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Principe et méthode de la politique dans la perspective traditionnelle

 
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MMansoûr
Invité





MessagePosté le: Mar 24 Juin - 00:10 (2008)    Sujet du message: Principe et méthode de la politique dans la perspective traditionnelle Répondre en citant

René Guénon, dans Autorité spirituelle et Pouvoir temporel, en évoquant "le mandat du Ciel" de la tradition chinoise (c'est-à-dire la délégation régulière du Pouvoir temporel par l'Autorité spirituelle au souverain de l'Empire) citait ce texte de Confucius:

"Les anciens princes, pour faire briller les vertus naturelles dans le coeur de
tous les hommes, s’appliquaient auparavant à bien gouverner chacun sa
principauté. Pour bien gouverner leurs principautés, ils mettaient auparavant
le bon ordre dans leurs familles. Pour mettre le bon ordre dans leurs familles,
ils travaillaient auparavant à se perfectionner eux-mêmes, ils réglaient
auparavant les mouvements de leur coeur. Pour régler les mouvements de leur
coeur, ils rendaient auparavant leur volonté parfaite. Pour rendre leur volonté
parfaite, ils développaient leurs connaissances le plus possible. On développe
ses connaissances en scrutant la nature des choses.
La nature des choses une fois scrutée, les connaissances atteignent leur
plus haut degré. Les connaissances étant arrivées à leur plus haut degré, la
volonté devient parfaite. La volonté étant parfaite, les mouvements du coeur
sont réglés. Les mouvements du coeur étant réglés, tout homme est exempt de
défauts. Après s’être corrigé soi -même, on établit l’ordre dans la famille.
L’ordre régnant dans la famille, la principauté est bien gouvernée. La
principauté étant bien gouvernée, bientôt tout l’empire jouit de la paix."

Ici s'arrête la citation de Guénon que nous complétons ici en en extrayant la conclusion de la traduction du P.Couvreur:

"Depuis le Fils du Ciel jusqu’au plus humble particulier, chacun doit avant
tout se perfectionner soi-même. Celui qui néglige le principal ne peut régler
convenablement les choses qui en dépendent. Jamais un homme qui soigne
peu ce qu’il doit aimer le plus n’a gouverné avec diligence ce qui lui est moins
cher."

Chacun pourra juger à l'aune de ce texte la différence entre la conception traditionnelle, ici dans sa formulation confucéenne (et nous rappelerons qu'elle n'est que l'expression la plus extérieure de la tradition chinoise, le Taoïsme qui est essentiellement métaphysique et initiatique représentant quant à lui le coeur de cette tradition), et la conception ou plutôt l'exercice de la politique dans nos modernes démocraties.

"Charité bien ordonnée commence par soi-même" et le Prophète de l'islam - sur lui la paix et le salut - commencait toujours par lui-même lorsqu'il partageait un bien avec sa communauté... Qui peut prétendre diriger un pays lorsque le pouvoir lui échappe dans sa propre maison? lorsque qu'il n'est pas en mesure de se contrôler lui-même?

Nous finirons par noter que dans cet ordre d'idée que la tradition islamique reconnait une qualité toute particulièrement nécessaire au mari vis à vis de son ou de ses épouses: la siyasa, or qu'est-ce que la siyasa?... La vertu politique!  
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MessagePosté le: Mar 24 Juin - 00:10 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Edgar



Inscrit le: 25 Juin 2008
Messages: 58

MessagePosté le: Sam 28 Juin - 23:39 (2008)    Sujet du message: Re: Principe et méthode de la politique dans la perspective traditionnelle Répondre en citant

MMansoûr a écrit:
Qui peut prétendre diriger un pays lorsque le pouvoir lui échappe dans sa propre maison? lorsque qu'il n'est pas en mesure de se contrôler lui-même? 
 

Fais-tu référence au fameux "casse-toi, pauvre con !" ?   Shocked

Cette citation de Confucius parraît tellement évidente, et pourtant force est de constater qu'elle n'est pas à l'ordre du jour chez nous... Et pas seulement dans la vie politique, dans la vie quotidienne des gens également. Aujourd'hui, l'action semble toujours primer sur la réflexion et la connaissance. Et notre président est l'incarnation parfaite de cette absurdité:





Notre époque oppose action et inaction, et dans l'inaction sont rangées à la fois la passivité et la réflexion. Ceci a pour effet de culpabiliser les personnes enclines à la réflexion, qui préfèrent se jeter dans la première activité militante correspondant à peu près à leurs idées du moment (et à partir de là abandonner le travail de réflexion), plutôt que de poursuivre un cheminement intellectuel qui impliquerait l'inaction.
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QAF_181



Inscrit le: 27 Juin 2008
Messages: 52
Localisation: France

MessagePosté le: Dim 29 Juin - 13:23 (2008)    Sujet du message: Re: Principe et méthode de la politique dans la perspective traditionnelle Répondre en citant

Comme tu le fais remarquer notre cher président n'a pas l'apanage de la suractivité; laquelle ne semble malheureusement pas être le reflet d'une quelconque contemplation ni même d'une simple activité spirituelle ( c'est à dire liée à l'esprit, dont l'activité ne doit pas être confondue avec celle du mental et de la raison comme l'a indiqué et largement explicité René Guénon dans ces nombreux ouvrages).


Edgar a écrit:
Notre époque oppose action et inaction, et dans l'inaction sont rangées à la fois la passivité et la réflexion. Ceci a pour effet de culpabiliser les personnes enclines à la réflexion, qui préfèrent se jeter dans la première activité militante correspondant à peu près à leurs idées du moment (et à partir de là abandonner le travail de réflexion), plutôt que de poursuivre un cheminement intellectuel qui impliquerait l'inaction.

En effet, l'activité semble pour nos modernes contemporains la seule susceptible de porter des fruits, à ce titre tout ce qui relève de la connaissance intérieure et métaphysique parait bien peu de chose à leurs yeux. Hors la réalité est inverse, la connaissance se différencie justement de l'action, sur ce plan, car elle porte en elle-même ces fruits (étant par nature un processus d'unification et d'identification) alors que ceux de l'action ne sont obtenus que par une ré-action, on reste donc toujours dans la dualité.

Si l'action diffère donc très nettement de la connaissance, le rôle (secondaire) que lui assigne la doctrine traditionnelle n'est cependant pas négligeable. L'action rituelle, dans cette perspective, dont le but est la conformité à l'ordre traditionnel,par une "mise en mouvement " de symboles fondamentaux, détermine une série de "vibrations" sur le plan corporel, psychique et spirituel, dont les répercussions interviendront plus ou moins rapidement et profondément, selon l'orientation, la qualité et la régularité de ces actions.

Pour terminer sur ce point précisons que selon le domaine concerné la nature et le but de ces répercussions pourra largement différer: s'agissant du domaine exotérique (dont fait partie le domaine religieux) cette mise en conformité à l'ordre est indirecte car elle laisse subsister une dualité (l'être ne se conformant qu'extérieurement à l'ordre traditionnel), dans l'ordre ésotérique (domaine de nature toute intérieure) et initiatique cette action (qui rappelons-le intervient en sus du rite exotérique, base nécessaire à toute initiation) et ses répercussions pourrons amener, chez l'être engagé dans ce travail, une modification de son état et un élargissement de sa connaissance initiatique et principielle, ce qui selon les cas impliquera une transformation bien plus directe et profonde de l'être et même, dans certains cas exceptionnels, une réalisation intégrale de l'état suprême, ce qu'on peut trouver désigné chez Guénon par le vocable "d'Identité Suprême". Dans ce cas, par excellence, "l'inaction" que tu décris doit être conçue comme la quintessence de l'action, son principe et son faîte, nommé "wou-wei", "non-agir", par la tradition chinoise.

Cette doctrine des "actions et réactions concordantes" dont le nom est emprunté à cette même tradition, apparait comme un des éléments fondamentaux et universels de toute perspective traditionnelle intégrale et nul autre que René Guénon ne l'a si clairement exposée; on trouvera notamment dans l'Introduction Générale au doctrines Hindoues, dans le chapitre sur la Mimansa, un intéressant développement sur cette question, et sur la notion correspondante dans la doctrine Hindoue: l'apurva.

En dernier lieu nous soulignerons qu'en effet, le texte de Confucius et la doctrine dont il se fait l'interprète autorisé
MMansoûr a écrit:
(n'est que l'expression la plus extérieure de la tradition chinoise, le Taoïsme qui est essentiellement métaphysique et initiatique représentant quant à lui le coeur de cette tradition)  


A ce titre, et si l'occasion m'était donnée à l'avenir, je me proposerais, en m'appuyant notamment sur les indications transmises par René Guénon, d'envisager la transposition de ces questions dans le domaine initiatique et en particulier dans le Taoïsme et l'ésotérisme islamique.
-------------------
"Quli'Llah..." (Coran VI, 91)
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