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Le libéralisme économique
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Salomon Bel-Air



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MessagePosté le: Mer 15 Oct - 20:09 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Le but de ce fil serait d'expliquer uniquement le libéralisme économique sans pour autant omettre quelques détails fondamentales en matière politique, religieuse.... Mais avant de commencer, je souhaite établir une grille de lecture très synthétique et aussi d'un point de vue universitaire sur les grands courants de l'économie libérale. Cela permettra de base d'inspiration pour comprendre le libéralisme économique et également pour le compléter. Par ailleurs ce point vue reste assez insuffisant, cependant des millions d'étudiants dans le monde sont médusés par ces cours, il est donc utile de savoir ce qu'ils apprennent.

En outre, il faut bien garder en tête ce détail notable, que toute théorie nouvelle dans l'histoire de l'économie a semblé s'opposer à la théorie dominante.

Les libérales classiques : ceux qui ont déposé les premiers jalons.

On est en pleine révolution industrielle, l'Angleterre, en pleine démocratie parlementaire, va fournir les 3 principaux artisans du libéralisme économique.

Adam Smith : Adam Smith est un économiste écossais, optimiste quant à la capacité de contrôler la nature. Il va donc marquer le début du rationalisme économique. Effectivement la valeur d'un bien est calculée en fonction de la quantité du travail. De plus, selon lui le marché organise miraculeusement l'économie et la vie quotidienne des individus.

David Ricardo : D'une part, c'est un pessimiste qui suppose que la croissance stagnera un jour ou l'autre étant donnée que les propriétaires fonciers sont des protectionnistes économiques. Autrement dit, Ricardo trouve que ces derniers ne sont pas libre-échangiste. D'autre part sa pensée libérale va aboutir à la spécialisation des tâches. Enfin, il va défendre les entrepreneurs - futur capitaliste - tout au long de sa vie. Quant aux ouvriers, ils disposeront d'un salaire sociale et seront loger.

Robert Malthus : L'Angleterre subit une augmentation démographique effroyable à cette époque. Il va donc démontrer que la croissance de la population croitre plus vite que la production. De ce fait, il va lorgner l'interdiction de la charité aux populations pauvres, qui comme nous le savons tous, font plus d'enfants.


Dernière édition par Salomon Bel-Air le Mer 15 Oct - 20:42 (2008); édité 3 fois
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MessagePosté le: Mer 15 Oct - 20:09 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Salomon Bel-Air



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MessagePosté le: Mer 15 Oct - 20:22 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Karl Marx, le constestateur du libéralisme.

Karl Heinrich Marx, est un économiste réfugié en Angleterre (comme tout le monde) et va devenir par la suite célèbre pour ses critiques sur le capitalisme qui d'après lui s'achemine obligatoirement sur une crise. Karl marx ne diffère pas beaucoup des libéraux, le bien est jugé par la quantité du travail, le capitalisme n'est pas complètement condamnable puisqu'il a permis d'augmenter la richesse. Il veut que le prolétariat détruise le capitalisme et l'Etat, protecteur selon lui de la classe dominante, les entrepreneurs.
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Salomon Bel-Air



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MessagePosté le: Mer 15 Oct - 20:36 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Les néo-classiques : le renouveau de la pensée libérale.

Karl Marx a bousculé les libéraux. Ces derniers vont alors avoir un besoin d'une certaine manière d'un corpus pour le contrer. Ces libéraux vont mathématisé l'économie. Tout peut se traduire, tout peut être rationalisé, tout comportements humains se rationalisent.... Bref, Il faut aussi tenir compte qu'à cet époque, avec la tour Eiffel, le téléphone, ils ont une confiance absolue dans le progrès et la science. On distinguera 3 écoles : l'école de Louisiane avec Léon et Paronto (je crois que c'est avec cette école que les français ont pris un virage mathématique, à vérifier), l'école de Vienne et enfin l'école de Cambridge : Marchall.
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Salomon Bel-Air



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MessagePosté le: Sam 18 Oct - 11:51 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Par surcroît, bien que ce soit une synthèse universitaire, j'aimerais vous faire part que les étudiants sont de plus en plus aliénés par les cours d'économies étant donnée que je suis sur le terrain en tant qu'étudiant. Entre autres, expliquer que Marx a accompagné le capitalisme ne sera probablement plus enseigné dans les écoles sauf à la limite dans les études supérieurs. On peut également déjà contacter que la réforme du bac ES n'est qu'un prémisse, si vous êtes au courant. Le ministre de cette réforme, M. Darcos avait déclaré ses doutes sur les débouchés de la filière d'économie générale, - L’Association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES) s’était alors demandé si le ministre de l'éducation était mal informé ou mal intentionné - qui n'est qu'un pure mensonge puisque qu'à l’université, 75 % - environ - des bacheliers ES réussissent leur licence sans redoubler d'après les chiffres de l'APSES et les meilleurs d'entre eux intègrent avec succès les écoles les plus prestigieuses.

Ce n'est qu'une pure supposition car je ne connais pas entièrement les reformes des filières générales mais au vue de l'histoire de cette filière autrefois dénommée B, je crois que les patronaux cherchent à détruire cette filière "contestataire" qui, pourtant ne fait que questionner les élèves sur la vie de la société tel qu'elle est et qui, de plus ne fournissent pas assez de bon pions pour le corps de l'administration française et le système capitalisme.

Enfin les réformes récentes des BTS et du bac STG sont les réformes les plus horribles, aucune critique réelle sur la société, l'avis doit être neutre, considère Jacques Saraf, le doyen de ses deux dernières réformes. Cependant lorsque l'on s'aperçoit dans les cours que le PIB est simplement un indicateur avec quelques petites incohérences du fait qu'il ne prend pas en compte le travail des bénévoles, on est baba sur la neutralité.
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Edgar



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MessagePosté le: Dim 19 Oct - 00:26 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Si ça peut te rassurer, j'ai pour ma part eu tout un parcours dans des filières réputées "contestataires", ça continue aujourd'hui, et je peux t'assurer que c'est tout sauf le paradis de l'intelligence... Très franchement, je ne sais pas ce qui vaut le mieux: un enseignement clairement soumis au système, ou une pseudo-subversion tellement confuse, grotesque, mais sure de son bon droit qu'elle cultive depuis des années des récoltes d'ignares bloqueurs de fac persuadés d'oeuvrer pour le bien de l'humanité, qui deviennent ensuite profs à leur tour et la boucle est bouclée...

Je pense qu'il vaut mieux à l'heure actuelle que l'enseignement soit ouvertement "neutre" (soumis au système) que de se faire passer pour autre chose.

Allez, si un jour j'ai un prof qui me fais un parallèle entre le libéralisme économique et la libéralisation des moeurs, je change d'avis... En attendant, tout ce que j'entends dire, c'est que la sociologie "démontre que toute hiérarchie sert la classe dominante et peut s'expliquer par des facteurs socio-économiques etc etc..." 
Effectivement, c'est subversif, mais dans le mauvais sens du terme.
Et là, cette année, j'ai un prof particulièrement taré, qui a joué cartes sur table dès le début. Pour faire bref: pour lui, tout ce qui s'est passé dans l'histoire de l'humanité avant l'invention de la sociologie, c'était de la domination et de l'oppression. Là ça y est, on commence à voir le bout du tunnel grace à Bourdieu. Je caricature un peu mais c'est ça... Alors tu vois, de la subversion de ce tonneau, je m'en passerais bien... et quand je vois la façon dont c'est reçu par d'autres élèves, j'ai vraiment peur.
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Dim 19 Oct - 00:56 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Oui je crois que dans ce domaine, c'est à peu près partout pareil dans l'Université française.
Pour l'instant le fil sur l'éducation a été un peu interrompu, mais il y aurait bien des choses à dire. En fait, on pourrait "écrire un livre de Guénon" si l'on décidait de mettre ensemble tous les passages de son oeuvre où il a traité de l'éducation moderne. Si quelqu'un essayait de composer ce livre en l'intitulant De l'éducation moderne, ce pourrait être assez intéressant. Mais ce qui ressort clairement de tout ce que Guénon a écrit sur la question, c'est que les études modernes sont surtout propres à produire des disqualifications intellectuelles. Encore Guénon ne parle-t-il que des méthodes universitaires ou scolaires en elle-mêmes. Si l'on y ajoute les falsifications ajoutées par les professeurs, soit par parti-pris idéologique, soit par incompétence, on arrive à un constat vraiment catastrophique.

Guy Debord parlait, à propos des régimes totalitaires (fascistes ou staliniens) de spectaculaire concentré, de spectaculaire diffus pour le régime américain de son temps, et de spectaculaire intégré en ce qui concerne le nôtre. Si l'on sort de la terminologie de Guy Debord, on pourrait dire que notre régime se caractérise par une sorte de synthèse entre le totalistarisme et le libéralisme. C'est peut-être à l'Université que c'est le plus flagrant: ce n'est pas un totalitarisme au sens stalinien, parce que chaque professeur peut faire régner dans son cour, son micro-totalitarisme personnel.

En ce qui concerne le libéralisme économique, je ne connais pas très bien la question, mais ne pourrait-on pas dire que sa caractéristique est d'être le seul système social fondé sur le développement incontrôlé de tous les désirs, ou plutôt de tous les désirs susceptibles de conduire à la marchandise?
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Edgar



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MessagePosté le: Dim 19 Oct - 01:30 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Citation:
Ne pourrait-on pas dire que sa caractéristique est d'être le seul système social fondé sur le développement incontrôlé de tous les désirs, ou plutôt de tous les désirs susceptibles de conduire à la marchandise? 

C'est là que Soral et Clouscard, son inspirateur, sont intéressants: ils montrent très bien ce rapport. 
Le problème, c'est que le libéralisme est toujours scindé entre la partie économique et la partie "sociétale". Pourtant, il n'y a pas besoin d'aller chercher bien loin pour voir que dans "libéralisme" il y a "liberté", et que le libre échange va de pair avec les "libres moeurs" et toutes les libertés ne mettant pas en cause le libéralisme.
Pour les anti-libéraux de gauche, le libéralisme économique doit être combattu par le libéralisme sociétal: ce sont les thèses des freudo-marxistes, qui envisagent la chose sous cet angle: plus les désirs sont assouvis, moins l'économique a de place dans l'existence. Ce qu'ils ne voient pas, c'est que les désirs sont inextinguibles, et que l'apologie de la liberté individuelle qu'ils font conduit non pas à l'épanouissement, mais à la plongée toujours plus profonde dans le désir. (ex: Sade, grand libéral libertaire avant l'heure)

Un auteur qui me semble très important à ce sujet, c'est Michel Houellebecq. Dans Extension du domaine de la lutte, il montre ce glissement: pour lui, la concurence au niveau économique qui caractérise le libéralisme s'est étendu à partir de Mai 68 au domaine sexuel. La "libération sexuelle" a en fait constitué l'organisation d'une lutte sans merci dans le domaine de la séduction (dont les dragueurs comme le Soral d'il y a 10 ans sont les produits directs), qui a hiérarchisé la société selon deux critères: la réussite financière et la réussite sexuelle (le sommet étant les rock-star et autre people qui "gagnent" sur les deux plans)

Le problème de Houellebecq est ce qu'il fait de tout ça... Il se réclame du positivisme, pour lui, l'age actuel n'est qu'une étape qui va fatalement conduire l'humanité vers une société semblable à celle décrite dans Le meilleur des mondes de Huxley: un monde où les humains sont reproduits artificiellement et ou les désirs sont chimiquement annihilés. Bref... Mais c'est intéressant et j'en reparlerai, parce que l'utopie joue un rôle très important et très grave aujourd'hui.
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Dim 19 Oct - 02:50 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Ananda K. Coomaraswamy a écrit:

Citation:
Une aversion pour les contraintes n'est pas condamnable en elle-même, elle est naturelle chez tout prisonnier. La conception traditionnelle de la liberté va bien au-delà, en vérité, de ce qu'un anarchiste pourrait exiger; c'est la conception d'une liberté absolue et sans entrave aucune, en vue d'être comme, quand et où l'on veut. Toutes les autres libertés contingentes, si souhaitables et justes soient-elles, sont dérivées et ne doivent être appréciées qu'en relation avec cette fin dernière. Mais cette conception d'une liberté absolue est associée avec la ferme conviction que, de toutes les contraintes possibles, la plus rigoureuse est, de loin, la soumission aux désirs et aux passions de notre homme extérieur, de l'"individu". Quand, maintenant, comme Boèce, "nous avons oublié qui nous sommes" et, nous identifiant avec notre homme extérieur, sommes devenus "amoureux de notre soi", alors nous lui communiquons toute notre aspiration à être libre et nous croyons que notre bonheur tout entier sera contenu dans sa liberté d'en faire à sa fantaisie et de paître à sa guise. C'est ici, dans l'ignorance et le désir, que résident les racines de l'"individualisme" et de ce que nous appelons en Inde, "la loi des requins" et en Amérique "la libre entreprise". Quiconque se propose de rendre les membres d'une société traditionnelle (dont l'actuelle "docilité" lui est source d'irritation) mécontents de ce qui est appelé, à juste titre, leur "sort", doit bien comprendre qu'il ne pourra le faire que s'il est capable de leur imposer sa propre conviction de l'identité de son ego avec lui-même.

L'illusion de la démocratie, de la liberté et de l'égalité - in Suis-je le gardien de mon frère?

On voit que l'aspiration à la liberté au delà de toute limite est non seulement légitime au point de vue traditionnel, mais qu'en fait elle ne fait qu'une avec l'aspiration à la Délivrance. Malheureusement, je ne trouve pas le passage où Ananda K. Coomaraswamy explique aussi que le monde du désir sans fin serait une assez exacte description de l'enfer (et c'est très exactement la description de l'un des enfers du Bouddhisme). Et on peut penser au titre de l'un des livres de Vaneighem, l'un des penseurs situationnistes, et donc fondateur de l'idéologie de Mai 68, Nous qui désirons sans fin. En effet, ce titre pourrait avoir pour auteur l'un des damnés de l'enfer du Bouddhisme. Et l'illusion dans laquelle les gens comme Vaneighem, c'est bien sûr d'avoir une idéologie qui puisse conduire à autre chose qu'à la "loi des requins". Il est d'ailleurs trop évident que le fait de suivre ses désirs de manière incontrôlée, c'est en être l'esclave.

Si l'on admet l'égalité des êtres, et ce n'est légitime qu'à la condition de considérer tous les êtres, y compris les animaux. Et il serait donc logique de libérer tous les fauves qui sont emprisonnés dans les zoos. En effet, cela est légitime. Mais si cela est fait n'importe comment, la conséquence est une chose facile à comprendre. Mais la libération d'un tigre dans une grande ville, d'un tigre qui désire sans fin, serait tout de même moins meurtrière que la liberté actuelle des requins de la "libre entreprise".
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Edgar



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MessagePosté le: Dim 19 Oct - 09:58 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Un petit lien de l'ancien forum de Soral:
http://vraishommes.frbb.net/fosse-de-babel-f17/les-quatre-sens-de-la-vie-t3…

Pour amender un peu ce que vous avancez, Lutfi, je me permets de rappeler que la liberté reste dans une certaine mesure une illusion, et que pour que l'aspiration à la Délivrance se fonde avec l'aspiration à la liberté, il faut donner à ce mot un sens bien précis qui n'est sûrement pas celui des libéraux ni des anarchistes (encore que certains sont peut-être plus proche de la Tradition qu'on ne pourrait le croire...)

C'est très frappant dans le Mahâbhârata, où bien souvent les personnes connaissent l'issue des évènements mais ne cherchent en aucun cas à user de leur liberté pour s'y opposer, quand bien même ces évènements leur seraient fatals. Et la guerre commence parce que les règles de la Dharma ont été transgressées par un roi.

En quelque sorte, on pourrait dire que le plus haut degré de liberté consiste à "réaliser" que nous ne sommes pas libre.

Donc pour tenter de résumer: dans une société traditionnelle: l'aspiration à "une liberté sans limite" peut se confondre avec l'aspiration à la réalisation. Mais dans une société athée, l'aspiration à "une liberté sans limite" n'a pas de sens, puisque tout y est forcément limité, et cette aspiration ne pourra que se heurter tôt ou tard à un mur et entrainer la société et l'individu dans la déchéance.

Dans A Rebours, de Huysmans, le personnage Des Esseintes est un aristocrate athée complètement écoeuré par la vie. Grace à sa richesse, il a pendant ses jeunes années épuisé toutes les possibilités offertes par les sens, il a été le plus loin possible dans le plaisir, et il se retrouve complètement incapable de la moindre satisfaction. La seule chose qui lui offre encore un semblant de raison de vivre, c'est l'art.
A la fin du livre, même l'art ne suffit plus, et il y a des passages très intenses où il ne voit plus d'autre issue que la mort et le néant.
C'est à la fin de cet "épuisement" des possibilités offertes par le monde physique qu'il semble se tourner vers la foi, et c'est plus ou moins ce que fit Huysmans (il convient cependant d'avoir de sérieuses réserves sur le résultat...)

Il y a un très beau compte-rendu de ce livre par Barbey D'Aurevilly:
http://homepage.mac.com/brendanking/huysmans.org/areboursrev/arebour1.htm

Qui s'achève ainsi:

Citation:
Baudelaire, le satanique Baudelaire, qui mourut chrétien, doit être une des admirations de M. Huysmans. On sent sa présence, comme une chaleur, derrière les plus belles pages que M. Huysmans ait écrites. Eh bien, un jour, je défiai l'originalité de Baudelaire de recommencer Les Fleurs du mal et de faire un pas de plus dans le sens épuisé du blasphème. Je serais bien capable de porter à l'auteur d'A rebours le même défi: "Après Les Fleurs du mal, - dis-je à Baudelaire, - il ne vous reste plus, logiquement, que la bouche d'un pistolet ou les pieds de la croix." Baudelaire choisit les pieds de la croix. Mais l'auteur d'A rebours les choisira-t-il?



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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Dim 19 Oct - 11:31 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Cher Edgar,

vous écrivez:

Citation:
Pour amender un peu ce que vous avancez, Lutfi, je me permets de rappeler que la liberté reste dans une certaine mesure une illusion, et que pour que l'aspiration à la Délivrance se fonde avec l'aspiration à la liberté, il faut donner à ce mot un sens bien précis qui n'est sûrement pas celui des libéraux ni des anarchistes (encore que certains sont peut-être plus proche de la Tradition qu'on ne pourrait le croire...)

C'est très frappant dans le Mahâbhârata, où bien souvent les personnes connaissent l'issue des évènements mais ne cherchent en aucun cas à user de leur liberté pour s'y opposer, quand bien même ces évènements leur seraient fatals. Et la guerre commence parce que les règles de la Dharma ont été transgressées par un roi.



Je dirais plutôt que c'est l'idée de la liberté qui peut être une illusion. Je ne peux pas vous répondre entièrement sur ce point, bien sûr, car il faudrait citer le dernier chapitre des Etats multiples de l'être dans son entier: notion métaphysique de la liberté. Oui, les personnes qui connaissent l'issu des événements ne cherchent pas forcément à user de leur liberté pour s'y opposer. Il faudrait voir d'ailleurs en quoi la liberté peut réellement s'accomplir dans la soumission au Principe, qui est le sens du mot Islam, mais qui est aussi le sens que lui donne Shrî Ramana Maharshi. Et d'autre part, si l'on reconnait qu'il y a quatre sens de la vie, l'accomplissement du Dharma est bien une des formes de la liberté.

La liberté du plaisir n'est pas forcément la vraie liberté. Il y a là-dessus un adage bouddhiste qui la compare à la liberté de se gratter lorsque l'on a un bouton qui nous gratte: c'est bien agréable de se gratter un bouton, mais il ne viendrait à l'idée de personne de souhaiter avoir un bouton pour le plaisir de se gratter.

Oui l'exemple de Baudelaire et de Huysmans est beau. On peut se demander si cela n'est pas dû au fait que l'Eglise de l'époque, bien différente en cela de l'Eglise du Moyen Âge, était devenue très puritaine, et refusait la juste place à Kâma: cela rappelle la parole de Nietzsche: "Le Christianisme a donné un poison à Eros, il n'est pas mort, mais il est devenu vicieux." Je ne crois pas que cela soit vrai du Christianisme, mais cela pourrait l'être de certaines déviations de celui-ci, notamment le puritanisme protestant. Entièrement d'accord aussi avec vos restrictions sur la conversion de Huysmans.
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Salomon Bel-Air



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MessagePosté le: Dim 19 Oct - 15:56 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Citation:
Si l'on admet l'égalité des êtres, et ce n'est légitime qu'à la condition de considérer tous les êtres, y compris les animaux. Et il serait donc logique de libérer tous les fauves qui sont emprisonnés dans les zoos. En effet, cela est légitime. Mais si cela est fait n'importe comment, la conséquence est une chose facile à comprendre.


Depuis que mon professeur de philosophie de terminale m'a certifié que tout relation est une relation de pouvoir dont, ce dernier a pour but de réguler les échanges entre les Hommes, voir les êtres vivants, je ne peux admettre l'égalité des êtres vivants , et encore moins si en plus ils sont eux-même inégaux sous de nombreux rapports ou bien plus improprement, la totalité des rapports.

Citation:
C'est très frappant dans le Mahâbhârata, où bien souvent les personnes connaissent l'issue des évènements mais ne cherchent en aucun cas à user de leur liberté pour s'y opposer, quand bien même ces évènements leur seraient fatals. Et la guerre commence parce que les règles de la Dharma ont été transgressées par un roi.


Sur Limbes, lien que j'ai donné dans la section approprié, il y a un excellent texte sur la liberté, j'aimerais savoir ce que vous en penser.

Citation:

En ce qui concerne le libéralisme économique, je ne connais pas très bien la question, mais ne pourrait-on pas dire que sa caractéristique est d'être le seul système social fondé sur le développement incontrôlé de tous les désirs, ou plutôt de tous les désirs susceptibles de conduire à la marchandise?


Pour revenir au libéralisme économique, il faudrait plutôt dire que c'est le seul système qui à la fois abhorre les aptitudes morales des hommes, et soit utopique pour contrôler la vie des hommes ou des hommes transformés en consommateur.
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Lutfi
Invité





MessagePosté le: Dim 19 Oct - 17:30 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Citation:
Citation:
Si l'on admet l'égalité des êtres, et ce n'est légitime qu'à la condition de considérer tous les êtres, y compris les animaux. Et il serait donc logique de libérer tous les fauves qui sont emprisonnés dans les zoos. En effet, cela est légitime. Mais si cela est fait n'importe comment, la conséquence est une chose facile à comprendre.


Depuis que mon professeur de philosophie de terminale m'a certifié que tout relation est une relation de pouvoir dont, ce dernier a pour but de réguler les échanges entre les Hommes, voir les êtres vivants, je ne peux admettre l'égalité des êtres vivants , et encore moins si en plus ils sont eux-même inégaux sous de nombreux rapports ou bien plus improprement, la totalité des rapports.



En fait, au point de vue traditionnel, l'égalité des êtres peut être envisagée dans le sens où "tous les êtres ont la nature du Bouddha". On peut dire aussi qu'ils ont un droit égal à ne pas souffrir, toujours pour employer le langage du Bouddhisme, et cela se rapporte au fait que la devise de la France, "Liberté, Egalité, Fraternité" est une devise traditionnelle qui peut être mise en correspondance avec les trois vertus théologales: la Foi, l'Espérance et la Charité.

Maintenant, la manière dont je l'employais était plutôt ironique, et faisait allusion aux idéologies modernes, à l'égalité entendue au sens moderne. Il est assez évident que la liberté entendue au sens du libéralisme, c'est ce que l'on appelle en Inde la loi des requins, et qui correspond assez exactement à ce que l'on appelle en France la loi de la jungle: la liberté pour les plus forts au sens le plus brutal de dévorer les autres. Sur ce point, on peut même reprendre l'expression de Marx sur le renard libre dans le poulailler libre, et c'est bien la situation actuelle.

Citation:
Citation:

En ce qui concerne le libéralisme économique, je ne connais pas très bien la question, mais ne pourrait-on pas dire que sa caractéristique est d'être le seul système social fondé sur le développement incontrôlé de tous les désirs, ou plutôt de tous les désirs susceptibles de conduire à la marchandise?


Pour revenir au libéralisme économique, il faudrait plutôt dire que c'est le seul système qui à la fois abhorre les aptitudes morales des hommes, et soit utopique pour contrôler la vie des hommes ou des hommes transformés en consommateur.


En même temps, vous remarquerez que c'est un système qui se nourrit en permanence de moralisme: les "débats" médiatiques tournent presque tous autour de questions de morale, comme on l'a vu avec l'antiracisme. En fait, c'est un régime dont il n'est pas difficile de montrer les contradictions. En interdisant certaines drogues (dont beaucoup ont eu un usage légal dans le monde traditionnel, dont d'autres sont des inventions modernes extrêmement dangereuses), on admet implicitement qu'il y a des choses qui ne relèvent pas de la loi du marché, mais de considérations non-économiques. Et pourtant c'est ce même libéralime que l'on invoque pour la diffusion libre de la pornographie. De même, on parle de liberté d'expression, mais on rétablit le délit d'opinion. En fait, c'est un système qui se contredit en permanence.
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Salomon Bel-Air



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MessagePosté le: Dim 19 Oct - 18:45 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Jean-Claude Michéa a dit la même chose que vous, lutfi sur tout les points dans son ouvrage intitulée L'Empire du Moindre Mal. C'est désormais le marché qui décide de faire la morale en fonction de la rentabilité de cette propre morale. C'est pour cette raison que les médias nous invite aux métissages et à l'anti-racisme par l'interventionnisme de pseudo génies/stars à longueur de journée. Rousseau disait déjà à son époque sur ce sujet: défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu'ils dédaignent de remplir autour d'eux.
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Lutfi
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MessagePosté le: Dim 19 Oct - 22:29 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Citation:
Jean-Claude Michéa a dit la même chose que vous, lutfi sur tout les points dans son ouvrage intitulée L'Empire du Moindre Mal. C'est désormais le marché qui décide de faire la morale en fonction de la rentabilité de cette propre morale. C'est pour cette raison que les médias nous invite aux métissages et à l'anti-racisme par l'interventionnisme de pseudo génies/stars à longueur de journée. Rousseau disait déjà à son époque sur ce sujet: défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu'ils dédaignent de remplir autour d'eux.

J'ai envie de répondre "oui et non", cher Salomon Bel-Air.
Je pense que le "oui" s'explique de lui-même. Mais ce que je veux dire, c'est que je ne suis pas persuadé que le marché soit responsable, car le marché est une chose, non une volonté consciente, et qu'il m'est difficile de considérer que ce qui peut avoir un effet réel sur les consciences n'ait pas la nature de la conscience.

Cela me parait d'autant plus évident après avoir vécu plusieurs années au Japon, où les lois du marché sont les mêmes, mais où les conséquences de la modernité sur les consciences sont tout de même à bien des égards fort différentes.

Dire que ce qui a des conséquences sur les consciences a la nature de la conscience signifie bien que la déviation actuelle peut difficilement, à mon avis, s'expliquer comme une conséquence automatique d'un certain type d'économie, mais s'explique par l'utilisation des conditions de notre époque par des gens qui sont conscients de ce qu'ils font.
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Salomon Bel-Air



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MessagePosté le: Lun 20 Oct - 19:37 (2008)    Sujet du message: Le libéralisme économique Répondre en citant

Je me susi mal exprimé, cher lutfi. Le marché est donc un mécanisme ou encore une des institutions servant d'outil et contrôlé laborieusement par "les familles oligarques. Okay
Citation:

Cela me parait d'autant plus évident après avoir vécu plusieurs années au Japon, où les lois du marché sont les mêmes, mais où les conséquences de la modernité sur les consciences sont tout de même à bien des égards fort différentes.


Je pensais pourtant le contraire. Le Japon avec ses mangas, téléphones jetables, femmes déshabillées, jeune américanisé et habillé à l'urbanisme de luxe...

Edit : Qu'est-ce que vous entendez par "égards fort différents ?
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:02 (2017)    Sujet du message: Le libéralisme économique

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