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Politique et Modernité

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Tradition et Modernité Index du Forum -> Forums -> Actualités et Problèmatiques Contemporaines
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ALM
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Inscrit le: 21 Juin 2008
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MessagePosté le: Mar 1 Juil - 16:07 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

En soi, la perspective traditionnelle tient l'idée de hiérarchie pour principe intangible ; elle considère les différences humaines comme indications naturelles d'une distinction fonctionnelle. Tout le monde peu ainsi observer que ce genre de société est partout structuré en castes, ordres, strates. L'explication immédiate de ce mode peut se définir comme suit : une société traditionnelle est une société qui n'existe pas pour elle-même, ayant pour fondement un, voire plusieurs principes transcendants qu'elle tient pour finalité. Pour employer la terminologie en vogue, disons que les sociétés traditionnelles sont essentiellement théo-cratiques et hiérarchiques, cela dans la mesure où le sacré est précisément la source de la constitution (hieros= sacre). Dieu(x) étant la référence, tout s'y articule en fonction. La parole du Coran ''le meilleur d'entre vous est celui qui est le plus proche de Dieu'' (proche, c'est a dire savant et pieux) illustre parfaitement le mode de gouvernement que nous décrivons.

En politique, cette orientation reçue le nom de "Droite" (cf 1789). Celle-ci représente, essentiellement, la conservation pratique des principes pré-mentionnés. Etre de droite, c'est affirmer l'esprit sur les évolutions matérielles et la hiérarchie sur le social. C'est prôner le maintient, ad vitam eternam , de traditions ancestrales contre les velléités de tabula rasa. Etre de droite c'est encore poser qu'une politique est juste (pléonasme...) quand elle adapte, pas quand elle abdique : c'est en réalité voir l'Homme comme Lieu-tenant du divin sur Terre.

La gauche représente pour sa part le refus de la hiérarchie, le libéralisme. Etre de gauche c'est prôner l'homme-centre contre le Dieu-centre, chose communément appelée "humanisme" ; c'est affirmer que tout évolue, et doit évoluer, invoquant en cela le "progrès" ; c'est, en conséquence, louer démo-cratisme et relativisme.

Cette opposition, en France, a vue le jour au XIVème siècle avec Philippe le Bel, premier représentant de ce qu'il est convenu de nommer le "primat temporel". Elle s'est ensuite développée durant l'essor protestant, avec l'étendard du "libre-examen", puis s'est cristallisee à l'époque révolutionnaire (Lumières vs de Bonald, de Maistre). Peu de temps après, plus d'opposition et retour, à l'inverse, à la situation du haut moyen-âge : oppositions internes. ( De Benoist affirme, dans Vu de droite , que la relativité du point de vue est importante à souligner. Dans une opposition interne, telle idée tend à droite, telle autre à gauche ; aux époques pré-citées, elles sont donc finalement toutes de droite, ou toutes de gauche.) On l'aura compris, c'est la modernité même qui est à gauche: "le modernisme est un gauchisme".

Si, comme je le pense, la modernité est seulement un concept social, ou sociétal plutôt, comment alors envisager la question du "Progrès"? Observons un instant l'histoire des Chinois, des Grecs... regardons les Egyptiens ou les Arabes. Ne sont-ils pas nos ''maîtres'' en sciences expérimentales? La vérité sur ce point est donc double: tant que la science est orientée vers le Sacré, c'est le temps et l'intelligence que l'on doit reconnaître comme facteurs d'avancées matérielles ; mais quand son objet est l'homme, lisez l'individu, la science fait de bien dangereux bonds. Peut-on décemment penser que l'homme, traditionnel, serait passé ''à coté'', et cela pendant des millénaires, de ce que l'homme moderne a mit quelques siècles a trouver? Non bien sûr, car en réalité, l'homme traditionnel avançait dans un sens, mettant en cela "de coté" certaines choses ; il n'approfondissait pas certaines investigations (empiriques), car il en connaissait les contre-coups. "Sagesse n'est pas fougue" dit le proverbe. La science moderne est donc un résidu de la science traditionnelle, et c'est vérifiable en tous points.

Cette digression terminée, constatons que le modernisme demeure uniquement un concept social, ou sociétal. Tout concept doit faire ses preuves, sans quoi il s'effondre ; quelles sont-elles ici, si ce n'est négatives. D'un strict point de vue ''utilitaire'' et fonctionnel, force est donc de constater l'abîme séparant les sociétés dites "du temps longs'', ou traditionnelles, et les sociétés modernes : une stabilité prépondérante et d'épisodiques tensions (soyons attentifs à l'échelle) face à d'épisodiques accalmies et des instabilités grandissante. Ce constat est aussi bref qu'important.

Résumons en disant que, dans le monde actuel, la gauche est partout où la tradition n'est pas, et que les clivages d'aujourd'hui sont relatifs au "lumineux" postulat d'hier.

Remarques incidentes :

- On peut constater qu'à bien des endroits "nation" et "nationalisme" sont identifiés comme des concepts de droite, ce qui est rigoureusement faux. La nation, le ''vivre ensemble'', est un projet de société, visant à regrouper une communauté sous une même bannière ''idéale'' (ou plutôt idéelle) crée de toutes pièces. L'exemple type de pareil projet est incarné d'un côté par la France laïque et assimilatrice, et de l'autre par le modèle dit du ''salad bowl'' nord-américain. Dans les deux cas l'amalgame culturel supplante les traditions, et donne lieu à cette manifeste uniformité qui gagne le monde. A contrario , la patrie. Etymologiquement, ''Terre des Pères'', elle comprend des hommes issus d'une même famille (au sens large) et de tradition commune, cela depuis la sédentarisation générale des peuples. Qu'on le veuille ou non donc, la nation est la mère du métissage forcé (le père s'appellant Libéralisme), et est justement apparue en réaction à la patrie ; quand l'une commençait à grandir, l'autre agonisait. Il faut noter que le lien logique entre la patrie et la nation, c'est l'idée d'empire. Tout empire se distingue naturellement par un centre et une périphérie ; si la majorité des anciens empires (arabe, chinois, alexandrin, perse, et romain dans une certaine mesure) permettaient la survie des patries, et cela en les réunissant précisément de manière "supra-nationale", l'impérialisme moderne fonctionna, lui, à-rebours. On le sait, le nationalisme fut la cause directe du morcellement du monde, et tout ceci n'est pas innocent, car ''diviser, pour mieux régner '' est un adage aussi connu qu'efficace. L'idée de patrie, de tradition, ou de conservatisme, était un obstacle au gauchisme libéral naissant, et s'opposait partant à sa volonté de refonte mondiale de la société. La nation permit donc à l'idéologie moderne de s'appliquer.

Cet état de fait eut néanmoins pour contre-coup de solliciter cette chose appelée nationalisme et qui caractérise bon nombre d'extrêmes droites actuelles. Le nationalisme à pour motivation de protéger une communauté (nationale) donnée des influences et des contraintes extérieures, et on parle d'ailleurs ici de ''préférence nationale''. De nos jours ce concept semble à donc de droite car, nostalgique de l'ordre défunt, il en vient à singer le patriotisme. Cette doctrine est donc tout aussi cohérente qu'inepte : cohérente car consciente du danger ''globaliste'', mais inepte car basée sur ce même danger... Elle se place à droite car elle cherche à conserver, mais demeure de gauche car elle est, par essence, libérale et humaniste. En d'autres termes : 1) La nation est un concept de gauche, car libérale. 2) La patrie est un concept de droite, car traditionnel. 3) Le nationalisme est une doctrine formellement de droite, mais essentiellement de gauche. Le problème ainsi posé est donc insoluble.

- Dans un même temps, disons que les alternatives politiques modernes supposées plus sensées que les autres, comme celle initiée par Ch. Maurras, ne sont que de ''la merde dans un bas de soie''. L'Action Francaise fait par exemple l'éloge du royalisme, mais aussi et surtout du nationalisme et de la subordination du Spirituel au Temporel ; l'Eglise, ici, n'est qu'un outil, de même que le Roi... On distingue, rappelons le, la droite et la gauche par une différence fondamentale d'objectif ; à la lumière de leurs définitions, disons donc que l'Action Francaise fut formellement de droite, mais essentiellement de gauche.

Conséquences :

- En abolissant le principe de hiérarchie, (du moins en voulant le faire, car la subordination, par contrat, est la base même de toute société, et il est partant impossible de s'y soustraire sans se retrancher ipso facto de la société elle-même) nous passons d'un ordre essentiel à une stratification illégitime, donc illusoire, donc condamnée à l'échec. La dynamique actuelle est donc dissolvante par nature : tout phénomène est régi par des conditions d'existence et décrit toujours un mouvement, ce mouvement étant, d'abord ascendant, puis horizontal, et enfin descendant : la croissance, l'expansion et la rupture sont constitutives, ou parties intégrantes de la manifestation universelle. On sait d'autre part que la pérennité d'un système est assurée par sa cohérence interne. Ce qui est tronqué par essence tombe plus rapidement que ce qui part sur de "bonnes bases", et être en adéquation avec la réalité est une règle tant utile qu'essentielle. Si tout mensonge à besoin de vérité pour exister, et que le mal absolu n'existe pas, disons que ce qui fait durer "notre" système est sa part de véracité sur quelques points, et que sa fausseté sur tous les autres, et parmi eux la perspective, lui assure l'échec, à court terme.

- Plus généralement, chacun pourra constater que l'action politique est rendue inefficace aujourd'hui pour deux raisons majeures : l'économie mondialisée et la pression démocratique. De Maistre dit en substance que quand une foule est orientée d'une certaine manière, il est impossible de lui faire changer de direction ; la passion collective ne se chevauche que lorsqu'elle le veut bien, et quel que soit le système envisagé. Il y a, cependant, une pédagogie derrière la démocratie, et ce que A. Huxley nous dit du capitalisme qui "n'a plus qu'à se dévorer tout seul" vaut naturellement pour la démocratie elle-même, l'une étant la cause de l'autre.

Il convient en conclusion de ne point s'illusionner. Le militantisme dit "passéiste" est chose bien enfantine, car la réalité est à la fois plus simple et plus complexe. L'action politique traditionnelle face à la modernité dans son ensemble consiste à savoir qu'il fait mauvais temps et prévenir ses voisins, puis à s'activer dans la recherche d'un abri en laissant passer l'orage. "Les lendemains qui chantent" viendront bien, c'est là la logique même, mais naturellement pour ceux seuls qui auront com-pris tout cela.
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"Prosterne toi et approche toi" Coran
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MessagePosté le: Mar 1 Juil - 16:07 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Mer 2 Juil - 16:44 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

La question des rapports entre la politique et la tradition me paraît extrêmement complexe.
Tout d'abord, je voudrais citer de mémoire une note de Guénon dans laquelle il disait que la comparaison entre la politique et la religion lui apparaissait comme un véritable blasphème. Cela paraît évident, si on considère que la politique, même envisagée dans son extension la plus vaste, ne concerne que les applications temporelles, alors qu'"une seule chose est nécessaire", et que cette chose est justement l'objet de la religion (il faut préciser qu'il s'agit ici de la religion, au sens où l'entend Guénon dans ses écrits qui précèdent la Seconde Guerre Mondiale, et où le mot religion désigne la Tradition, et non du mot "religion" au sens plus précis où l'entend Guénon à partir de l'Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues).

Maintenant, pour aborder plus profondément la question des rapports entre religion et politique telle que l'envisage Guénon, il faudrait se reporter à tout ce qu'il en a écrit, y compris dans ses articles écrits dans la revue La Gnose.

En ce qui concerne les dangers d'une application politique, une chose mérite peut-être d'être notée: il ne semble pas que qui que ce soit ait décidé ouvertement de se réclamer de Guénon dans un but clairement politique avant Alexandre Douguine, et le mouvement "néo-eurasien", or l'idéologie eurasienne a précisément été dénoncée par Guénon (voir Articles et compte rendus tome 1). Je pourrais faire la citation complète plus tard, mais il n'est pas non  plus indifférent de noter que si Alexandre Douguine se réclame de Guénon, il est aussi lié à des membres d'organisations dont Guénon a signalé le caractère extrêmement suspect. En revanche, Alexandre Douguine semble ignorer non seulement ce que Guénon a écrit du mouvement eurasien de l'entre-deux-guerres, mais aussi ce que Guénon a écrit sur certains mouvements contemporains comme le socialisme (on peut se reporter notamment à l'article sur le Pouvoir occulte, publié dans la France anti-maçonnique ), ainsi que certaines lettres où Guénon précise que l'engagement politique serait théoriquement neutre au point de vue traditionnel, mais que le problème de l'engagement politique vient aussi de la présence dans tous les partis politiques modernes, d'agents de la contre initiation.

Mais enfin ce ne sont que quelques brèves remarques, car il s'agit encore une fois d'un sujet d'une grande complexité: il est des questions qui, pour avoir un aspect évidemment politique, n'en ont pas moins d'autres significations, et on sait l'importance centrale et catastrophique de la destruction de l'Ordre du Temple, destruction qui a bien eu une motivations politiques, mais aussi des conséquences d'un tout autre ordre.

Et sur la signification de certains événements, on peut insister sur la Révolution française et sur la Révolution bolchevique: il n'est pas sans intérêt de rappeler que, au début de son étude sur Le Roi du Monde, Guénon écrit que ce qui a motivé la publication de ce livre est le livre d'Ossendowski, Bêtes, hommes et Dieux, or ce livre est en rapport direct avec la Révolution bolchevique, de sorte que la parution du livre d'Ossendowski, et celle du livre de Guénon peuvent être considérées, sous un certain rapport, comme une réponse du Centre Suprême au scandale d'une révolution ouvertement anti-religieuse, et ce n'est pas un hasard si le livre de Guénon s'achève par une citation de Joseph de Maistre, tirée des Soirées de Saint-Pétersbourg: "des oracles redoutables annoncent que les temps sont arrivés".

Une telle citation a un sens, et on peut déjà souligner que le livre de Joseph de Maistre était lui-même une réponse au scandale de la Révolution française.
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Edgar



Inscrit le: 25 Juin 2008
Messages: 58

MessagePosté le: Jeu 3 Juil - 14:12 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

Quelques questions liées à ce qui a été écrit:

La première concerne la patrie: est-il encore possible en occident de discerner les différentes patries ?

La seconde pourrait donner lieu à un nouveau fil: comment identifie-t-on la caste d'un individu ?

La troisième enfin:
Citation:
disons que ce qui fait durer "notre" système est sa part de véracité sur quelques points

De quels points s'agit-il, ALM ?

(merci d'avance à tous pour vos réponses)
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Jeu 3 Juil - 15:30 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

Sur la question de la patrie, je ne répondrais pas tout de suite: j'ai l'impression que le sujet mérite un fil à lui tout seul, et puis c'est un sujet qui touche de très prêt la sensibilité de chacun. Fabre d'Olivet disait que la patrie est le lieu où le coeur de l'homme se déploie librement: est-il possible que notre coeur se déploie librement à notre époque?

Pour ce qui est de la caste, je peux tout de même dire que l'une des méthodes est l'astrologie, mais je ne sais pas comment cela se passe lorsque quelqu'un qui est issu d'une autre tradition s'intègre dans la tradition hindoue. Contrairement à ce que beaucoup disent (et certains attribuent même cette opinion à Guénon, alors que non seulement il ne l'a écrit nulle part, mais il a même écrit le contraire), il est tout à fait possible de devenir hindou, et ce fut le cas, il y a des millénaires, de tous les Tamouls. J'ai rencontré aussi la descendante d'un conquérant chinois qui, ayant envahi une région du Nord Est de l'Inde au XVIIème siècle, fut intégré dans l'Hindouisme dans la caste des Kshatriyas. Mais j'ignore de quelle manière la caste a été déterminée, si ce fut par l'astrologie ou par d'autres moyens, ou par une combinaison de l'astrologie et d'autre méthodes.

Pour la troisième question, je ne peux évidemment pas répondre à la place d'ALM, mais je voudrais souligner que le mal comme tel ne triomphe jamais. On peut prendre l'exemple d'une attaque de banque: évidemment, c'est mal. Mais si une attaque a réussi, c'est que les gangsters ont excellé dans le bien: ils ont fait preuve de courage, d'intelligence tactique, et généralement d'une grande moralité entre eux. Si on suppose un être aussi absoluement mauvais que possible, il sera, par cela même, à peu prêt incapable de faire un mal réel. En ce qui concerne notre époque, on pourrait souligner tout ce qui, dans le monde moderne, correspond à des aspirations ou même à des réalisations légitimes. On peut rappeler qu'Aristote dit: "tu reconnaitras la vérité de ta voie à ce qu'elle te rend heureux." Et Shrî Ramana Maharshi et Sa Sainteté le Dalaï Lama disent exactement la même chose. Sous ce rapport, la constitution américaine qui stipule le droit au bonheur est parfaitement légitime. On peut aussi considérer la devise de la Révolution française, Liberté, Egalité, Fraternité, qui est une devise traditionnelle, et qui est d'ailleurs en rapport avec les trois vertus théologales, la Foi, l'Espérance et la Charité. De telles aspirations sont légitimes. Quant aux réalisations, on ne peut nier les avantages de la science moderne dans bien des domaines tels que la médecine. Bien sûr, cela ne veut pas dire que l'ondoive s'illusionner sur les limites de telles réalisations, et aussi sur le caractère de certaines d'entre elles qui est d'être à double tranchant. Mais enfin, on peut en reconnaître les aspects positifs.

Il peut y avoir encore bien d'autres aspects, et il serait difficile de prétendre les aborder tous, mais on pourrait revenir à la liberté, qui est une des conditions d'un développement intellectuel (donc spirituel) effectif: sous ce rapport, le régime dans lequel nous vivons pourrait bien être meilleur que celui qui régna dans l'Europe catholique du XVIème au XVIIIème siècle. En effet, un lecteur de Guénon s'était étonné du fait que la plupart des initiés de cette époque sont protestants, ce qui paraît contradictoire avec ce que Guénon a écrit du protestantisme et du catholicisme. Je ne peux malheureusement pas citer la lettre de manière exacte, mais Guénon avait répondu que la situation dans l'Egise catholique de l'époque était trop bloquée pour permettre une réalisation initiatique. En revanche, les protestants, si ils étaient désavantagés au point de vue de l'exotérisme, bénéficiaient de  la plus complète liberté intellectuelle, ce qui peut expliquer que les rares personnes ayant fait preuve de connaisssances initiatiques à l'époque aient été protestantes: Fabre d'Olivet, mais avant lui Court de Gébelin, Swedenborg, Jacob Boehme surtout.
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ALM
Administrateur


Inscrit le: 21 Juin 2008
Messages: 159

MessagePosté le: Ven 4 Juil - 01:10 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

Avant de rentrer plus en détails, j'aimerais vous reproduire ici ce que j'écrivais du "bonheur" dans un autre forum :

"La question du "bonheur" est chose bien relative il faut le dire. A tous points de vue, il n'y a de bonheur que dans l'adéquation. On peut vivre heureux aujourd'hui de bien des manières, mais toutes ont pour objet la conformité avec un ordre, réel ou fantasmé. Tel homme sera en paix pour épouser fidèlement la dynamique actuelle, tel autre pour s'en écarter au profit de son propre système de valeurs... Là où certain disent que c'est dans cette liberté d'objet que réside la perfection d'une société, je fait partie de ceux qui affirme, avec St Augustin par exemple, que, l'asservissement étant co-extensif à notre nature, et que la liberté telle qu'on l'entend de nos jours étant réaffirmation de celui-ci, qu'il n'y a de perfection et de "quiétude" que dans l'acceptation de la réalité, du cosmos , et non dans le simple épanouissement (pour reprendre le terme consacré) des fantasmes ou des lubies individuelles, qui entendent au final remplacer un ordre par un autre (si temps est que l'on puisse encore parler d'"ordre"...)."

Si le bonheur est une idée des plus universelles, elle n'en demeure pas moins l'une des plus mal comprises à notre époque. Le bonheur définit par St Thomas d'Aquin est-il de même nature chez Freud? Le Fantasy Land ambiant est-il synonyme d'ananda (béatitude ou félicité en sanskrit) collective? L'accès au paradis est entouré d'épreuves dit-on : "Dieu s'étonne de devoir amener les gens au paradis par des chaînes" (1). A y regarder de plus près, force est donc de constater que le "bien-être" tel qu'on l'entend aujourd'hui est, tout au plus, simulacre de ce qu'il fut hier (ainsi en va t-il de même pour la devise "liberté-égalité-fraternité", qui, si temps est qu'elle soit traditionnelle, n'en n'est pas moins pure contrefaçon à l'heure actuelle). La pratique du "yoga" est très répandue de nos jours par exemple, mais à quelle(s) fin(s)? Est-ce bien pour les mêmes raisons qu'autrefois? N'est-ce tout simplement pas pour "vivre en harmonie" sa vie dissolue et pour être des plus performant au boulot? On se rend compte ici combien l'idée du bonheur et les moyens d'y parvenir ont été travesti pour finalement jouer le rôle inverse, celui de s'accommoder du néant plutôt que d'en souffrir et d'en sortir par le haut... On pourrait donc dire que le bonheur d'aujourd'hui est, dans une certaine mesure, le malheur d'hier... L'ouverture d'un fil (sur le caractère négatif, parodique, et résiduel de la modernité par exemple) serait peut-être plus simple pour envisager la question sans trop sortir du présent cadre.

Lutfi fait bien de préciser que la "liberté" est un atout précieux : les modernes ont voulu chasser le naturel, avec le moyen même qui lui permet de revenir au galop...



(1) : Hadith. Un verset du Coran dit par ailleurs qu'il n'y a "point de contraintes en religion". Cela signifie, entre autres, que la religion est par définition affranchissement, et non qu'elle n'impose rien. Ce qui semble contraindre, en la matière, libère en réalité, a-contrario de ce qui semble libérer ici-bas et qui est une contrainte en soi. Un fil sur le principe de "l'arbre inversé", pour reprendre A. K. Coomaraswamy, serait là aussi des plus utiles.
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"Prosterne toi et approche toi" Coran
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Ven 4 Juil - 19:21 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

A propos du bonheur, je voudrais citer une anecdote sur Shrî Ramana Maharshi: quelqu'un demanda un jour à Shrî Ramana ce q'était l'effet du cannabis. Shrî Ramana a répondu "Ananda, Ananda, Ananda", et a commencé à imiter la démarche de quelqu'un qui a fumé. Il ne s'agit pas ici de rentrer dans des considérations sur l'usage initiatique du cannabis (il y aurait des choses intéressantes à dire sur cette question, notamment à propos de Guénon), mais de souligner que le bonheur, au sens d'Ananda, n'est pas une conception, mais un état. Après, ce bonheur peut-être dû à l'usage de certaines substances, ou par la sexualité, ou par bien d'autres choses, mais l'anecdote de Shrî Ramana Maharshi permettra au moins à ceux qui ont connu certains états dûs au cannabis de se faire une idée de ce qu'est Ananda, et surtout une idée non mentale, non conceptuelle.
 
Je crois que sous ce rapport il est important d'employer un langage aussi simple que possible, et qui soit réellement à la portée de tous. Une grande partie des Textes Sacrés de toutes les traditions est constituée par des histoires, et ces histoires sont susceptibles de toucher tout être humain, même un enfant. On peut prendre l'exemple de l'histoire du Prophète Joseph, telle qu'elle est racontée dans la Bible et le Coran. Cette histoire peut toucher un enfant, elle peut toucher tout être humain dans son humanité, quel que soit son niveau de préparation doctrinale ou sa culture, et quelle que soit sa foi, ou son absence de foi. Comme dans les contes de fée, il s'agit de l'histoire d'un juste qui est confronté à des événements extrêmements pénibles ou graves, et qui parvient à triompher. Tout être humain saisit ce qu'est le bonheur, si il peut se souvenir d'avoir été heureux une fois, et quelle qu'ait été la cause de son bonheur. Après, on pourrait parler de bonheurs dont la cause est légitime, et de bonheurs dont la cause ne l'est pas (un gangster qui a réussi l'attaque d'une banque est heureux, sur le moment), mais ce n'est pas ce dont je voulais parler. Ultimement, il y a une différence fondamentale qui est celle des formes illusoires de bonheur, c'est à dire de toutes les formes de bonheur qui sont passagères, et de la seule forme de bonheur, au sens d'Ananda, qui ne soit pas transitoire, et qui est la réalisation spirituelle: si en fumant un joint, il est possible d'obtenir Ananda, et si Ananda est le but de l'existence, il devrait suffire de fumer, et on ne voit pas pourquoi il faudrait faire autre chose, et si ce n'est pas la bonne réponse, c'est tout simplement parce qu'il s'agit d'un bonheur qui ne dure pas.

Maintenant, si par bonheur on entend Ananda, il ne s'agit plus du tout d'une question relative.

Pour revenir aux parts de vérité qui subsistent dans le monde moderne (ou plutôt dans le monde actuel, car il pourrait y avoir certaines nuances à faire entre ce qui fut le monde moderne et ce qu'est la modernité), il est peut-être difficile d'y répondre sans situer la manière dont on entend cette question: si il s'agissait du droit, on peut remarquer que toutes les législations modernes sont dérivées du Droit Romain, et d'autres Droits traditionnels, et, en ce sens, elles comportent évidemment une part de vérité. Ensuite, il peut y avoir bien d'autres choses que le droit, comme par exemple la science, et qui poseraient d'autres questions.

Ce qui rend difficile le traitement de ces questions, ce sont les confusions permanentes de vocabulaire qui sont systématiquement entretenues (et qui sont aussi totalement inconscientes chez nos contemporains): un exemple frappant est celui qui concerne l'Ordre et la Justice. Dans le vocabulaire courant, l'aspiration à l'Ordre est une aspiration "de droite", et l'aspiration à la Justice est une aspiration "de gauche", et les deux sont donc opposées. Or au point de vue traditionnel, l'Ordre et la Justice ne sont qu'une seule et même chose comme le souligne Guénon dans Le Roi du Monde. A partir de là, une phrase aussi célèbre que celle de Goethe, "Je préfère une injustice à un désordre" apparaît totalement dépourvue de sens.

Je ne sais pas si j'ai réellement répondu aux objections, et si ce n'est pas le cas, j'essaierai de préciser ma pensée, mais je crois qu'un des éléments essentiels est de définir le sens des mots: je ne crois pas qu'il y ait une contradiction réelle entre ce que j'ai écrit et ce qu'ont écrit ALM et Zéro, mais il peut y avoir des contradictions apparentes qui sont simplement dues au fait que nous pouvons employer certains mots dans des sens différents.
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Ven 4 Juil - 23:05 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

Afin de préciser dans quel sens il faut entendre ce que j'écrivais plus haut, une citation de Guénon peut être opportune:

Code:
Entre l'esprit traditionnel et l'esprit moderne, il ne saurait y avoir aucun accomodement; toute concession faite au second est nécessairement aux dépends du premier, et elle ne peut entraîner qu'un amoindrissement de la doctrine,même quand ses conséquences ne vont pas jusqu'à leur aboutissement extrême et aussi le plus logique, c'est-à-dire jusqu'à une véritable déformation 
(La diffusion de la connaissance et l'esprit moderne in Mélanges)

Il ne s'agit donc nullement de faire la moindre concession à l'esprit moderne, mais ce n'est pas faire une telle concession que de reconnaître tout ce qui peut subsister de légitime à notre époque.
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Mer 9 Juil - 15:02 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

Puisqu'il a été question de la fondation des Etats-Unis, il me semble qu'il faut revenir à ce que Guénon en a écrit dans des comptes rendus réédités dans les Etudes sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage Tome I. En se reportant aux pages 276-277 et 292-293, on verra que Guénon parle clairement du caractère contre-initiatique du rôle de Benjamin Franklin, et il précise, "Du reste, si nous ajoutons que Cromwell nous paraît bien aussi avoir joué antérieurement un rôle tout è fait du même genre que celui de Franklin, M. Gabriel Louis-Jaray comprendra peut-être qu'il ne s'agit pas là simplement de politique "anglaise" ou "anti-anglaise", mais de quelque chose où, en réalité, l'Angleterre, l'Amérique ou d'autres nations peuvent être "utilisées" tour à tour, suivant les circonstances, pour des fins qui n'ont sans doute pas grand'chose à voir avec leurs intérêts particuliers; se servir de quelqu'un, homme ou peuple, n'est pas du tout la même chose que le servir, même s'il se trouve que les effets extérieurs coïncident accidentellement."

Il y a donc eu des influences extrêmement suspectes, mais Guénon précise plus loin (page 300): "Washington, de même que Lafayette, était assurément un honnête "Maçon orthodoxe"; sa divergence même avec Franklin n'indiquerait-elle pas déjà que celui-ci était tout autre chose?"

On voit qu'il s'agit d'une question complexe, et éminemment maçonnique. En cette circonstance comme en bien d'autres, il y eut, au sein d'un même camp, des hommes qui étaient des agents de la contre-initiation, et d'autres dont on pourrait dire qu'ils étaient fidèles au Dharma. Ce genre de situation est d'ailleurs loin d'être unique, comme le savent ceux qui ont lu le Mahabharata, qui relate justement une guerre entre les représentants de la Tradition Primordiale et les destructeurs du Dharma: si la distinction entre le Dharma et sa négation est claire, il y a, si étrange que cela puisse sembler à la mentalité occidentale moderne, des Saints qui combattent dans l'armée des usurpateurs. Pour en expliquer les raisons, il faudrait naturellement se reporter aux doctrines hindoues, et aux questions relatives au Dharma et au Svadharma. D'autre part, il pourrait y avoir des rapprochements éclairants si l'on étudie attentivement ce que Guénon a écrit à propos de l'action des sociétés secrètes extrême-orientales.

Il va de soi que lorsque j'écrivais sur les aspects positifs que l'on peut voir à l'Amérique, je ne perdais pas de vue ce que Guénon avait écrit sur cette question, et si j'insistais sur ce point, c'est à cause de ceux qui se sont permis d'attaquer Sa Sainteté le Dalaï Lama à cause de ses prises de positions "pro-américaines", prises de positions qu'il ne serait pas difficile d'expliquer dans ce contexte. Ceux qui ont attaqué le Dalaï Lama sur ce point auraient peut-être fait les mêmes reproches à Ananda Coomaraswamy pendant la Seconde Guerre Mondiale, et on est en droit de le penser de Christian Bouchet, par exemple, qui a pris, avec Alain Soral, position contre les Tibétains, et s'amuse à répéter les mensonges les plus grossiers de la propagande chinoise. On peut ajouter que de telles prises de position, de la part d'un individu aussi notoirement suspect que Christian Bouchet, sont plutôt rassurantes: c'est évidemment quant il paraît défendre la tradition que cet individu, qui est un adversaire résolu de Guénon, peut faire le plus de mal.
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Lutfi
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MessagePosté le: Jeu 10 Juil - 15:13 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

Pour revenir à la question de la part de vérité qui subsiste à notre époque, je crois qu'il faut nettement distinguer deux points. Si c'est vraiment de vérité au sens intellectuel pur qu'il s'agit, on pourra dire que certains principes sont toujours reconnus et qu'il ne peut en être autrement: Guénon a signalé à ce sujet le principe de la hiérarchie, dont le monde moderne est la négation, mais qui demeure encore présent dans les armées modernes.
Une autre question est celle de la légitimité, car de ce que toute armée obéit au Vrai, dans le sens où elle maintient la hiérarchie, il ne découle pas que la cause pour laquelle se bat cette armée est nécessairement légitime.

On peut donc se demander quelle est la part de légitimité qui existe dans le pouvoir occidental actuel, et à ce sujet, il y a un hadîth étonnant:

Code:
J'ai entendu ces propos de l'Envoyé de Dieu, sur lui la grâce et la paix:
-Quand l'Heure aura lieu les "Rûms" seront les plus nombreux.
 'Amr intervint:
-Sache ce que tu dis!
-Je l'ai entendu de l'Envoyé de Dieu, assuré-je.
'Amr reprit:
-Alors, ils auront quatre qualités spécifiques: ce seront les gens les plus solides pendant les périodes de troubles, les plus prompts à se réveiller après une épreuve, les plus prompts aussi à se retourner (contre leurs ennemis) après avoir feint la fuite, et les plus bienveillants à l'égard du pauvre, du faible et de l'orphelin. Ils auront un cinquième mérite: ce sont eux qui se préserveront le mieux de la tyrannie des rois.
 

Les Signes de la fin des temps dans la tradition islamique - Alif Editions

On voit donc que la défense des faibles qui se manifeste par la défense des Droits de l'Homme ou les entreprises humanitaires, ainsi que la défense de la liberté sont des points positifs pour la tradition islamique, et ce sont justement les points que défend le Dalaï Lama. Tout ceci appellerait peut-être de nombreux développement, mais chacun pourra déjà en tirer certaines conclusions par lui-même.
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ALM
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MessagePosté le: Sam 6 Sep - 00:43 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

Dans la continuité des définitions de la droite et de la gauche posées précédemment, j'aimerais attirer votre attention sur ces deux vidéos :

http://www.dailymotion.com/search/zemmour+ca+se+dispute/video/x5jqau_ca-se-…

http://www.dailymotion.com/video/k6R7N2wyncztg2gxKs


Dans la première, Eric Zemmour livre, à la 11ème minute, une synthèse sur le sujet tout à fait remarquable. On déplorera cependant qu'en mettant en lumière un aspect de la question, Zemmour plonge dans l'ombre un autre aspect tout aussi essentiel...

Certains s'étonneront peut-être de la deuxième vidéo ; il n'est certes pas dans nos habitudes de faire la promotion de personnes telles que feu G. Deleuze. Ce qui suscita mon intérêt, c'est cette formule : "jamais gouvernement de gauche n'a existé ; gauchisant oui, purement de gauche non". Le "penseur", tout gauchiste qu'il est, expose malgré lui une vérité de tout premier ordre : la gauche pure étant la négation même de la souveraineté, il s'en suit qu'un gouvernement, pour s'établir, doit nécessairement véhiculer des principes propres à la droite.

(edit : Je viens de me rendre compte que la vidéo sur Deleuze est défectueuse ; espérons qu'elle revienne prochainement)
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"Prosterne toi et approche toi" Coran
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Lutfi
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MessagePosté le: Sam 6 Sep - 04:02 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

La vidéo d'Eric Zemmour est très intéressante. Un des problèmes, si l'on parle de la gauche et de la droite, c'est que les définitions ont pu changer, et ont changé en fait, selon les époques. En revanche, et ici je renverrai au Manifeste du Parti Communiste pour ceux qui veulent se faire une brève idée de ce dont il s'agit, ce qu'il faut dire c'est que toute la gauche marxiste se place normalement dans la perspective de la gauche sociétale, et, pour ne pas s'en rendre compte, ou pour refuser de l'admettre, Alain Soral est un bien imparfait marxiste. Ce que Soral dit des trotskystes est très juste, et il est bon que ces choses soient dites. Mais en ceci, les trotskystes ne font que prouver qu'ils n'ont pas renoncé à l'idéal messianique de Marx. Dans la mesure où cet idéal pourrait être assez bien défini comme la dissolution de tout ce qui est traditionnel, on pourrait faire une curieuse comparaison entre les trostkystes et les staliniens: Guénon écrit, dans Le Règne de la quantité: "le nomadisme, sous son aspect "maléfique" et dévié, exerce facilement une action "dissolvante" sur tout ce avec quoi il entre en contact; de son côté, le sédentarisme, sous le même aspect, ne peut mener en définitive qu'aux formes les plus grossières d'un matérialisme sans issue."

Que les "formes les plus grossières d'un matérialisme sans issue" se soient incarnées entre autre dans le stalinisme, c'est assez évident, et si le trotskysme est fort loin de représenter l'ensemble des forces dissolvantes de notre époque, il constitue bien l'une d'entre elles.
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ALM
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Messages: 159

MessagePosté le: Lun 15 Sep - 08:26 (2008)    Sujet du message: Politique et Modernité Répondre en citant

J'ai visionné une vidéo assez intéressante il y a peu : http://www.dailymotion.com/relevance/search/taddei+finkielkraut/video/x3t1y…

Bien qu'elle soit assez drôle par son côté cliché (cf http://www.dailymotion.com/relevance/search/entre+guillemet/video/x3b9uu_mr… ), et un peu soporifique, elle contient néanmoins quelques échanges permettant de se faire une idée assez globale des différentes problématiques modernes.


 
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:14 (2017)    Sujet du message: Politique et Modernité

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