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Michel Vâlsan
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Tradition et Modernité Index du Forum -> Forums -> Auteurs et Oeuvres
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as.samarkandi



Inscrit le: 02 Nov 2008
Messages: 43
Masculin

MessagePosté le: Mar 16 Déc - 15:07 (2008)    Sujet du message: Michel Vâlsan Répondre en citant

Cher Phalegtani
La motivation de Vâlsan, en remettant en cause certaines conceptions de l’Intellect chez Allar est de défendre R.Guénon contre l’influence de Krishna Menon sur cet auteur. Il faut savoir que c’est en partie à propos de ce faux guru que R.Guénon a écrit « Vrais et faux instructeurs spirituels ». Ce Krishna Menon a fait d’ailleurs beaucoup de dégâts parmi les « guénoniens ». Si l’on ne sait pas cela beaucoup de choses nous échappent. Ceci dit, le texte d’Allar, mis à part ce point important, garde tout son intérêt et je ne me souviens pas que M.Vâlsan ait remis cela en cause.
Quant à la traduction de R.Guénon, si vous connaissez suffisamment une langue orientale, je vous encourage à faire l’essai, vous verrez ! Je suis comme vous : j’aimerais bien que tout le monde puisse le lire et profiter de son œuvre comme un occidental -ou un oriental « occidentalisé »- de notre temps le fait pour retourner à la tradition. Le propre du traducteur traditionnel est tout de même de rendre accessible dans une autre langue et à une autre mentalité des doctrines qui lui sont « étrangères ». Pour ce faire il faut bien qu’il passe par des éléments qui soient équivalents ou proches, quant au fond. Quant à la forme la seule méthode est de lire l’œuvre de R.Guénon en français !
Lorsque vous dites : « Ceci étant, les commentaires de Guénon sur le choix de certains termes sont parfois plus éclairants que les termes eux-mêmes »
Je suis tout à fait d’accord avec vous.
Sur la question de la traduction de « L’Homme et son devenir… » que R.Guénon aurait demandée à M.Vâlsan, je vous rappelle qu’il s’agit d’une rumeur et qu’aucun début de preuve n’a été apporté à ce sujet. Relisez les messages où j’ai dit qu’il me semblait qu’il y avait là confusion avec certains projets de M.Vâlsan. Je ne dis pas que la chose est impossible, mais en l’absence d’information précise, il vaut mieux, pour nous tous, éviter de parler dans le vide.
Vous écrivez :
« L'intérêt de la tradition hindoue, c'est que chaque terme change de nom suivant la fonction qu'il incarne »
C’est l’équivalent de la doctrine des Noms divins en Islam qui représentent la multiplicité des qualités et fonctions du Principe unique.
Sur la question de la connaissance sensible, il n’y a aucune difficulté, et je ne crois pas que R.Guénon en aurait vu une : symboliquement la connaissance par les sens est plus directe que celle qui passe par le mental « réfléchissant ». Ce n’est pas la doctrine hindoue qui contredira cela car elle emploie elle aussi les termes propres à la connaissance sensible pour exprimer la connaissance universelle. Dans le cas de « la corde qui est prise pour un serpent » dans la pénombre, par exemple, ce n’est pas le sens, à proprement parler, qui est mis en cause mais la puissance de l’imagination qui interprète une situation ambiguë. Le sens lui, dans les conditions normales voit ce qu’il voit, entend ce qu’il entend etc. Il ne « ment » que si certaines conditions extérieures influent sur lui (c’est une de ses limites d’ailleurs). C’est en vertu de cette qualité de « véridicité » relative qu’il symbolise la connaissance supérieure mieux que la connaissance mentale au sens où l’entend R.Guénon.
Je suis d’accord avec vous qu’il ne faut pas confondre Gilis avec M.Vâlsan. Mais, en ce qui concerne la doctrine d’Ibn Arabî, n’y a aucune raison de laisser de côté tel ou tel aspect parce qu’il vous semble différent de la façon dont Guénon présente les choses. A ce compte-là vous allez être obligé de fermer les yeux sur beaucoup de doctrines de beaucoup de maîtres, y compris dans des domaines où vous pensez qu’il y a coïncidence parfaite entre l’exposition guénonienne et celle de telle tradition. Prenez la notion de « âsat » de l’hindouisme qui peut se traduire le plus directement par « non-être », et voyez si dans les textes de cette tradition ce terme recouvre la notion de Non-Être de R.Guénon ! Vous constaterez que celui qui fait confiance dans la doctrine exposée par R.Guénon doit sans cesse faire un effort personnel pour opérer des synthèses et que, comme l’a dit M.Vâlsan, c’est la méthode même de René Guénon qui permet de retrouver l’accord final.
Il n’y a pas motif, face à ces difficultés, de baisser les bras. Seuls ceux qui ne font rien de « productif » dans le domaine des études traditionnelles, ou qui ne font aucun effort personnel, peuvent se permettre de citer inlassablement et de manière stérile des passages entiers de R.Guénon, en éliminant consciemment ou non les difficultés qu’ils rencontrent, lorsqu’ils sont au contact direct des textes traditionnels. Il n’y a là qu’une lecture formelle, voire « formaliste », quant on n’a pas affaire à une nouvelle sorte de « Pharisiens » ! Allez parler, sans précaution et présentation, de la doctrine de l’Intellect à certains maîtres du bouddhisme Zen ou à des représentants authentiques de l’Islam ésotérique ! Je ne pense pas qu’il y ait un domaine traditionnel qui échappe à ces difficultés. J’estime que lorsqu’on est « guénonien », il est impossible de mettre de côté une quelconque doctrine de n’importe quel maître authentique ; c’est à nous de faire inlassablement le travail d’ « adaptation » qui permettra de retrouver l’ « accord sur les principes », dont presque tout le monde a la naïveté de croire qu’il est réalisé en fait lorsqu’il a lu R.Guénon !
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MessagePosté le: Mar 16 Déc - 15:07 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Hussein



Inscrit le: 26 Déc 2009
Messages: 1

MessagePosté le: Ven 1 Jan - 03:41 (2010)    Sujet du message: Michel Vâlsan Répondre en citant

Citation:
Mais ici, je voudrais aborder un tout autre point, et qui est la présentation des doctrines de l'Islam.

Guénon a traduit et commenté certains versets du Coran. Un de ses commentaires les plus importants est évidemment celui qu'il a donné de la deuxième partie de la Sourate de la fâtihah dans Le Symbolisme de la Croix (chapitre XXV L'arbre et le serpent). De ce commentaire essentiel, je ne reproduirai qu'un passage:

"Certains commentateurs exotériques du Qorân ont prétendu que les "rejetés" étaient les Juifs et que les "égarés" étaient les Chrétiens; mais c'est là une interprétation étroite, fort contestable même au point de vue exotérique, et qui, en tout cas, n'a évidemment rien d'une interprétation selon la haqiqâh."

Or c'est cette interprétation étroite et non-métaphysique que Michel Vâlsan a reprise dans sa traduction du commentaire du Coran par Qachani.
Bien sûr, certains remarqueront que Qachani était un homme du Taçawwuf, cependant, le fait d'être rattaché à une voie initiatique n'est pas une preuve suffisante que l'on est métaphysicien et que l'on a réellement dépassé le point de vue exotérique. Guénon a d'ailleurs souligné ce point de nombreuses fois à propos de certains Maçons, ou de certains aspects de la Kabbale. En revanche, ce que dit Guénon de cette interprétation est clair.

Mais on peut ajouter ceci: l'oeuvre de Guénon tout entière appelle à l'accord sur les principes. Et il est évident que si il fallait retenir l'interprétation de Qachani et de Michel Vâlsan, cet accord est impossible. Il n'y a pas beson de se situer à un point de vue très élevé pour comprendre qu'un Chrétien ou un Juif qui lit cette interprétation "étroite" ...


Cher Lutfi,

Lorsque vous parlez d'un accord sur les principes, cet accord doit aussi intégrer le principe que nul ne peut prétendre à la vérité absolue, que chaque vérité énoncée par quiconque ne peut être qu'une vérité relative et que, de ce fait, elle est également une erreur relative. C'est vous qui faites de la parole de René Guénon une vérité absolue qui devrait être obligatoirement partagée par tous, pour ma part il m'est impossible d'imaginer que René Guénon ou Michel Vâlsan aient eu cette prétention, fort heureusement.

Plutôt que de porter un jugement définitif comme vous le faites, ce qui en passant est une prérogative divine exclusive, je pense que c'est nôtre propre perception ou compréhension qu'il convient de remettre en cause, c'est le meilleur moyen de progresser. De plus, les écrits ne représentent que la perception relative d'un auteur à un moment donné, René Guénon lui-même à regretté certains de ses articles, qu'il aurait certainement modifiés s'il avait été en mesure de le faire. Mais même en admettant que Michel Vâlsan, sur un point précis, ne partage pas l'avis de René Guénon, en quoi cela est-il gênant, jamais un maître véritable ne dictera à son disciple ce qu'il doit penser, bien au contraire il se contentera de communiquer les éléments qui l'ont amené à développer sa propre pensée en incitant le disciple à penser par lui-même, dans le cas contraire cela signifierait que le maître n'a pas compris le caractère essentiel de la pensée qui fait que chaque être est différent, l'histoire nous montre qu'Abd-Al-Karim Jîlî par exemple, bien que se réclamant de la pensée d'Ibn 'arabi, n'a pas hésité à exprimer ses points de divergences, la fidélité n'est pas du ressort de suivisme aveugle (inân taqlîdi), mais de la véritable foi (imân tahqîqi), qui implique la vérification et la confirmation.

Pour revenir au commentaire du verset 7 de la fatiha, je ne vois, pour ma part, aucune contradiction entre la position de René Guénon et celle de Qachâni, je m'explique:

René Guénon dénonce très clairement l'interprétation exotérique (tafsir), (Certains commentateurs exotériques du Qorân ont prétendu que ... ) qui consisterait à désigner les Juifs en tant que tels comme étant ceux sur qui est la colère divine, et les Chrétiens en tant que tels comme les égarés, en précisant que cela "n'a évidemment rien d'une interprétation selon la haqiqâh".  Le commentaire ésotérique (ta'wîl) que fait Qachâni est bien plus subtil que cela, il suffit de s'y reporter pour le constater, mais pour le saisir par rapport à la haqiqa, il faut avant tout avoir perception de la haqiqa, c'est à dire se placer au delà de la dualité, abandonner la raison (al-'aql al-juzzi) au profit de l'intellect (al-'aql al kulli), sans quoi le sens intérieur ne peut apparaitre, car la raison voit deux quand l'intellect ne voit plus qu'un. Comment faire ? tout simplement en ramenant tout à soi, à tout instant, (cf: "Connais-toi toi-même de René Guénon), c'est la seule méthode pour que l'autre ne devienne plus que notre propre miroir, et qu'il cesse donc, de ce fait, d'exister en tant qu'autre, sans quoi il est impossible de comprendre le sens intérieur de tout texte et qui plus est du coran même. Le lecteur doit avoir conscience qu'Allah s'adresse directement à chaque lecteur et qu'il ne parle que du lecteur et de ses différents états, sinon cette suspicion d'antisémitisme que vous soulevez plus loin dans vos écrits à propos de Michel Vâlsan ou de René Guénon, vous vous devez par honnêteté la porter contre Allah (subhânahu wa ta'âla), car certains mots concernant les juifs ne sont pas tendres !

Le commentaire détaillé du commentaire de ce verset par Qachâni demanderait bien des compétences que je ne possède pas, mais ce qu'il est possible de dire simplement, c'est que le terme "Juifs" désigne ceux qui n'ont qu'une perception exclusivement transcendantale d'Allah (tanzih), et que le terme "Chrétiens" désignent ceux qui n'ont qu'une perception exclusivement immanentale d'Allah (tashbih), alors que le véritable musulman, est celui qui a la perception de ces deux dimensions, qui se situe dans cette voie du juste milieu qui conduit à la perplexité, entre la transcendance et l'immanence. Voyez-vous, le commentaire ésotérique (ta'wîl) fait appel au symbolisme, et ces termes de "Juifs" ou "Chrétiens" ont dans ce langage une signification particulière qu'il convient de prendre en compte.  A la lumière de ce symbolisme, il apparait clairement que bien des musulmans qui refusent de considérer Allah autrement que dans une transcendance exclusive font parti de ceux désignés par le terme "juifs", qu'il ne suffit pas d'être musulman selon la forme, mais l'être également selon le sens, il faut passer par la Perception de Sidna Muça et de Sidna Issa, voilà à mon sens ce que Michel Vâlsan, Cheikh Moustapha 'abd-al Aziz, voulait exprimer, en tout cas c'est ce que j'en ai compris. A mon sens avant d'attribuer une "vision limitée" à Michel Vâlsan ou à quiconque, il convient en premier lieu de considérer nos propres limitations, c'est bien plus sûr et moins risqué ! Pensez-vous que Michel Vâlsan pouvait s'illusionner au point de considérer que la colère divine et l'égarement ne concernent pas les musulmans ! à quoi bon répéter la fatiha tant de fois par jour si cela ne nous concernait pas ? Je pense qu'un minimum de bon sens peut nous préserver de tomber dans un piège aussi grossier.
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