieux des études de cet universitaire, ce qui m'incline à penser qu'il ne s'agit là que d'une preuve documentaire à l'égard d'un fait bien établi et connu de M.Chadli car je sais cette « théorie » très présente dans les milieux vâlsaniens notamment. Or rien n’indique cela, jusqu’à preuve du contraire, dans aucune tradition oral ou écrite des Maîtres du Taçawwouf et surtout pas chez Guénon dont il semble qu’il ai formulé, le dernier, les conditions techniques du rattachement. Cette affirmation est donc, pour moi, fausse et dangereuse et je me dois de présenter, pour les rectifier, ce qu’en à dit Guénon lui-même. Par ailleurs que penser dans cette perspective de la traduction intégrale du rite de rattachement islamique de la Tarîqah Shadhiliyyah Hamidyyah à la fin du même article ?
Mais avant tout, il faut préciser le pendant complémentaire de cette question : M.Chadli indique dans la même note que :

Citation :

« Selon Guénon, ce qui compte essentiellement, en réalité, c’est la chaîne de transmission initiatique (silsila) qui subsiste de toute façon, et non pas la dépendance à l’égard d’une “personne” qui compte, trop souvent de nos jours, sur la fidélité des membres pour son propre avantage. Chaque faqîr, par le dépôt qu’il a reçu, est “héritier” du Cheikh fondateur de la tarîqa à laquelle il appartient. C'est ce qui permet aussi de comprendre aussi que, toujours selon Guénon, un authentique Guide spirituel (Murshid), et n’importe quel initiateur, peuvent bien être, en un certain sens, tout les deux qualifiés de “Maîtres”. »

Qâf-181 conclut temporairement :

Citation :

« Je serai tout à fait d’accord avec tout ceci si M.Chadli n’avait pas dit ce que nous avons cité plus haut, à savoir qu’il n’y a pas besoin d’autorisation spéciale pour transmettre le rattachement et à fortiori un enseignement traditionnel, ce qui est répétons-le faux au regard des critères de la Voie et malhonnête, sur le plan intellectuel, lorsque qu’on reconnaît l’autorité de René Guénon. »

On remarquera que Qâf-181, qui vient de parler de malhonnêteté intellectuelle, se permet de glisser subrepticement une autre idée dont je n'ai pas fait état dans ma note : celle qu’il n’y a pas besoin d’autorisation spéciale pour transmettre « à fortiori un enseignement traditionnel » (c'est moi qui souligne, ici et infra). Ne fournit-il pas là un bel exemple de ce type de malhonnêteté ?

Les lecteurs de ce site ne connaissant pas nécessairement mon article, je me permets d'en reproduire un extrait à la fin de cette intervention : le contexte dans lequel j'ai été amené à rédiger la note qui est en cause apparaîtra ainsi clairement.

Je vais maintenant apporter la preuve de ce que ma note contient.

Qâf-181 est donc en total désaccord avec le principe initiatique que j'ai cité, d’après une mention privée rapportée par Mark Sedgwick. Il parle du « peu de sérieux des études de cet universitaire ». Qâf-181 pense-t-il que je puisse être assez naïf, ou stupide, pour me référer, sur une question aussi importante, à la seule “autorité” du peu sérieux Sedgwick ? Depuis la publication de mon texte, un “vâlsanien” m'a confirmé que, dans une lettre, Guénon avait effectivement indiqué cette possibilité à Vâlsan. Ce “vâlsanien” a ajouté que Guénon signalait alors que si l'aspirant au rattachement initiatique pouvait entrer en contact avec un moqaddem, le représentant d'un Cheikh, cela était préférable par adab, par respect des convenances. Est-ce parce que cette « “théorie” est très présente dans les milieux vâlsaniens » que Qâf-181 ne l'accepte pas ? Savait-il qu'elle provient bien d'une lettre de Guénon à Vâlsan, comme on me l'a dit ?

Comme il s'agit d'un principe d'ordre initiatique, lors de la rédaction de mon article, j'ai tenu à vérifier moi-même à la source la plus sûre. J'ai écrit dans une note que, « dans son abondante correspondance, Guénon a apporté nombre d’éclaircissements concernant des questions relevant du domaine de la technique initiatique, notamment de celle propre au Tasawwuf » (LRA, p. 90, n. 130). C'est évidemment dans cette correspondance que j'ai obtenu personnellement confirmation de ce principe, qui ne me troublait d'ailleurs en aucune façon, car je le trouve en parfait accord avec les autres principes concernant l'initiation que Guénon a étudiés dans ses textes publiés.

Sur cette question relative à celui qui a la capacité de transmettre valablement l'initiation, trois mois avant son décès, René Guénon enseignait :

Citation :

« Il y a plus encore : en principe, tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même ; cela arrive surtout en fait quand, pour une raison ou pour une autre, il n’y a pas de branches organisées sous une forme définie » (lettre du 7 octobre 1950).

Sur le même sujet, à propos de ce qu'il appelait le 25 septembre 2008 un « pseudo-rattachement sans autorisation », Qâf-181 a écrit :

Citation :

« rien n’indique cela, jusqu’à preuve du contraire, dans aucune tradition oral ou écrite des Maîtres du Taçawwouf et surtout pas chez Guénon dont il semble qu’il ai formulé, le dernier, les conditions techniques du rattachement. Cette affirmation est donc, pour moi, fausse et dangereuse et je me dois de présenter, pour les rectifier, ce qu’en à dit Guénon lui-même. »

La preuve du contraire est faite, et c'est Guénon lui-même qui nous la fournie.

Quelques lignes plus loin, Guénon écrivait :

Citation :

« cela montre bien que ce qui importe avant tout est de maintenir la continuité de la silsilah ; […] il n'y a pas d'autre condition de régularité que la transmission ininterrompue de la silsilah. »

Et, toujours dans la même lettre, on peut lire :

Citation :

« Vous voyez donc qu'on ne s'embarrasse pas de tant de subtilités théoriques (et théoriques surtout quand, comme à l'époque actuelle, un véritable Sheikh est quelque chose qui n'existe que d'une façon tout à fait exceptionnelle) ».

Pour savoir ce qu'est « un véritable Sheikh », on se reportera à la traduction du chapitre 181 des Futûhât que Michel Vâlsan a publiée dans les Études Traditionnelles, n° de juil.-oct. 1962 : Ibn ‘Arabî y mentionne dix-sept critères définissant le Maître véritable. J'ai retenu quelques passages de ce chapitre dans l'extrait reproduit plus loin.

L'occasion m'étant donnée, j'ajouterai quelques remarques. Si j'ai cité Sedgwick, c'est qu'il a été le premier, à ma connaissance, à écrire, sur cette question du droit que possède chaque “rattaché” de transmettre valablement l'initiation, quelque chose de juste et de conforme à l'enseignement de Guénon. Comme quoi, même un auteur peu sérieux peut dire la vérité ! A propos de ce principe initiatique, je devais donc le mentionner, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle. Je constate aussi que le nom de cet universitaire a pu jouer chez certains, et pour Qâf-181, une sorte de rôle de “repoussoir”, alors que chez d'autres lecteurs, qui m'en ont fait part, c'est ce principe, et lui seul, qui a retenu leur attention et auquel ils ont adhéré immédiatement.

C'est bien entendu uniquement en tant que transmetteurs de l'initiation, et sous ce rapport exclusivement, que, toujours selon une lettre de Guénon, « un authentique Guide spirituel (Murshid), et n’importe quel initiateur, peuvent bien être, en un certain sens, tous les deux qualifiés de “Maîtres” ». Surajouter la transmission de l'enseignement traditionnel à ce principe initiatique dont parle Guénon, comme le fait Qâf-181, c'est le trahir.

Les « subtilités théoriques » présentes dans l'argumentation de Qâf-181, et qui tendent finalement à opposer Guénon à Guénon, ne sont pas sans présenter quelque parenté avec que l'on trouvait en 2000 sous la signature d'Olivier Courmes (VLT n° 78 et 81). – L'idée saugrenue de retenir pour pseudonyme le nom d'un ancien spirite passé au théosophisme n'était déjà guère de bon augure ! –. Cet “auteur” avait écrit, sur certaines questions d'ordre initiatique relatives à la “transmission” et au “transmetteur”, de fastidieux développements, auxquels étaient ajoutées des allusions passablement obscures concernant des “individus” et des “cas personnels”… Comme pour Qâf-181, si Olivier Courmes s'était référé alors à la correspondance de Guénon, certains “problèmes” qu'il posait, ou hypothèses qu'il avançait, auraient immédiatement trouvé des réponses adéquates, sans la moindre complication inutile.

Outre les principes initiatiques dont Guénon a donné la raison d'être dans les Aperçus sur l'initiation et dans nombre d'articles, celui-ci a donc été amené, par tel ou tel de ses correspondants, à préciser que, dans certains cas, et compte tenu de « l'époque actuelle », d'autres principes d'ordre initiatique devaient être retenus afin d'apporter des solutions “concrètes” à des “situations” nouvelles, ou à des circonstances qui s'imposent à nous, “situations” ou circonstances qui ne se rencontraient pas, ou exceptionnellement, dans les périodes antérieures. Bien entendu, aucun de ces principes initiatiques, “inédits” pour certains, ne saurait entrer en conflit avec les principes que Guénon a étudiés dans ses écrits publiés : en conformité avec la Sagesse, il suffit de mettre chaque chose à sa place pour que d'éventuels désaccords disparaissent.
Alors qu'actuellement plusieurs auteurs, qui se réfèrent pourtant d'une manière ou d'une autre à l'enseignement de Guénon, ont tendance à vouloir “fermer certaines portes”, Guénon, lui, n'a cessé de tenter de vivifier tout ce qui n'était pas totalement “mort”. On lira avec profit les extraits de ses lettres à Schuon (nov. 1946-août 1950) dans Connaissance des Religions, n° 65-66, sur la question de la transmission du Nom suprême de l’ésotérisme musulman, « par des membres d'une organisation islamique », à des maçons non-musulmans (p. 26, lettre du 15 juin 1947). Il est particulièrement important de mettre en évidence que, dans l'extrait que je viens de citer, Guénon parle de « membres d'une organisation islamique », et non de “responsables”, ou de “chargés de fonction”, au sein « d'une organisation islamique » : si les fonctions conservent évidemment leur raison d'être, dans certains cas, même dans le domaine initiatique, il est possible de s'en passer, comme l'enseignait Guénon, qui n'était d'ailleurs pas uniquement un “théoricien” de l'initiation, comme on vient de le voir.
Et pour la question qui nous occupe, celle du droit qu'a tout “rattaché” de transmettre valablement l’initiation, Qâf-181 se conduira-t-il comme l'ont fait, en 2000, pour ce qui concerne l'autre question évoquée dans CDR, Patrick Marcelot, puis André Bachelet, dans Vers la Tradition (n° 83-84, p. 118, et n° 85, p. 72) ? L'un et l'autre, après s'être opposés à une telle transmission, ne semblent pas être revenus sur leurs positions initiales depuis la publication des lettres de Guénon à Schuon en 2002. Ou bien fera-t-il comme Charles-André Gilis qui, en 2004, dans Ordo ab Chao (pp. 67-70), n'a pas tenu compte de ce que Guénon avait pourtant proposé au sujet de cette transmission ? Ou bien, Qâf-181 acceptera-t-il finalement le principe initiatique mentionné par René Guénon selon lequel « tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même » ?


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CHEIKH SALÂMA RÂDÎ

Aperçus biographiques.
Règles “canoniques” de son Ordre.
Son lien avec René Guénon.


Extrait tiré de la partie intitulée : « Les institutions réglementant les organisations initiatiques égyptiennes », et publié dans La Règle d'Abraham, juin 2008, n° 25, pp. 74-76, et n. 85-89.


Citation :

« Aujourd’hui encore, les chefs de tarîqa entretiennent des relations suivies avec les responsables les plus hauts placés dans les hiérarchies politique et administrative du pays, certains de ces responsables étant d’ailleurs le plus souvent membres de leur Ordre. De plus, les chefs des confréries sont désormais « plutôt des administrateurs que des guides spirituels » (85). « La plupart d’entre eux ont leur domicile au Caire, ayant hérité la fonction de chef de confrérie de leur père, en tant que fils aîné, conformément aux articles du règlement de 1905 et de la loi nouvelle ». Sur cette question de la Maîtrise réduite à certains de ses aspects, nous avons aussi le témoignage de René Guénon qui, pendant un peu plus de vingt ans, a pu prendre directement connaissance de ce qui existait en Égypte, tout en sachant, par ses nombreux correspondants, ce qui se passait ailleurs. Il a relevé que, « dans l’initiation islamique, certaines turuq, surtout dans les conditions actuelles, ne sont plus dirigées par un véritable Sheikh capable de jouer effectivement le rôle d’un Maître spirituel, mais seulement par des khulafâ’ qui ne peuvent guère faire plus que de transmettre valablement l’influence initiatique » (86). Depuis la publication du texte de Guénon en 1950, qui reste toujours d’actualité, il faut aussi tenir compte de certaines particularités. Paradoxalement, ce sont les khulafâ’ qui apparaissent maintenant, dans certains cas, comme des instructeurs spirituels : leur réputation, « leur rôle dans l’élaboration et l’application de la voie originale qu’ils propagent, constituent leur force d’attraction principale. […] En général on peut dire que c’est surtout la grande variété sociale et intellectuelle des khulafâ’ des turuq qui détermine celle de la composition sociale des membres des confréries » (87). Malgré cela, combien de ces khulafâ’ sont capables, aujourd’hui, de « faire plus que de transmettre valablement l’influence initiatique » (88) ? Combien sont aptes à guider effectivement dans la voie spirituelle et initiatique les membres des turuq et, pour reprendre certains des critères retenus par Ibn ‘Arabî, « possèdent la méthode d’éducation spirituelle (tarbiyya) et peuvent poursuivre la progression du disciple depuis la condition d’“enfance spirituelle” (tufûla) et d’“adolescence” (shabâb) jusqu’à celle de la maturité (kuhûla) ; savent quand il est opportun de cesser de gouverner la nature individuelle (le tempérament, tabî‘a) du disciple pour régir son intelligence (‘aql) ; comprennent quand le disciple attache foi aux propos mentaux qui lui surviennent subitement (khawâtir) ; […] réunissent tout ce dont a besoin le disciple engagé sur la voie (al-murîd as-sâlik) pendant son éducation (tarbiyya), sa marche initiatique (sulûk) et son processus de dévoilement intuitif (kashf), jusqu’à ce que celui-ci devienne lui-même capable d’assumer le rôle de Maître spirituel » ? (89) »

(85) F. De Jong, « Les confréries mystiques musulmanes au Machreq arabe », p. 208 (pour cette citation et la suivante), dans Les ordres mystiques dans l’Islam, Éditions de l’École Pratique des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris, 1985. La loi de 1976 stipule que « le Cheikh de la tarîqa est le chef spirituel et administratif de la confrérie » (art. 28).
(86) Initiation et Réalisation spirituelle, chap. 24.
(87) F. De Jong, art. cit., pp. 208-209.
(88) D’après une mention privée rapportée par M. Sedgwick (« Traditionalist Sufism », Ariès, no 22, p. 9, Archè, Milano, 1999), en principe, tout faqîr, “pauvre”, c’est-à-dire “rattaché” à une organisation initiatique, a le droit de transmettre valablement l’initiation qu’il a reçue lui-même, comme cela arrive quand il n’y a pas de branches organisées sous une forme définie. Selon Guénon, ce qui compte essentiellement, en réalité, c’est la chaîne de transmission initiatique (silsila) qui subsiste de toute façon, et non pas la dépendance à l’égard d’une “personne” qui compte, trop souvent de nos jours, sur la fidélité des membres pour son propre avantage. Chaque faqîr, par le dépôt qu’il a reçu, est “héritier” du Cheikh fondateur de la tarîqa à laquelle il appartient. C’est ce qui permet de comprendre aussi que, toujours selon Guénon, un authentique Guide spirituel (Murshid), et n’importe quel initiateur, peuvent bien être, en un certain sens, tous les deux qualifiés de “Maîtres”.
(89) Ibn ‘Arabî, Futûhât, chap. 181, « La vénération des Maîtres spirituels », trad. Michel Vâlsan, Études Traditionnelles, n° de juil.-oct. 1962, p. 168.
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MYL



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MessagePosté le: Lun 1 Déc - 22:24 (2008)    Sujet du message: Sur la fonction de transmetteur. Répondre en citant

M. muhammadhassan.chadli,

Vous oubliez le "en principe" qui vient bien apporter une restriction ou une condition, ou tout du moins, nous indique que c'est là une possibilité potentielle. D'autre part, la simple citation de cette phrase ne suffit pas, puisqu'elle est retirée de son contexte.

Cette phrase n'est pas sans en rappeler une autre, que tout le monde pourra bien consulter dans son contexte, extraite du chapitre "De la transmission initiatique" des Aperçus sur l'initiation

<< Si, pour nous faire mieux comprendre encore, nous nous référons plus particulièrement au cas du Christianisme dans l'ordre religieux, nous pourrons ajouter ceci : les rites d'initiation, ayant pour but immédiat la transmission de l'influence spirituelle d'un individu à un autre qui, en principe tout au moins, pourra par la suite la transmettre à son tour, son exactement comparables sous ce rapport à des rites d'ordination (I) ; et l'on peut même remarquer que les uns et les autres sont semblablement susceptibles de comporter plusieurs degrés, la plénitude de l'influence spirituelle n'étant pas forcément communiquée d'un seul coup avec toutes les prérogatives qu'elle implique, spécialement en ce qui concerne l'aptitude actuelle à exercer telles ou telles fonctions dans l'organisation traditionnelle (2).

(I) Nous disons "sous ce rapport" car, à un autre point de vue, l'initiation première, en tant que "seconde naissance", serait comparable au rite du baptême ; il va de soi que les correspondances que l'on peut envisager entre des choses appartenant à des ordres aussi différent doivent être forcément assez complexes et ne se laissent pas réduire à une sorte de schéma unilinéaire.
(2) Nous disons "aptitude actuelle" pour préciser qu'il s'agit ici de quelque chose de plus que la "qualification" préalable qui peut être désignée aussi comme une aptitude ; ainsi, on pourra dire qu'un individu est apte à l'exercice des fonctions sacerdotales s'il n'a aucun des empêchements qui en interdisent l'accès, mais il n'y sera actuellement apte que s'il a reçu effectivement l'ordination. Remarquons aussi, à ce propos, que celle ci est le seul sacrement pour lequel des "qualifications" particulières soient exigées, en quoi elle est encore comparable à l'initiation, à la condition, bien entendu, de toujours tenir compte de la différence essentielle des deux domaines exotérique et ésotérique. >>



Il est une chose que d'être apte, en principe, à transmettre l'initiation, et il en est une autre que d'être actuellement apte à le faire. Et s'il est évident que l'on peut théoriquement transmettre ce qu'on a reçu, on ne le pourra sans autorisation. Cette autorisation, dans les turuq islamiques, est bien existante et personne ne s'auto-investi ! Remarquons aussi que l'absence d'interdiction ne vaut pas autorisation.

Guénon écrit par ailleurs, dans ce même chapitre :

<< (...) ce rite (Note MYL : le rattachement initiatique) n'en aura pas moins son plein effet si, étant régulièrement investi de la fonction de "transmetteur", il l'accomplit en observant toutes les règles prescrites, et avec une intention que suffit à déterminer la conscience de son rattachement à l'organisation traditionnelle. >>

Et un peu plus loin :

<< Par contre, la connaissance même complète d'un rite, si elle a été obtenue en dehors des conditions régulières, est entièrement dépourvue de toute valeur effective ; c'est ainsi, pour prendre un exemple simple (puisque le rite s'y réduit essentiellement à la prononciation d'un mot ou d'une formule), que, dans la tradition hindoue, le mantra qui a été appris autrement que de la bouche d'un guru autorisé est sans aucun effet, parce qu'il n'est pas "vivifié" par la présence de l'influence spirituelle dont il est uniquement destiné à être le véhicule. >>

Tout lecteur déduira donc que, l'initié, potentiellement apte à transmettre l'influence spirituelle, ne le pourra que s'il a été dument autorisé par l'organisation initiatique à laquelle il appartient, et investi régulièrement de la fonction de transmetteur.

Pour éclaircir un peu plus tout cela, je vous renverrais, si vous le voulez bien, à la lecture des chapitre des Aperçus sur l'initation et Initiation et réalisation spirituelle, traitant de la transmission initiatique.

De tout les écrits de Guénon, parus et accessible à tous, je n'ai rien vu qui puisse justifié ce que vous dites, puisqu'il précise clairement qu'il faut être investi régulièrement, par l'organisation initiatique à laquelle on appartient, d'une fonction qui autorise la transmission de l'influence spirituelle. Et s'il n'y a pas d'impossibilité de principe à ce que l'initié initie, il n'y en a pas moins une impossibilité de fait, en ce sens que cela est contraire à l'ordre établi et aux conditions actuelles de cette transmission. Le contenu des correspondances que vous mentionnez viendrait donc infirmer ce qui a été publié ? S'il est bien clair qu'il n'est nul besoin d'un "véritable sheikh" pour que cette transmission se fasse, cela n'enlève pas la condition de l'autorisation que doit avoir le transmetteur. Et si ce qui importe avant tout est de maintenir la continuité de la silsilah, cela n'enlève pas le fait que ça ne dépend pas de velléité individuelle non-autorisée. La production complète de cette lettre est donc plus que nécessaire pour appuyer vos arguments, ainsi que les autres dont vous parlez.

Il serait quand même surprenant, que sur un point aussi essentiel que celui-ci, R.Guénon ai dit dans ses publications qu'il faille être régulièrement investi de cette fonction de transmetteur pour initié, et qu'il ai dit dans ses correspondances privées qu'en fait cela ne serait pas nécessaire...

Sans doute, n'est-ce au fond qu'une confusion de ce qui est potentiel et ce qui est manifeste. Quoiqu'il en soit, il n'est pas recevable d'accepter un argument s'appuyant sur des textes non-publiés, quand ce qui l'est nous dit autre chose. Et si vous avez fait l'effort de nous faire figurer une phrase de la plume de R.Guénon, vous savez comme moi que parfois, d'une phrase tiré de son contexte, on fait dire ce que l'auteur ne disait pas. (Bien qu'ici, le "en principe", apporte une condition que vous ne relevez pas, et qui va dans le sens de ce qui fut publié).

Auriez-vous donc la possibilité de nous rendre accessible le texte dans son intégralité ainsi que tous ceux où vous auriez vu ce que vous affirmez, que chacun puisse juger ? Noter que je ne mets pas là en doute votre intégrité ni votre conviction, mais, jusqu'à preuve du contraire, c'est bien sur les écrits d'un auteur qu'on s'appuie pour savoir ce qu'il dit, et non pas sur la compréhension qu'en ont eu certains.
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Nil sine numine


Dernière édition par MYL le Mar 2 Déc - 21:08 (2008); édité 2 fois
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QAF_181



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MessagePosté le: Lun 1 Déc - 22:58 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Salutations traditionnelles à tous,

Merci cher MYL de vos opportunes considérations. Je suis heureux de voir que ma compréhension de cette question ne diffère guère de la vôtre et s'accorde même en tout point.
 

Mr Chadli,

Il est vrai que votre intervention en réaction à mon message du jeudi 25 septembre appellerait un certain nombre de remarques.  Mais il me semble cependant préférable, pour l’instant du moins, de me limiter à l’essentiel. 
 
Le passage que vous m'opposez n’apporte en effet rien de plus à ce que Guénon expose lui-même dans ses Aperçus sur l’initiation, lorsqu’il explique que les «rites d’initiation» ont « pour but immédiat la transmission de l’influence spirituelle d’un individu à un autre qui, en principe tout au moins, pourra par la suite la transmettre à son tour »... Cette notion de principe, correspondante à celle exposée dans l’extrait de la lettre présentée par vous-même, se trouve cependant amendé plus loin dans le même article, (ce passage ayant été initialement cité dans mon message et rappelé par MYL) : « Dans de telles conditions , il est facile de comprendre que le rôle de l’individu qui confère l’initiation à un autre est bien véritablement un rôle de « transmetteur », au sens le plus exacte de ce mot ; il n’agit pas en tant qu’individu, mais en tant que support d’une influence qui n’appartient  à l’ordre individuel ; il est uniquement un anneau de la « chaîne » dont le point de départ est en dehors et au-delà de l’humanité. C’est pourquoi il ne peut agir en son propre nom, mais au nom de l’organisation à laquelle il est rattaché et dont il tient ses pouvoirs, ou, plus exactement encore, au nom du principe que cette organisation représente visiblement. Cela explique d’ailleurs que l’efficacité du rite accompli par un individu soit indépendante de la valeur de cet individu comme tel, ce qui est vrai également pour les rites religieux ; et nous ne l’entendons pas au sens « moral », ce qui serait trop évidemment  sans importance dans une question qui est en réalité d’ordre exclusivement « technique », mais en ce sens que, même si l’individu considéré ne possède pas le degré de connaissance nécessaire pour comprendre le sens profond du rite et la raison essentielle de ses divers éléments, ce rite n’en aura pas moins son plein effet si, étant régulièrement investi de la fonction de « transmetteur », il l’accomplit en observant toutes les règles prescrites et avec une intention que suffit à déterminer la conscience de son rattachement à l’organisation traditionnelle». R.Guénon A.I.
 
 
Ni les autres extraits ni la fin de la citation manuscrite « cela arrive surtout en fait quand, pour une raison ou pour une autre, il n’y a pas de branches organisées sous une forme définie » n’apportent de précision sur ce point, c'est-à-dire la nécessité d’une telle investiture pour que cette transmission ai lieu régulièrement alors que cette condition apparaît à plusieurs reprises dans l’œuvre publique de Guénon. 
 
 Ainsi donc tant qu'il n'y aura sur ces questions, qu'une présentation partielle des références épistolaires fournies, ne répondant pas à cette question cruciale, je ne pourrais accepter ce principe "initiatique" selon lequel « tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même » et je continuerai à considérer, en l’absence d’autorisation régulière, que dans un tel cas «  à défaut de filiation régulière, la transmission de l'influence spirituelle est impossible et inexistante, si bien que, en pareil cas, on n'a affaire qu'à une vulgaire contrefaçon de l'initiation. » (R. Guénon AI).

Bien sûr, je ne pourrai que reconsidérer tout cela s'il était formellement  précisé quelque part par R.Guénon lui-même qu'une telle transmission puisse être envisagée sans autorisation et que vous ou un autre puisse m’en fournir la preuve patente.

Bien à vous,

Qâf_181


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"Quli'Llah..." (Coran VI, 91)
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phalegtani
Invité





MessagePosté le: Lun 15 Déc - 02:01 (2008)    Sujet du message: Sur l'Initiation Répondre en citant

Je ne sais trop à qui je dois répondre, mais je voudrais faire une remarque assez simple : lorsque Guénon affirme qu'en principe, tout faqîr a le droit de transmettre l'initiation qu'il a reçue lui-même; cela arrive surtout en fait quand, pour une raison ou pour une autre, il n'y a pas de branche organisée sous une forme définie ..., je me demande si, à l'heure actuelle, on peut considérer qu'il n'y a pas "de branche organisée sous un forme définie".
Ceux qui le prétendent ne témoignent-ils pas seulement d'une volonté d'indépendance ?
Ce n'est pas tant leur cas qui m'interpelle, mais ceux qu'ils pourraient être amenés à induire en erreur, car il est toujours incommensurablement plus confortable de se soumettre à un Cheikh authentique qu'à un pseudo maître.
D'ailleurs, il me semble que, en ce qui concerne la correspondance de Guénon, il y a lieu de tenir compte du contexte dans lequel elle a été rédigée, car la situation n'est plus tout-à-fait la même aujourd'hui qu'à l'époque de Schuon.
Je ne reviendrai pas ici sur l'hypothèse absurde qui voudrait considérer comme une "fermeture de porte" la non-reconnaissance de la possibilité de transmettre le Nom Allâh à des nons-musulmans, car je viens d'échanger sur ce point avec as-samarkandi sur le fil Guénon et Guénoniens, mais les arguments avancés par M. Chadli n'envisagent les choses que du point de vue de l'islam et, en attendant qu'on me livre une citation précise où Guénon envisage explicitement la transmission de ce Nom, j'affirme qu'il s'agit d'une "chute dans le bourbier".
Et je doute fort que le peu de maçons susceptibles d'accepter ce genre de "mélange de forme" soient très représentatifs de la Maçonnerie.
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muhammadhassan.chadli



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MessagePosté le: Jeu 25 Déc - 16:18 (2008)    Sujet du message: Re: tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation Répondre en citant

Citation I :

« les rites d’initiation, [ont] pour but la transmission de l’“influence spirituelle” d’un individu à un autre qui pourra par la suite la transmettre à son tour » (« De la transmission initiatique », Le Voile d'Isis, décembre 1932, p. 742, 7 rajab 1351 H.).

Citation II :

« les rites d’initiation, [ont] pour but immédiat la transmission de l’influence spirituelle d’un individu à un autre qui, en principe tout au moins, pourra par la suite la transmettre à son tour » (Aperçus sur l'initiation, chap. 8, « De la transmission initiatique », p. 56, 1946).

Citation III :

« Il y a plus encore : en principe, tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même ; cela arrive surtout en fait quand, pour une raison ou pour une autre, il n’y a pas de branches organisées sous une forme définie » (lettre de René Guénon du 7 octobre 1950).

Citation IV :

« en principe, tout faqîr, “pauvre”, c’est-à-dire “rattaché” à une organisation initiatique, a le droit de transmettre valablement l’initiation qu’il a reçue lui-même, comme cela arrive quand il n’y a pas de branches organisées sous une forme définie… » (La Règle d'Abraham, juin 2008, n° 25, p. 75, n. 88, d’après une mention privée rapportée par Mark Sedgwick).

Dans ces quatre citations, il s'agit de l'initiation, c'est-à-dire de la transmission de l’influence spirituelle d’un individu à un autre qui pourra par la suite la transmettre à son tour.

La Citation I est donnée à titre documentaire : ce qui la distingue des trois autres, c'est que l'expression « en principe » n'y figure pas. C'est aussi ce qui explique l'intérêt qu'on peut accorder à cette citation.

La Citation II, et une partie du début de la III, sont formellement proches l'une de l'autre, et semblables, si ce n'est identiques quant au sens :
II : « les rites d’initiation, [ont] pour but immédiat la transmission de l’influence spirituelle d’un individu à un autre qui, en principe tout au moins, pourra par la suite la transmettre à son tour » ;

III : « en principe, tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même ».

La compréhension véritable de ces citations doit nous permettre de les interpréter correctement et de répondre à la question suivante, qu'on pourrait formuler ainsi : faut-il toujours être régulièrement investi d'une fonction pour transmettre l'initiation ? Ou ainsi : celui qui transmet l'initiation a-t-il toujours besoin d'une “autorisation” pour rattacher ?

Les Citations I et II sont extraites de : « De la transmission initiatique ». Dans cet article, comme plus tard dans le chapitre, la fonction de “transmetteur” s'inscrit dans un contexte auquel le lecteur se reportera : Le Voile d'Isis, 1932, pp. 744-745 ; Aperçus sur l'initiation, pp. 58-59.
A propos de la fonction de “transmetteur”, cf. aussi Aperçus sur l'initiation, pp. 284-285 et Initiation et Réalisation spirituelle, p. 164 et p. 168, n. 2.

Si l'on veut illustrer ce que Guénon enseigne dans ces passages en l'appliquant à une organisation initiatique islamique régulière et hiérarchiquement constituée, on pourrait dire que, si en principe tout au moins, la transmission de l’influence spirituelle d’un individu à un autre, qui pourra par la suite la transmettre à son tour, est possible, une telle transmission restera toutefois “en puissance”, sans pouvoir s'actualiser, puisque, dans une tarîqa, seul un Cheikh, ou l'un de ses représentants, est régulièrement investi de la fonction de "transmetteur". Pour que les rites du rattachement initiatique aient leur effet, la condition nécessaire et suffisante est qu’ils soient accomplis par ceux qui ont qualité pour les accomplir.

De là, dans une organisation initiatique islamique régulière et hiérarchiquement constituée, il faut toujours être régulièrement investi d'une fonction pour transmettre l'initiation, celui qui transmet l'initiation ayant toujours besoin d'une “autorisation” (idhn) pour rattacher.

Maintenant, regardons de près la Citation III tirée d'une lettre de René Guénon, datée du 7 octobre 1950. Son contexte, immédiatement précisé par Guénon lui-même, est radicalement différent de celui dont il vient d'être question : il y est fait état de l'absence « de branches organisées sous une forme définie ». C'est ce que l'on rencontre, par exemple, quand un Cheikh est mort sans avoir désigné son successeur ; ou bien, quand un Cheikh et son représentant décèdent ; ou bien, comme l'évoque aussi Guénon dans sa lettre du 3 octobre 1950, « après tous les bouleversements qui se sont produits » dans de très nombreux pays, consécutivement à la Seconde Guerre mondiale, etc. Ainsi, dans une tarîqa, quand personne n'est régulièrement investi de la fonction de "transmetteur", ou que le régime de la succession héréditaire n'est pas retenu, cette tarîqa risque inéluctablement de disparaître plus ou moins rapidement, puisqu'elle n'est désormais constituée que de fuqarâ' et d'aspirants au rattachement initiatique.

C'est là où le principe selon lequel « tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même » peut légitimement, selon Guénon, “s'actualiser”, alors que dans le cas des Citations I et II il ne restait qu'“en puissance”, étant en quelque sorte “inutile”. Guénon ajoute tout de suite que « cela arrive surtout », ce qui prouve que l'absence « de branches organisées sous une forme définie » n'est pas une fiction purement théorique, mais s'est déjà produite dans l'histoire du Soufisme, et qu'on a remédié à cette carence grâce au principe initiatique : « tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même ». De plus, on remarquera que l'adverbe « surtout » montre que Guénon connaissait aussi d'autres cas, même s'il ne les a pas mentionnés alors.

De là, dans une organisation initiatique islamique, mais non « organisée sous une forme définie » et dépourvue de "transmetteur" investi de cette fonction, « tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même », le simple fait d'être rattaché valant “autorisation” (idhn) pour rattacher.

Si la branche initiatique compte un nombre suffisant de membres, l'assemblée (shûrâ) que ces derniers constituent est tout à fait habilitée à désigner, sous quelque forme que ce soit, un représentant autorisé (wakîl) qui sera alors investi de la fonction de "transmetteur". Les fuqarâ' abandonnent ainsi leurs prérogatives de "transmetteur", cette fonction étant désormais déléguée à un seul d'entre eux. Mais ce n'est pas exactement le cas que Guénon a en vue dans sa lettre du 7 octobre 1950, puisque nous avons affaire, dans le cas retenu dans ce paragraphe, à une branche encore relativement « organisée sous une forme définie ».

Par contre, si la branche en question est constituée seulement de quelques éléments, ou de membres disséminés ou isolés, chaque « faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même ». Il ne s'agit d'ailleurs aucunement d'une sorte d'“auto-investiture”, comme certains pourraient se l'imaginer, mais bien de l'actualisation d'un « droit » – « tout faqîr a le droit », écrit Guénon – nécessitée par les circonstances qui s'imposent à nous, à savoir le principe initiatique rappelé par Guénon dans sa lettre.

Il faut insister sur ce qu'il y aurait d'inapproprié à vouloir appliquer à une branche non organisée sous une forme définie les principes initiatiques régissant une tarîqa traditionnellement organisée et hiérarchiquement structurée. Dans celle-ci, il y a nécessairement au moins quelqu'un d'investi dune fonction et possédant une autorisation (idhn) ; on ne trouve évidemment rien de tel dans celle-là. Chaque situation est régie par des principes initiatiques qui lui conviennent, par une sorte de “logique interne” propre à chaque “domaine de juridiction”, et il faut accorder à chaque réalité le droit qui lui revient. On ne saurait donc juger le cas de la transmission dans les branches non organisées sous une forme définie en fonction des principes concernant ce qui se rapporte à la fonction de “transmetteur” dans une organisation initiatique, fonction au sujet de laquelle Guénon a écrit plusieurs pages : cf. Le Voile d'Isis, 1932, pp. 744-745 ; Aperçus sur l'initiation, pp. 58-59 ; pp. 284-285, et Initiation et Réalisation spirituelle, p. 164 et p. 168, n. 2.

Et pour les deux cas qui nous intéressent, il n'est pas inutile de rappeler que chaque faqîr, par le dépôt qu’il a reçu, est “héritier” du Cheikh fondateur de la tarîqa à laquelle il appartient. C’est ce qui permet de comprendre aussi que, toujours selon Guénon, en tant que transmetteurs de l'initiation, et sous ce rapport exclusivement, un authentique Guide spirituel (Murshid) dans une tarîqa hiérarchiquement structurée, et n’importe quel initiateur dans une branche non organisée sous une forme définie, peuvent bien être, en un certain sens, tous les deux qualifiés de “Maîtres”.

On constate d'autre part que l'expression « en principe », utilisée par Guénon dans les Citations II et III, qui sont d'ailleurs formellement proches l'une de l'autre, n'a pas du tout la même signification dans les deux phrases concernées. Dans la Citation II, « en principe tout au moins » appelle en fait une restriction, induite par la locution « tout au moins ». C'est effectivement ce qui a lieu, comme on l'a vu précédemment, la “capacité juridique” de transmettre le rattachement restant “en puissance” pour l'ensemble des fuqarâ', dans une organisation initiatique islamique régulière et hiérarchiquement constituée, cette capacité étant réservée au Cheikh et à ses représentants.

Par contre, dans la Citation III, l'expression « en principe » est précédée par « Il y a plus encore », et se trouve bientôt renforcée par « cela arrive surtout en fait » : autant d'éléments confirmant que chaque faqîr peut transmettre le rattachement initiatique, « surtout » quand certaines circonstances se rencontrent, notamment celle concernant l'absence « de branches organisées sous une forme définie ».

On pourrait reprendre ici l'adage : nécessité fait loi, qui prouve « qu'on ne s'embarrasse pas de tant de subtilités théoriques » quand les faits et les circonstances nous y contraignent. Dans le second cas qui nous intéresse, c'est donc la qualité de faqîr, “pauvre”, c’est-à-dire de “rattaché” à une organisation initiatique, qui est la condition nécessaire et suffisante pour que le rattachement soit traditionnellement valide. Il faut le répéter : cela s'est déjà produit dans le Tasawwuf, et Guénon se contente de rappeler ce qui est légitimement possible de faire en l'occurrence. Il s'agit en tout cela des possibilités d’adaptation aux circonstances qui, « en tout cas, sont limitées par la condition de ne pas porter atteinte aux moyens par lesquels sont assurées la conservation et la transmission de l’influence spirituelle dont l’organisation considérée est dépositaire » (Aperçus sur l'initiation, p. 41). Ce qui importe donc, quand les fuqarâ' d'une tarîqa ne forment plus de groupes constitués, c'est uniquement la continuité de la “chaîne” initiatique (silsila), la transmission sans interruption.

On se souviendra d'autre part que Guénon enseignait que la transmission d'une formule incantatoire (mantra, dhikr) devait être uniquement faite par un Maître autorisé (Guru, Sheikh) pour que celle-ci soit effectivement “vivifiée” (cf. notamment Le Voile d'Isis, 1932, pp. 745-747 ; Aperçus sur l'initiation, pp. 59-60). Or, se plaçant dans la perspective d'une “revivification opérative” de la Maçonnerie, Guénon a justifié, à propos « de l'invocation d'un Nom divin et de la façon dont celui-ci pourrait être “donné” pour que cette invocation soit pleinement valable », « la communication du Nom […] par des membres d'une organisation islamique »« par des membres », et non pas exclusivement par un Cheikh ou par quelque titulaire d'une fonction (lettre à Schuon du 15 juin 1947, Connaissance des Religions, n° 65-66, pp. 25-26 et 35). Par cet exemple, Guénon prouve que, dans certaines circonstances, la transmission d'un dhikr, par des fuqarâ' ne possédant pas de fonction au sein d'une tarîqa, à des maçons non-musulmans, est parfaitement conforme à certains principes initiatiques dont il n'a pas fait état publiquement, et rend « pleinement valable » l'invocation “donnée”.

C'est donc bien pour préserver et maintenir en vie ce qui peut l'être, dans une tarîqa dépourvue de Cheikh, ou de "transmetteur" régulièrement investi, que « tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même ». Dans bien des cas relevant du domaine initiatique, cas qui lui étaient soumis par ses correspondants, Guénon n'a cessé d'apporter des solutions “concrètes” visant à vivifier tout ce qui n'était pas totalement “mort”. Ces aspects de sa fonction “vivifiante” ou “vivificatrice” nous semblent devoir être mis en relation avec son nom de rattachement, Yahyâ ; mais il faudrait une autre occasion pour mettre en évidence ce que nous suggérons ici.

Tout ce qui précède permet de comprendre que, dans le cas où « il n’y a pas de branches organisées sous une forme définie »« tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même ». Avant de poser ce principe initiatique dans sa lettre du 7 octobre 1950, Guénon a dû affirmer un autre principe qui était alors contesté par certains. Ce principe concerne le cas d'une organisation initiatique islamique régulière et hiérarchiquement constituée. Il le mentionnait en ces termes : « quand un moqaddem devient le chef d'une branche indépendante, il y remplit en fait la fonction de Sheikh, ce qui implique notamment la possibilité pour lui de nommer à son tour d'autres moqaddems ; […] du reste, s'il n'en était pas ainsi, il y a bien des turuq qui seraient éteintes depuis longtemps. » Il poursuivait immédiatement : « Il y a plus encore »… Et après la Citation III, Guénon revenait sur l'exemple qu'il avait donné dans sa précédente lettre, à savoir celui se rapportant à des fuqarâ', après la Seconde Guerre, « et d'ailleurs, même avant cela, ils ne formaient déjà plus de groupes constitués et la transmission ne se faisait qu'individuellement » (lettre du 3 octobre). Il concluait, le 7 octobre: « cela montre bien que ce qui importe avant tout est de maintenir la continuité de la silsilah ».

Dans le même ordre d'idées, nous citerons aussi le témoignage d'un membre de la branche initiatique constituée par le Cheikh Aïssa (Frithjof Schuon). Dans sa lettre du 11 mars 1946, ce faqîr faisait état de ses relations avec des fuqarâ' alawites vivant à Paris et dans la région parisienne, ainsi qu'avec un personnage qui se présentait comme étant leur moqaddem. Les prétentions de celui-ci à cette fonction de représentant du Cheikh Adda étaient sérieusement contestées par la plupart des alawites, ces derniers le considérant plutôt comme un pseudo-moqaddem. Notre témoin écrit alors, à propos des alawites : « ils m'ont précisé que n'importe quel faqîr peut rattacher quelqu'un en le faisant au nom du Sheikh Addah : il y aurait là une disposition d'ordre général ».

Pour terminer ces quelques notes, rappelons qu'à la fin de sa vie, Guénon enseigne dans une lettre, puisqu'il n'avait pas eu l'occasion de le faire dans ses écrits publiés, que « tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même ; cela arrive surtout en fait quand, pour une raison ou pour une autre, il n’y a pas de branches organisées sous une forme définie ». Ainsi, outre les principes initiatiques dont Guénon a donné la raison d'être dans les Aperçus sur l'initiation et dans nombre d'articles, celui-ci a-t-il apporté dans plusieurs de ses lettres bien des éclaircissements concernant des questions relevant du domaine de la technique initiatique, notamment de celle propre au Tasawwuf. Il a aussi été amené, par tel ou tel de ses correspondants, à préciser que, dans certains cas, et compte tenu de « l'époque actuelle », d'autres principes d'ordre initiatique devaient être retenus afin d'apporter des solutions “concrètes” à des “situations” nouvelles, ou à des circonstances qui s'imposent à nous, “situations” ou circonstances qui ne se rencontraient pas, ou exceptionnellement, dans les périodes antérieures. Bien entendu, aucun de ces principes initiatiques, “inédits” pour certains, ne saurait entrer en conflit avec les principes que Guénon a étudiés dans ses écrits publiés : en conformité avec la Sagesse, il suffit de mettre chaque chose à sa place pour que d'éventuels désaccords disparaissent.

De là, le principe initiatique selon lequel « tout faqîr a le droit de transmettre valablement l'initiation qu'il a reçue lui-même », lorsqu'il est actualisé dans des « branches [non] organisées sous une forme définie », permet-il d'obtenir le rattachement à une organisation initiatique. Plus exactement encore, quand on en a de part et d'autre conscience et intention – c'est-à-dire chez le faqîr qui transmet et chez celui qui reçoit – il permet d'obtenir le rattachement au principe que cette organisation représente visiblement, et de recevoir la baraka d'un Cheikh défunt, baraka que certains, aspirants au rattachement ou déjà rattachés à telle ou telle branche, souhaitent obtenir pour des raisons qui leur sont propres. Et, comme dans d'autres cas, la baraka de ce Cheikh défunt « peut fort bien, tout au moins pour des individualités particulièrement bien douées, et en vertu de ce simple rattachement à la silsilah, suppléer à l’absence d’un Sheikh présentement vivant » (Initiation et réalisation spirituelle, p. 189, n. 1).


M. H. Chadli


Lettre de René Guénon du 7 octobre 1950, p. 8.
Les passages concernant des personnes ont été effacés.


Dernière édition par muhammadhassan.chadli le Jeu 25 Déc - 17:01 (2008); édité 2 fois
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:15 (2017)    Sujet du message: Sur l'Initiation

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