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Psychologie : Psychiatrie et Psychanalyse

 
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Ven 10 Oct - 03:16 (2008)    Sujet du message: Psychologie : Psychiatrie et Psychanalyse Répondre en citant

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voudrais remettre le fameux texte de Donotherase (Cf. Forum Vrais Hommes) sur les camps d'extermination mentaux. Même si ce texte aurait plus sa place sur le fil concernant l'éducation, il touche aussi très directement au sujet de ce fil ci:

Citation:


"La crise d'adolescence" ? Trés simple...

Petit garçon a qui ces parents formatés on racontés qu'il vivait dans un monde parfait où tout était rose...

...Se met soudainement à voir et à penser par lui-même et ce rend compte qu'en réalité il est dans une merde pas possible, et que rien ne tourne correctement.

Le nouvel adulte est alors immédiatement plongé dans un flou complet, d'une part par ces parents devenu complètement abruti avec les années et qui sont totalement incapable de répondre à ces questions, d'autre part par l'éducation de mort des camp d'extermination mentaux que sont les lycées et les collèges.

Au final le gamin se retranche chez ses potes, qui n'ont d'autre solution a lui proposer que ce droguer, consommer à mort, baiser ou aller s'exploser en voiture après avoir passer toute une nuit enfermé dans une boîte de nuit/boîte à con.

En voyant tout cela, n'importe quel "spécialiste" moderne, concluera non pas à un dysfonctionnement du Système socio-politique, qui est parfait comme chacun le sait, mais à un problème du jeune lui-même...

Ainsi, sorte d'évolution de la possession par des démons, le jeune est "fou" "perturbé"... Et au final comme le nombre de suicide augmente, la Démocrassie étant le seul Système qui réussi à tuer sa jeunesse sans faire de guerre, et que le phénomène s'amplifie, on invente le concept de "crise d'adolescence", histoire de rester blanc comme neige, et de rassurer les parents qui sont d'anciens jeunes perdus devenus collabo à force de s'auto-détruire.


Je voudrais d'abord revenir sur ce texte. Il concerne bien la question de la psychologie et de la psychiatrie, parce qu'il parle de la crise de l'adolescence, qui, sous certains rapports, est bien une crise psychlogique.

Citation:


"La crise d'adolescence" ? Trés simple...

Petit garçon a qui ces parents formatés ont raconté qu'il vivait dans un monde parfait où tout était rose...





C'est en effet une des caractéristique de l'époque moderne et de son idéologie que de présenter le monde comme une utopie réalisée. Ce fut une des caractéristiques des pays communistes, bien sûr, puisqu'il s'agissait de déclarer que le monde qui était issu de la Révolution était bien un monde meilleur, un monde heureux. Mais on retrouve les mêmes tendances dans les démocraties occidentales, et spécialement en France. On touche ici à un point important, et que beaucoup de traditionnalistes oublient, c'est la réalité du monde moderne comme falsification du réel, et par réel, il faut bien entendre ici ce que tout le monde appelle le réel: ce qui est ici et maintenant. C'est vrai que, au point de vue métaphysique, on peut dire que le réel n'est que le voile de Maya, qu'il est illusoire, parce qu'il est le changement perpétuel. Mais même si nous sommes conscients de son caractère illusoire (et le sommes-nous vraiment?), il a, par définition, sa réalité, et celui qui ne s'y adapte pas va vers la mort. Si quelqu'un déclare qu'il fait une chaleur tropicale à Moscou au mois de décembre, et si il vit à Moscou au mois de décembre, et sort dans la rue en s'habillant en conséquence, cet homme meurt.

Or on peut effectivement poser que le mensonge permanent sur la situation réelle dans laquelle nous sommes, tel qu'il est institué à notre époque, ne peut conduire ceux qui y adhèrent que vers la mort.

Citation:


Petit garçon a qui ces parents formatés ont raconté qu'il vivait dans un monde parfait où tout était rose...

...Se met soudainement à voir et à penser par lui-même et se rend compte qu'en réalité il est dans une merde pas possible, et que rien ne tourne correctement.



Oui. Pas de commentaire.

Citation:


Le nouvel adulte est alors immédiatement plongé dans un flou complet, d'une part par ces parents devenu complètement abrutis avec les années et qui sont totalement incapable de répondre à ces questions, d'autre part par l'éducation de mort des camp d'extermination mentaux que sont les lycées et les collèges.




Certains lecteurs superficiels pourraient croire que Donotherase nous décrit la réalité du stalinisme, de l'URSS et des pays de l'Est, non, c'est bien de l'Occident qu'il s'agit. Et sans entrer dans le détail de ce qui pourrait être dit là-dessus, ce qui serait d'ailleurs impossible à moins d'écrire un ou plusieurs livres, on peut tout de même donner un exemple, et c'est celui de l'égalité supposée des êtres humains érigée en principe, alors qu'elle ne correspond à aucune réalité de fait dans aucun domaine, physique, mental, intellectuel, et même, il faut l'ajouter, moral. Autrement dit, la soi disant "éducation" est bien un formatage qui vise à nier ce qui est pour nous persuader de ce qui n'est pas. Et on peut à ce sujet citer un homme qui est le type même de l'enseignant moderne, Alain Finkielkraut qui écrit dans Nous autres modernes:

Citation:


je me suis mis à l'école de l'événement et j'ai choisi pour maxime pédagogique cette confidence de l'immense professeur que fut aussi Michelet: "J'ai toujours eu l'attention de ne jamais enseigner que ce que je ne savais pas."



Nous laissons les lecteurs méditer cet invraisemblable aveu de l'un des "intellectuels" les plus en vue de notre époque. Et cet homme s'étonne que les jeunes des banlieues aient décider de détruire les camps d'extermination mentaux dans lesquels le système dont il un des prêtres nous a enfermés!

Citation:


Au final le gamin se retranche chez ses potes, qui n'ont d'autre solution a lui proposer que ce droguer, consommer à mort, baiser ou aller s'exploser en voiture après avoir passer toute une nuit enfermé dans une boîte de nuit/boîte à con.

En voyant tout cela, n'importe quel "spécialiste" moderne, concluera non pas à un dysfonctionnement du Système socio-politique, qui est parfait comme chacun le sait, mais à un problème du jeune lui-même...



Ici, on peut rappeler l'emploi de la psychiatrie en URSS, qui visait à traiter les dissidents comme des fous, et l'on peut se demander si il y a jamais eu au monde un système à ce point monstrueux. Seulement si ce système fut bien celui des pays communistes, il est loin de leur appartenir en propre, et on peut se rappeler du film Vol au dessus d'un nid de coucou de Milos Forman. Le film est tiré du roman de Ken Kesey, mais ce qui est intéressant, c'est que Milos Forman était lui-même un dissident de l'Est (il était Tchéquoslovaque, à l'époque où ce mot avait un sens), et que ce qu'il nous montre dans son film, c'est bien que la même réalité psychiatrique concentrationnaire est au coeur de l'Extrême-Occident. Il est intéressant de voir aussi que c'est un Occidental (Jack Nicholson) qui se révolte contre le monde moderne, mais que c'est un homme traditionnel, un Indien, qui parvient à s'échapper, et on peut y voir un vrai symbole.

Le "spécialiste moderne" dont parle Donotherase, c'est le psy d'aujourd'hui, qui est chargé de défendre le système comme si ce système était normal. Si la police de la pensée est bien l'équivalent perfectionné de ce que furent les commissaires politiques, le gardien le plus redoutable du système est peut-être la psy (-chiatre, -chologue, -chanalyste, peu importe). Et je rappelle le proverbe américain, "ce n'est pas parce que vous êtes paranoïaque que l'on ne complote pas contre vous": il ne s'agit pas de nier la réalité des troubles psychologiques, mais de voir que ce qui falsifie intégralement le point de vue des psys, c'est qu'ils nient implicitement le fait que les troubles peuvent provenir de conditions objectives. Si un homme commence à éprouver un malaise dans une porcherie, c'est peut-être justement que cet homme est sain, qu'il a conscience de l'impureté environnante et qu'il en souffre. Or précisément, le psy ne souffre pas de la réalité du monde moderne, il en est le représentant.

Citation:


En voyant tout cela, n'importe quel "spécialiste" moderne, concluera non pas à un dysfonctionnement du Système socio-politique, qui est parfait comme chacun le sait, mais à un problème du jeune lui-même...

Ainsi, sorte d'évolution de la possession par des démons, le jeune est "fou" "perturbé"... Et au final comme le nombre de suicide augmente, la Démocrassie étant le seul Système qui réussi à tuer sa jeunesse sans faire de guerre, et que le phénomène s'amplifie, on invente le concept de "crise d'adolescence", histoire de rester blanc comme neige, et de rassurer les parents qui sont d'anciens jeunes perdus devenus collabo à force de s'auto-détruire.



Et la conclusion de Donotherase me parait parfaitement juste: les gens qui ne souffrent pas ou ne souffrent plus dans un monde comme le nôtre sont effectivement tout simplement des collaborateurs du système. Je terminerai ce post par un proverbe américain que chacun pourra méditer :

"Ce n'est pas parce que vous êtes paranoïaque que l'on ne complote pas contre vous."
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MessagePosté le: Ven 10 Oct - 03:16 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Edgar



Inscrit le: 25 Juin 2008
Messages: 58

MessagePosté le: Sam 11 Oct - 09:02 (2008)    Sujet du message: Psychologie : Psychiatrie et Psychanalyse Répondre en citant

Plutôt d'accord avec tout ça.

Pour les gens "qui ne souffrent pas ou plus", je crois qu'ils n'existent pas à l'heure actuelle. C'est quelque chose d'impossible à évaluer, mais il y a un tel décalage entre ce que les gens montrent en public et ce qu'ils ressentent vraiment, qu'il est finalement assez dur d'imaginer des gens vraiment heureux ici. Un exemple tout bête: la prolifération et le succès des sites de rencontres. C'est bien là le signe que quelque chose ne va pas, et dans un des domaines les plus important.
Mais pour parler de "collaborateurs", il faudrait que les gens participe en connaissance de cause à tout ça, et je ne suis pas sûr que beaucoup de monde ait conscience de ce qui se passe. Je connais quelques personnes ayant fait des études de psychologie, certaines exercant, et ce sont toutes des personnes qui vont très mal, même si extérieurement elles se donnent des allures sereines. La plupart s'estiment en opposition au système, ce qui ne facilite pas la conversation quand on essaie de leur expliquer qu'en fait elles y contribuent !

Concernant le "voile sur le réel" il n'y a qu'à observer les publicités, qui n'ont pas grand chose à envier aux propagandes totalitaires. On peut même se demander si elles sont vraiment là pour vendre un produit, ou s'il n'y a pas autre chose dérrière de plus calculé. Parce qu'il y en a, on se demande vraiment en quoi elles pourraient faire vendre quoi que ce soit.

Vous avez parlé de Palo Alto dans un autre sujet, Lutfi: voici un extrait intéressant de l'article wikipédia:

Citation:
voici une expérience de type « caméra invisible » effectuée par Watzlawick qui montre la relativité (pour ne pas dire la vacuité) des diagnostics péremptoires en psychiatrie. Watzlawick demande un jour à Jackson de se laisser filmer, lors d’une première consultation avec un malade paranoïaque dont le délire consiste à se prendre pour un psychologue clinicien. Il demande d’autre part à un ami psychologue clinicien de bien vouloir se laisser filmer, lors d’une première consultation, avec un malade paranoïaque dont le délire consiste à se prendre pour un psychiatre. En réalité, Watzlawick orchestre à leur insu la confrontation de deux vrais « psy » qui ne se connaissaient pas encore. Chacun met tout son talent à démontrer la folie de l’autre, sur la foi des informations préalables : plus l’interlocuteur se comporte en « psy » (une obligation, puisqu’il croit recevoir un patient très atteint), et plus ce comportement (pourtant fort judicieux) confirme son prétendu délire aux yeux de son collègue méconnu. Watzlawick en conclue que le diagnostic psychiatrique s'apparente parfois à une « étiquette » douteuse, induite par une idée préconçue, venue d’un tiers faisant autorité. 
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Sam 11 Oct - 13:40 (2008)    Sujet du message: Psychologie : Psychiatrie et Psychanalyse Répondre en citant

Citation:
Mais pour parler de "collaborateurs", il faudrait que les gens participe en connaissance de cause à tout ça, et je ne suis pas sûr que beaucoup de monde ait conscience de ce qui se passe.


C'est vrai, cher Edgar, et d'ailleurs Guénon a bien dit que les victimes de la suggestion moderne ne sauraient être tenues pour responsables de celle-ci. C'est d'ailleurs, soit dit en passant, une des raisons qui condamnent les intégristes, parce que ceux-ci prétendent juger des gens dont ils ne comprennent pas la situation. Cela ne vaut d'ailleurs pas que pour les intégristes islamiques: les réflexions les plus profondes faites sur ce ce sujet furent peut-être celles de Bernanos, à propos de l'équivalent chrétien des intégristes islamiques.

Mais fermons cette parenthèse. Même si les gens ne participent pas en connaissance de cause, ils n'en sont pas moins des collaborateurs objectifs du système. Et je rappelle encore que le seul cas d'un psychanalyste qui ait remis en cause la psychanalyse de l'intérieur, en découvrant l'importance de la question du sens est celui de Viktor Frankl, qui s'en rendit compte lorsqu'il était en camp de concentration et qu'il essaya de soigner des déportés. C'est important parce que c'est aussi le seul cas que je connaisse d'un psy qui s'est retrouvé dans la même situation que ses patients, et il faut rappeler le sens étymologique du mot compassion: littéralement ce mot veut dire souffrir avec. Parce qu'il a souffert avec ses patients, ce psychanalyste s'est rendu compte de ce qui est essentiel pour toute vie, et qui est la question du sens.

Sinon, l'exemple que vous avez donné des travaux de Watzlawick est tout à fait typique. Il est à la fois très drôle, et vraiment terrifiant, quant on pense aux situations humaines effroyables qui peuvent être engendrées par de tels malentendus. En même temps, ce genre d'anecdote n'est pas sans rappeler celles de Tchouang tseu, ce qui suggère que si les travaux de Watzlawick ne sont pas métaphysiques, une partie au moins de ceux-ci sont peut-être susceptibles d'une transposition métaphysique. J'ai envie d'ajouter que la lecture de Watzlawick est une des choses qui manque à beaucoup de guénoniens, car ce qui leur fait souvent défaut, c'est la connaissance la plus élémentaire d'eux-mêmes, même du point de vue psychologique.

A propos de cette idée de transposition métaphysique des résultats des travaux de Watzlawick, il faut savoir que l'une de ses intentions fut de corriger la psychanalyse en introduisant une manière presque mathématique d'étudier la psychologie. Or les mathématiques sont, avec la logique une des sciences les plus à même d'une transposition métaphysique.
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idriss33



Inscrit le: 11 Jan 2009
Messages: 9
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MessagePosté le: Mer 14 Jan - 21:56 (2009)    Sujet du message: Psychologie : Psychiatrie et Psychanalyse Répondre en citant

Bonjour à tous,

J'ouvre sur la psychanalyse, en partant de ce qu'à pu en dire René Guénon. Dans la psychologie apparaissent les mêmes tendances que dans la philosophie, mais plus inquiétantes, parce que elles y trouvent une application pratique dangereuse. La plus répandue est la psychanalyse.

"[…] un des caractères les plus singuliers de la science moderne n’est-il pas de ne jamais savoir exactement à quoi elle a affaire en réalité, même quand il s’agit simplement des forces du domaine corporel?” (p. 222) Le règne de la quantité.

La psychologie actuelle n’envisage que le "subconscient”, et jamais le "superconscient”. Certains parlent même d’«inconscient». Les psychologues considèrent les états d’autant plus «profonds» qu’ils sont plus inférieurs. Le domaine de la psychologie ne s’étendant jamais vers le haut, quand il lui arrive quelque chose qui tient du superconscient, elle prétend l’annexer au subconscient.

Les interprétation psychanalytiques du symbolisme ont un caractère satanique : "[…] le caractère généralement ignoble et répugnant des interprétations psychanalytiques constitue, à cet égard, une «marque» qui ne saurait tromper; et ce qui est encore particulièrement significatif à notre point de vue, c’est que […] cette même marque se retrouve précisément aussi dans certaines manifestations spirites […].” (p. 225) idem

L’usage thérapeutique de la psychanalyse ne peut donc qu'être extrêmement dangereux pour ceux qui s’y soumettent.

"En réalité, la psychanalyse ne peut avoir pour effet que d’amener à la surface, en le rendant clairement conscient, tout le contenu de ces «bas-fonds» de l’être qui forment ce qu’on appelle proprement le «subconscient»; cet être, d’ailleurs, est déjà psychiquement faible par hypothèse, puisque, s’il en était autrement, il n’éprouverait aucunement le besoin de recourir à un traitement de cette sorte; il est donc d’autant moins capable de résister à cette «subversion», et il risque fort de sombrer irrémédiablement dans ce chaos de forces ténébreuses imprudemment déchaînées; si cependant il parvient malgré tout à y échapper, il en gardera du moins, pendant toute sa vie, une empreinte qui sera en lui comme une «souillure» ineffaçable.” (p. 226) idem

La psychanalyse est une parodie profane de la descente aux Enfers. En fait, il s’agit d’une contrefaçon, d’une "chute dans le bourbier” : "[…] on sait que ce «bourbier» avait notamment sa figuration sur la route qui menait à Eleusis, et que ceux qui y tombaient étaient des profanes qui prétendaient à l’initiation sans être qualifiés pour la recevoir, et qui n’étaient donc victimes que de leur propre imprudence.” (p. 227) idem

Celui qui veut pratiquer la psychanalyse doit se laisser psychanalyser lui-même. Cela implique la reconnaissance du fait ce l’être qui a subi cette opération n’est plus jamais tel qu’il était auparavant, il en porte une empreinte ineffaçable, comme l’initiation, mais à l’envers.

„[…] la psychanalyse présente, par ce côté, une ressemblance plutôt terrifiante avec certains «sacrements du diable»!” (p. 229)idem

Note en bas de page : "Une remarque en passant: pourquoi les principaux représentants des tendances nouvelles, comme Einstein en physique, Bergson en philosophie, Freud en psychologie, et bien d’autres encore de moindre importance, sont-ils à peu près tous d’origine juive, sinon parce qu’il y a là quelque chose qui correspond exactement au côté «maléfique» et dissolvant du nomadisme dévié, lequel prédomine inévitablement chez les Juifs détachés de leur tradition?” (p. 222)idem
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Corto



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MessagePosté le: Mar 20 Jan - 13:52 (2009)    Sujet du message: Réponse à Idriss sur la psychanalyse Répondre en citant

Bonjour Idriss,

je suis bizarrement soulagée en lisant ces lignes car il me semble bien en effet que toute tentative d'"y voir plus clair" en soi via la psychanalyse nous conduise vers l'obscurité de l'Enfer et nous remette en contact avec la souillure : le risque est grand de s'y enliser ! Sans compter aussi le fait que le psychanlyste est à "payer" de sa main, avec toute la problématique liée à l'argent...
La psychanalyse fait peur car nous y risquons notre âme.

C'est du moins l'expérience intime que j'ai de cette discipline : on la présente comme un "mal" mis en scène ( le transfert) pour rencontrer ses sentiments les plus bas (adultères, incestueux, peu respectueux des lois...)que nous portons en nous et que les systèmes religieux nous apprennent à dépasser. Le fait de prendre conscience de nos conflits nous aiderait à mieux les maitriser. Est-ce vrai en l'absence d'une éducation qui nous y aide ?
Si nous sommes appelés à aller vers le haut, pourquoi dès lors se mettre à examiner le bas au risque de s'y complaire ? Au fond, nous relevons tous de la même logique "maternelle" et infantile, cupide et égoiste et les religions nous enjoignent de la dépasser.
Je n'ai jamais compris pourquoi on pensait que de "revisiter" cette zone d'ombre, même guidé par un psy qui va jouer le rôle des personnes qui vous ont fait souffrir pourrait mener à une élévation : mieux se connaitre ? Faire accéder des zones ignorées à la conscience, oui, mais l'important n'est-il pas de sortir de l'Enfer ? Le "ça" n'est rien d'autre que le péché. Est-ce que la psychanalyse permet de s'en "laver", de le dépasser ?
La psychanalyse a été inventée avec les premiers temps de l'économie capitaliste indistriele, y-a-t-il un lien entre ceci et cela ?

C'est une discipline déconnectée de la religion et de la transcendance. Si nous confondons profondeur et infériorité, nous allons nous croire profonds alors que nous passerons à côté de notre vie d'humains apelés à la vie plutôt qu'à sa destruction. Ceci dit, la psychanalyse tient compte de la dimension hsitorique de l'être contrairement aux TCC actuelles qui abordent l'humain comme une "chose" à mieux "gérer".

La psychanalyse touche à ce que les religions considèrent comme dangereux car pouvant mener sur la voie du mal si on ne les canalise pas ( pulsions infantiles, cupidité,mensonges, sexe...).
Lorsque je lis des essais de psychiatrie et psychanalyse abordant la perversion ( exemple : "La haine de l'amour" de Maurice Hurni et Giovanna Stoll ) je comprends que c'est exactement ce que l'on nommait le "Diable" il n'y a pas si longtemps, l'absence de foi, ce qui "sépare" au lieu d'unir. (Par exemple, ce peut être, par manque de foi , le fait de donner une interprétation négative à un bel acte, offensant par là son auteur, "salissant" un acte neutre ou conforme à la volonté de Dieu).

Dans "Le portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde, Dorian est fiancé à une jeune fille pure. Lord Henry, le principe diabolique, lui souffle l'idée que tout le monde est corruptible, même elle. Il lui propose de la tester pour s'en assurer, souillant ainsi la confiance de l'amour. Lord Henry déteste l'amour : il veut donc le disséquer, trouver des "preuves".
Dorian propose donc à sa fiancée de pécher (avant le mariage) ce à quoi elle consent dans le déchirement, prise en étau entre sa vertu et son amour pour Dorian. Le lendemain, Dorian lui délègue toute la responsabilité de ce péché : je vous croyais pure, vous m'avez déçu.
La jeune fille met fin à ses jours.
Le principe diabolique est présent là-dedans : ne pas faire confiance, perdre la foi et la faire perdre. Perdre la responsabilité sociale vis-à-vis d'autrui ( séduire à mal faire : les "conseillers perfides" résident au Huitième cercle de l'Enfer de Dante) . Détruire ce qui est beau.
On notera que ceci est possible dès lors que l'on s'appuie sur des "preuves" ( méthode scientifique : allez vérifier) au lieu de s'appuyer sur la foi pour fonder le lien social.
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"L'idée que les croyances de l'humanité entière ne sont qu'une vaste mystification à laquelle nous sommes à peu près les seuls à échapper est pour le moins prématurée."
René Girard.
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Corto



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MessagePosté le: Mar 20 Jan - 23:18 (2009)    Sujet du message: Psychanalyse Répondre en citant

Bonsoir,

quelques réflexions pouvant appuyer dans le sens des idées développées par Idriss : l'usage de la psychanalyse comme thérapie peut être dangereux.
L'une des raisons pouvant être que la thérapeutique de l'âme donne à celui qui soigne un grand pouvoir (pouvoir que les règles du métier et la déontologie tentent de limiter) et que ce pouvoir peut lui faire perdre le sens du respect des patients ou de sa propre finitude : son interprétation (celle de son école) risque de passer pour la seule valable et si le patient secoue la tête, c'est qu'il "résiste" à la vérité et refuse d'aller mieux.
Si on évacue les notions d'autorité et de transcendance, si ces notions sont mal ancrées chez le thérapeute, celui-ci peut facilement glisser d'une position de sujet "supposé savoir" (écoutant de façon neutre et BIENVEILLANTE) à celle de sujet "détenant le savoir" sur le patient.
Ce dernier va donc au lieu de se trouver ou de trouver le sens de ses actes buter sur un "piège" identitaire, une image dégradée de lui-même.
On voit fleurir actuellement une mode qui consiste à se "psychologiser" les uns les autres grâce à la vulgarisation de la psychanalyse. On le voit dans les talkshows, par exemple.
C'est très dangereux à mon avis mais tellement répandu que plus personne n'apprend à s'en protéger ou à éviter de le faire avec d'autres. On finit par ne plus s'intéresser qu'au subconscient des autres, à leur "chambre noire" au lieu que l'éducation classique au lien social nous apprenait au contraire à considérer plutôt les forces, les qualités des autres, à ne pas toucher à leur intimité, aux "bas-fonds".
L'idéal moderne de transparence et de contrôle produit des sujets qui se racontent à d'autres qui vont en retenir les zones "sombres" et hasarder des interprétations rapides dans l'espoir d'évacuer au plus vite ce qui pourrait faire obstacle à l'épanouissement personnel des sujets devenu la seule norme. On ne supporte plus de ne pas "comprendre". On considère la souffrance comme le signe d'une erreur personnelle ou d'un conflit interne et qu'il faut éliminer au pus vite.
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Corto



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MessagePosté le: Mer 21 Jan - 13:50 (2009)    Sujet du message: Psychologie : Psychiatrie et Psychanalyse Répondre en citant

(Suite)
Dans un contexte désymbolisé où la "place d'exception"( l'autorité) n'existe plus, le risque est grand de voir la psychologie mise au service de la puissance personnelle. Il ne s'agit donc pas d'une élévation mais d'un abaissement, tant pour celui qui subit les "interprétations" que pour celui qui les lui assène.
Nous oublions souvent que faire du mal à notre prochain c'est aussi nous en faire à nous-même.

Le psychologisme actuel tend à localiser de façon "fixe" (par exemple au moyen de classifications comme le DMS américain) le mal dans les individus particuliers (les sadiques, les narcissiques, etc.). Le mal est ce qui entrave l'épanouissement personnel et devrait donc être évacué des individus qui en souffrent via une thérapie personnelle.
L'individu moderne n'est responsable que de lui-même. Il existe avant le lien social qui doit servir de préférence son épanouissement au moyen de liens contractuels facilement résiliables.

Le psychologisme ne voit pas au-delà de l'individu parce qu'il est issu de sociétés qui postulent le primat de l'individu sur le lien social. L'individu aurait à se fonder tout seul et préexisterait au lien social ( qui pourrait même le corrompre). A la limite, celui qui arrive à faire souffrir "sans état d'âme" 'sans souffrances, pour son profit personnel, celui qui "ne doit rien à personne" ne va pas être considéré comme "malade".

Dans la conception traditionnelle, le Mal (l'égoisme, les pulsions mal canalisées) est présent en chacun de nous et peut tenter tout le monde. Il se transmet ! Il est contagieux : à la violence répond la violence par mimétisme. A l'égolatrie des uns va répondre l'idolatrie de ses "fans"(si je m'adore, il y a de fortes chances pour que les autres m'adorent aussi).
Il n'est pas le fait de quelques individus supposés "malades" ou mauvais mais le résultat d'un processus.
Nous sommes donc invités à ne pas y succomber, par souci pour le lien avec les autres ou avec Dieu. Les solutions au Mal ne sont donc pas tant dans l'exploration personnelle des origines du Mal mais dans une éducation qui vise à en limiter les dégats, à en sublimer une partie, à le canaliser vers des buts sociaux ce qui supose que les individus aient conscience de leur "dette" envers la société et envers ceux qui les y ont précédés.
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René Girard.
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